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Ils réclament de nouvelles lois et attestent ne pas agir «sur ordre».. Les juges sortent de leur mutisme

Le Syndicat national des magistrats (SNM) est sorti hier, de son mutisme. Il a en effet, répondu à propos de certaines accusations lancées contre l’appareil judiciaire, et qui lui reproche d’«agir sur ordre».
Le Syndicat national des magistrats (SNM), a affirmé dans un communique publié hier, que les juges n’agissent ni sur ordre, ni sur convocation, et que «la protection de la justice ne peut venir d’aucune partie en dehors de l’autorité judiciaire». Dans cette première déclaration publique du syndicat, présidé par Issaâd Mebrouk depuis le 27 avril dernier, en remplacement de Djamel Aïdouni, le SNM atteste que «plusieurs parties officielles ou non-officielles se sont habituées à dessiner une image stéréotypée de l’action de la justice qui, selon eux, ne bouge que sur instruction». Pour cela, la même source affirme que «les juges refusent qu’on traite avec eux comme un appareil, qui n’entre en action que sur ordre ou sur convocation. Ils sont attachés à leur droit constitutionnel, qui est réclamé par le peuple, d’être un pouvoir indépendant qui assume ses missions, conformément aux principes de légalité et d’équité, d’après une approche d’impartialité et dont le but est d’être juste». Les magistrats disent qu’ils se tiennent à égalité de toutes les catégories sociales, et appellent tout le monde à leur faire confiance «sans tutelle ni pression». Dans ce cadre, le syndicat s’engage à se porter «partie civile» pour protéger les juges. La seule garantie et l’unique protection de la justice et des juges, pour le SNM, ne peuvent venir d’aucune partie en dehors de l’autorité judiciaire. Cela peut être mis en pratique par une série de procédures consacrant une totale indépendance des juges, à commencer par la révision des lois et des structures qui organisent l’action du juge et son parcours professionnel. «On ne peut pas parler de justice indépendante et protégée avec les lois et les structures actuelles», estime la même source. Dans un autre contexte, le Syndicat se dit disposé à «appuyer, à soutenir les juges et à s’opposer à toute tentative de toucher à leur intégrité ou à leur indépendance par des déclarations, des insinuations ou tout autre comportement, en se portant partie civile à chaque fois». Dans ce cadre, le communiqué du SNM souligne que «l’appel pour une Algérie nouvelle implique un appel pour l’indépendance de la justice». «Une justice qui doit être débarrassée de toutes les embûches matérielles et humaines. C’est ce que nous voulons atteindre, en vue de contribuer d’une manière efficace à faire sortir le pays de la crise, et l’amener vers des rivages sûrs, avec le peuple souverain, dans le cadre des institutions constitutionnelles qui expriment sa volonté libre». Il est à rappeler que «les magistrats se sont portés solidaires au mouvement populaire depuis le début de ce dernier». Ils ont organisé plusieurs sit-in en soutien aux manifestations des citoyens qui réclament le départ du système en place. Le nouveau président du SNM, Issaâd Mebrouk a abordé, depuis son élection à la tête du syndicat, la question de l’impartialité du magistrat, qui «doit rester neutre et à égale distance de toute partie en conflit et dans toute affaire, en vue de préserver l’unité des Algériens».
Smail Mimouni

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