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Indignation, dénonciation et démission

Exclusion de Salima Ghezali du FFS

L’exclusion de la députée d’Alger et ancienne conseillère du fondateur du parti, Hocine Aït Ahmed, Salima Ghezali, a provoqué un tollé de désapprobation et de dénonciations, y compris de certains cadres du parti.

«Ils ont osé. Ils l’ont fait. On vient d’exclure Mme Ghezali Salima. On avait exclu M. Halet, comme on avait radié une dizaine de maires… des cadres et des cadres… Je m’inscris en faux face à ces agissements. Je déplore. Je désapprouve. Je condamne. Je dis halte, halte et halte ! Sinon, à qui le tour? Avec l’exclusion de M. Halet, puis de Mme Ghezali, l’intelligence, la matière grise, la quintessence même de notre cher Front s’effilochent», s’est indigné le sénateur Hocine Haroun. Il a accusé la «nouvelle-ancienne» direction du FFS d’avoir opté pour l’exclusion. L’ancien chargé de communication, Hassen Ferli, s’est emporté devant la décision de la commission de médiation du parti. «Ils peuvent tout prendre, les meubles, les immeubles, l’argent, les postes, les mandats, et même le sigle, sauf l’héritage politique et éthique de Aït Ahmed, il appartient à ceux qui le défendent», a-t-il lancé, furieux. L’ancien député, Hamou Didouche, a tout simplement annoncé sa démission du parti après cette exclusion, manière à lui de désapprouver «la purge qui s’est clairement et largement exprimée». L’exclusion de Salima Ghezali a fait réagir également un ancien cadre du parti, Samir Bouakouir, qui a appelé à un congrès de refondation et à l’annulation de la peine. «La radiation de Salima Ghezali du FFS pour n’avoir pas demandé l’autorisation de publier une opinion politique est à la fois choquante et absurde. Si le règlement intérieur et les statuts sont opposables à tout un chacun, les invoquer pour bâillonner la libre expression est absolument condamnable», a-t-il dénoncé hier. Il estime que «cette fâcheuse décision n’est en tout cas pas digne d’un parti comme le FFS, précurseur du combat pour la démocratie et les libertés». Il regrette «le spectacle désolant offert par les responsables du FFS depuis quelques années, depuis au moins le décès de son fondateur, Hocine Ait Ahmed, et leur incapacité à imaginer des mécanismes politiques favorisant la confrontation démocratique». Ce spectacle a fini, a-t-il affirmé, par donner l’image d’un parti rabougri, replié sur lui-même, s’appauvrissant intellectuellement et politiquement. Samir Bouakouir affirme qu’il partage largement les grandes lignes de la lettre de Salima Ghezali à Gaïd Salah, vice-ministre de la défense nationale, et demande l’ouverture d’un débat politique libre au sein et à l’extérieur des instances du parti. Il trouve qu’interpeller aujourd’hui l’Armée sur les risques d’enlisement fatal pour le pays est une démarche pertinente et responsable. M. Bouakouir n’a pas hésité à appeler les dirigeants actuels du FFS, à la veille de la tenue du Conseil national, à la sagesse et à la raison en annulant cette «injustifiable décision». «Les purges staliniennes dont j’ai été victime tout comme nombre de cadres et de militants ainsi que les règlements de comptes doivent cesser pour laisser place à une Rencontre nationale où seront conviés anciens et nouveaux cadres, non pas dans une sorte de messe faussement fraternelle, donnant lieu à des congratulations hypocrites, mais pour engager une sérieuse réflexion politique et stratégique sur l’avenir du pays, comme prélude à l’organisation d’un congrès de refondation», a-t-il soutenu.

Karim Aimeur

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