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Incapables de s’unir autour d’un projet, ils suivent le Hirak sans boussole.. Les partis consomment leur échec !

Certes, après les premières semaines du mouvement du 22 février, les uns comme les autres se sont empressés à pondre des «initiatives» de sortie de crise et à imaginer les voies à suivre pour accélérer le départ du système.

Dépassés par le Hirak qui délivre chaque vendredi ses exigences et réponses face aux solutions proposées par les tenants du pouvoir, les partis politiques sont réduits depuis quelques jours à leur strict statut d’observateur. Certes, après les premières semaines du mouvement du 22 février, les uns comme les autres se sont empressés à pondre des «initiatives» de sortie de crise et à imaginer les voies à suivre pour accélérer le départ du système. Mais, force est d’admettre que tout cela n’a pas abouti à un quelconque consensus. La seule tentative de coordonner les efforts est celle des partis et personnalités politiques regroupés au sein des «Forces du changement en faveur du choix du peuple». Pourtant, voilà que depuis leur réunion du 25 avril, c’est le silence-radio. Au bout de leur 9e rencontre, ils semblent avoir déclaré forfait, incapables d’influencer sur le cours des événements.
Leur feuille de route pour dépasser la crise n’a pas été adoptée par le peuple. Bien qu’elle tourne autour d’une période de transition sans les figures du régime de Bouteflika, comme réclamé par le mouvement, elle a fini par se heurter à l’entêtement du pouvoir et à l’indépendance et l’horizontalité de la révolte populaire. Les traditionnels partis politiques de l’opposition FFS, RCD, PT, MSP, MDS, PST, Nahda…, ont-ils compris que toute tentative de se substituer au Hirak, risque de mener à son essoufflement ? En tout cas, par retrait tactique ou effacement naturel à cause de la grandeur du mouvement, les états-majors des formations politiques sont résolus à se mettre derrière le Hirak. Ironie du sort, l’exercice de la politique voudrait que les structures politiques qui ont une longue expérience militante et un bagage suffisant pour la gestion des crises, voire l’encadrement des foules, soient aujourd’hui la locomotive. Pour cette fois-ci, les choses se sont inversées. Les algériennes et les algériens ont rejeté les partis du pouvoir d’abord, mais aussi ceux de l’opposition qui n’ont pas pu constituer, pendant des années, un rapport de force ou l’alternative, face au régime. Ainsi, à part les vendredis où ils se fondent dans la foule et tiennent à se prendre en photos pour les poster le soir sur leurs pages facebook, les chefs de partis politiques de l’opposition se contentent de quelques apparitions sur les plateaux télévisés, de communiqués ou de conférences.
L’idéal que cette classe politique n’arrive pas à atteinte c’est de conjuguer les efforts et aller, malgré les différences, vers une conférence nationale où seront posées toutes les questions. C’est de constituer un rapport de force avec les organisations et syndicats de travailleurs pour pousser le pouvoir à bout. C’est de maintenir les actions de rue à travers leurs bases militantes. Sans ces objectifs, elle se trouve sans boussole. Accompagner le mouvement populaire c’est bien, mais vers quel horizon ? Sans vouloir diminuer de la maturité du peuple algérien qui mène une révolution pacifique inédite et extraordinaire dans les anales de l’histoire des luttes pour la démocratie et les libertés au monde, ce n’est sûrement pas à «l’épicier du coin» que revient la mission de mener à bon port le Hirak. La classe politique doit montrer la voie, mais indépendamment des idéologies. L’Algérie au-dessus de tout et tous, aurait dû regrouper les partis politiques. Dans leurs solutions proposées, les partis parlent presque tous de conférence nationale. Seulement, l’on est devant une incapacité frappante d’entente. A défaut, ce sont quelques acteurs et personnalités qui sont portés et suivis par le peuple. Les Bouchachi, Tabbou, Bouhired, Lalmas…, pour ne citer que ces noms, peuvent-ils, eux, se substituer aux structures politiques, conjuguer leur efforts, unir la société civile et l’ensemble des algériennes et des algériens autour d’un seul projet ? La question reste posée.
Aïssa Moussi

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