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Industrie pétrochimique.. Les opérateurs veulent de la matière première locale

«De nos jours, déplore-il, cette matière première est importée avec des dollars depuis l’Arabie saoudite». «Après l’expérience algérienne qui a d’ailleurs montré son efficacité, les Saoudiens sont venus déployer le tapis rouge pour nos ingénieurs, afin de les attirer dans leur pays».

Les opérateurs économiques spécialisés dans la production des produits en plastique, attendent avec impatience l’émergence d’une industrie nationale pétrochimique, qui les fournira en matière première, laquelle est entièrement importée pour le moment, et de surcroît, elle est de moindre qualité, et payée à des prix forts. Rencontré hier à Oran, lors de la 9e édition du salon international dédié à l’industrie pétrolière et gazière en Afrique du nord (NAPEC 2019), Kamel Zouaid, cadre commercial à Sétif Pipe, une société spécialisée dans la production des tubes en PEHD et en PVC, a souhaité s’approvisionner en matière première, soit le polymère, à partir d’une production nationale qui, pourtant, existait pendant un certain temps.
«Les Algériens ont, dans les années 70, été les pionniers en termes de production du polymère, et ce, à l’échelle africaine et arabe». «De nos jours, déplore-il, cette matière première est importée avec des dollars depuis l’Arabie saoudite». «Après l’expérience algérienne qui a d’ailleurs montré son efficacité, les Saoudiens sont venus déployer le tapis rouge pour nos ingénieurs, afin de les attirer dans leur pays.
Ce moment coïncide avec l’abandon dans notre pays de l’unité de Skikda». Même son de cloche chez un ingénieur en pétrochimie, qui a indiqué que la raison pour laquelle l’industrie de transformation a connu un recul considérable ces dernières années, est due au fait de l’existence de lobbys d’importateurs. «Autrement, comment expliquerez-vous qu’on soit les premiers et qu’on redevienne les derniers. Même le projet de Skikda, qui a été lancé, soit ensuite ralenti, pour qu’au parallèle, l’importation du polymère prolifère, et encore, si au moins il était de bonne qualité».
A propos du complexe d’Arzew, censé voir le jour et être opérationnel à la deuxième moitié de 2023, certaines sources doutent d’ores et déjà du bien fondé de ce projet. L’industrie du plastique et du caoutchouc est très active, étant donné que la construction automobile, le BTPH, l’agro-alimentaire et le textile en sont très demandeurs. Avec le gaz et le pétrole dont elle dispose, l’Algérie ambitionne de passer d’un net importateur de produits raffinés en un pays exportateur.
Car, outre le plastique et le caoutchouc, ainsi que les tissus et les fibres synthétiques, il est possible d’exporter des carburants. Il est ainsi officiellement question qu’avec l’avènement de 2022, l’Algérie parviendra à l’autosuffisance en matière d’essence, par la production de 15 millions de tonnes, qui correspondent à la quantité annuellement consommée par le pays. L’Algérie importe actuellement pour 2 milliards de dollars pour couvrir le déficit en ce domaine.
Hafid M.

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