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Insistant sur l’application des articles 7 et 8 de la Constitution.. Les oulémas appellent à une période de transition

Les oulémas algériens interviennent ans le débat politique, et proposent une feuille de route de sortie de crise, à travers une période de transition menée par une personnalité nationale jouissant de la confiance du peuple. Les théologiens qui, généralement, ne sortent pas de ce qu’ils appellent «le droit chemin» qui leur dicte de se soumettre, quelques soient les circonstances au chef, brisent la règle. Ils estiment que «la situation dans le pays est dangereuse et complexe, et qu’il faut rapidement intervenir de manière pacifique et consensuelle». Pour cela, les savants au nombre de 16, conduits pas le doyen des Oulémas, Mohand Tahar Aït Aldjet, ont appelé dans une tribune publiée jeudi, «à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution, qui consacrent la souveraineté du peuple». Pour justifier leur demande, ils estiment que les «référendums prononcés chaque vendredi supplantent toute autre consultation».
Comme deuxième étape pour une sortie de crise, les Oulémas, dont Abderrezak Guessoum, président de l’association des Oulémas, Saïd Chibane, penseur et ancien ministre, Belhadj Cherifi, membre du conseil, Aâmi Said des Ibadites, Mohamed Salah Sedik, penseur islamique, et Abdelkader Athmani, président de la zaouia scientifique Athmania de Tolga, proposent qu’«une période de transition soit confiée à quelqu’un qui a l’approbation de la majorité du peuple à diriger le pays, et aller vers des élections libres, honnêtes et crédibles». Cependant, celui-ci n’est pas gratifié d’un chèque à blanc. Il doit, selon les oulémas, prendre certaines mesures qu’ils qualifient d’«urgentes». Il s’agit, est-il détaillé dans le document d’appel au peuple algérien, de «la désignation d’un gouvernement de compétences, parmi ceux qui n’ont jamais été condamnés à une quelconque période de notre histoire», et de «la mise en place d’une instance indépendante pour organiser et superviser les élections, du début jusqu’à la fin». À ces deux étapes s’ajoute «l’organisation d’une conférence inclusive nationale de dialogue». Cette dernière doit être «sans exclusion», et aura pour mission de «poser les jalons de l’avenir et tracer la feuille de route, devant définir la nouvelle politique qui immunisera le pays et le citoyen contre la putréfaction politique, économique, culturelle et sociale, et sauver le pays de toute autre dépendance ou allégeance qu’au peuple», exigent les oulémas.
Conférence inclusive de dialogue
Ce processus sera couronné, suggèrent-ils, par «l’ouverture de la compétition entre tous les honnêtes et intègres qui aspirent diriger le pays vers des lendemains meilleurs» ; en d’autres termes, l’organisation d’élections présidentielles. En proposant ce plan de sortie de crise, les oulémas ne se placent pas au-dessus de tous. Ils se défendent, bien au contraire, de tout monopole, et déclarent leur proposition «ouverte à l’adhésion de tous ceux qui partagent la conviction». Les signataires, qui appellent le peuple à «préserver l’unité nationale, le caractère pacifique des marches et à rester attachés aux constantes», saluent le rôle de l’armée pour «sa résistance à protéger le pays et son accompagnement du Hirak». Quant à l’élite politique, elle est appelée à «être à la hauteur des revendications populaires, consommer la rupture avec les pratiques du passé, et se sacrifier pour ouvrir la page d’un avenir meilleur», écrivent-ils. Aux jeunes «conscients» qui ont prouvé au monde entier «le civisme du Hirak», les oulémas demandent qu’ils «le protègent (le Hirak) des intrus et des infiltrés qui veulent le dévier de la sa trajectoire». La sortie des chouyoukhs intervient au lendemain d’un autre discours du chef de l’Etat-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, qui a appelé à un dialogue devant aboutir à l’organisation d’élections présidentielles le plus tôt possible. Pourtant, le général de corps d’armée a exclut toute période de transition, «aux conséquences inconnues». En tout cas, c’est une autre proposition qui vient s’ajouter à d’autres initiatives déjà posées sur la scène politique, sans qu’aucune ne soit entendue.
Aïssa Moussi

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