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initiative d’intellectuels et anciens acteurs politiques.. Manifeste pour une nouvelle République

Les initiateurs regrettent que « plus d’un demi-siècle après le recouvrement de l’indépendance, la construction de ‘’l’Etat démocratique et social’’ dans ‘’le respect des libertés fondamentales’’ énoncée par la plate-forme de la Soummam et la Déclaration du 1er novembre 1954 n’a pas abouti ».

Des intellectuels, des militants politiques, d’anciens responsables de partis, des universitaires et chercheurs, outre des hommes de lettre, des écrivains et des journalistes, ont lancé un « Manifeste pour l’Algérie nouvelle ». Une déclaration dans laquelle ils adoptent un certain nombre de principes pour la réédification du pays. Par leur initiative qui intervient au moment où le mouvement populaire pour le changement radical du système entre dans sa neuvième semaine consécutive, les signataires estiment que « l’Algérie vit une période exceptionnelle de sa jeune histoire ». « Ces manifestations rappellent la joie, la communion et l’espoir des premières journées de l’indépendance. Après l’accession de l’Algérie à la souveraineté internationale, synonyme d’indépendance, le peuple algérien revendique massivement la liberté pour l’exercice de sa volonté. Indépendance et liberté sont intimement liées dans notre imaginaire social et notre mémoire collective », peut-on lire dans le manifeste.
Les initiateurs regrettent que « plus d’un demi-siècle après le recouvrement de l’indépendance, la construction de ‘’l’Etat démocratique et social’’ dans ‘’le respect des libertés fondamentales’’ énoncée par la plate-forme de la Soummam et la Déclaration du 1er novembre 1954 n’a pas abouti ». Et pour cause, plusieurs éléments combinés « ont concouru au détournement de la volonté populaire par la confiscation des instruments politiques et juridiques de l’autodétermination du peuple algérien ». Du régime de parti unique au multipartisme, « le pouvoir en place s’est toujours accaparé des moyens de l’Etat. L’administration, le trésor public, la justice et l’appareil sécuritaire sont aux ordres », assènent les rédacteurs de la déclaration, dont Tarik Mira, ancien député RCD, Ali Brahimi et Hamid Ouazar, Belaid Abane, écrivain et professeur de médecine, Ahmed Badaoui, ancien syndicaliste, l’écrivain Amine Zaoui et l’universitaire Zoubir Arous.
Mais, sous la pression populaire, cet état de fait est en train de s’effondrer. « Un processus démocratique fondé sur un socle constitutionnel incontestable et incontesté, doit mettre fin à l’usurpation de la souveraineté populaire », estime le manifeste, suggérant que « les patriotes, femmes et hommes épris de justice et de liberté, doivent préparer la naissance et le développement de la nouvelle république en combinant valeurs, principes et fondements de la démocratie avec notre référentiel mémoriel, dont la lutte de libération nationale reste un exemple et l’élément constitutif de l’édification de l’Etat national souverain ». Par ce manifeste, les signataires proclament « la nécessité de refonder l’Etat pour l’avènement d’une nouvelle République ».
Une république qui ne se réalisera, a-t-on indiqué, que par « l’édification d’un Etat civil garantissant les libertés de culte, de conscience, d’opinion, et la neutralité de l’armée et de l’administration », « la construction de l’Etat démocratique et social » et « l’abandon de l’Etat centralisé, héritage du colonialisme, par la refondation d’un Etat unitaire régionalisé, à l’image des six ensembles stratégiques de la lutte de libération nationale, pour garantir l’expression des diversités et l’intégration démocratique de la Nation ».
Plaidant pour l’inscription de l’Algérie dans l’espace naturel nord-africain, la mise en place de l’Etat de droit et la séparation des pouvoirs, les signataires du manifeste déclarent « agir en faveur d’un mouvement d’opinion pour la concrétisation, par des moyens pacifiques, des objectifs sus énoncés ». «Notre Manifeste pour l’Algérie nouvelle entend inscrire ces aspirations et objectifs au cœur de la fondation et des pratiques de la nouvelle République», affirment ses rédacteurs, qui disent s’inscrire dans l’intérêt général et la paix civile, et militer « pour que ces principes, fondements et valeurs soient l’assise des institutions de la transition et de la Constituante ».
Aïssa Moussi

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