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Instruction de Bouteflika, tripartite du FLN, marches à Alger, lutte de clans…: Ouyahia dit tout !

Le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, aborde sans tabou toutes les questions d’actualité nationale.

De l’instruction présidentielle relative à l’ouverture du capital des entreprises publiques à la tripartite du FLN, des attaques de Chakib Khelil à son absence à la rencontre sur la transition énergétique du FCE en passant par ses ambitions politiques et les luttes de clans, aucune question n’a échappé à la conférence de presse qu’il a animée, hier, au siège de son parti à Alger.

L’instruction de Bouteflika

Comme il fallait s’y attendre, le patron du RND, également Premier ministre, a longuement évoqué l’instruction du chef de l’Etat sur l’ouverture du capital des entreprises publiques à l’investissement privé. Selon lui, cette instruction ne remet en cause ni la démarche de l’ouverture du capital de ces entreprises ni la confiance placée en lui par le Président Bouteflika. Rappelant que le processus des privatisations a été lancé en 1995, il a souligné que la Charte de partenariat public-privé (PPP) est un document de référence qui fait suite à la tripartite de 2016 à l’époque de Abdelmalek Sellal qui était Premier ministre et de la loi de finances 2016. Dans le sillage de cette charte, une folle polémique a été suscitée. «Certains avaient peur pour les entreprises stratégiques. D’autres ont craint le bradage des entreprises publiques. Certains acteurs politiques ont créé un conflit sans contenu politique», a-t-il lancé. Dans ce contexte, le conférencier a affirmé que l’instruction du Président a permis «le retour de la sérénité». Toutefois, il a expliqué que cette instruction ne met pas un terme à la charte de PPP. «J’estime que le PPP se poursuivra. C’est dans l’intérêt de l’économie nationale. Il y a des entreprises publiques fermées. Doit-on les abandonner ?», a-t-il souligné, interrogatif, rappelant que les entreprises stratégiques ne sont pas concernées par l’ouverture du capital.

«Tripartite» du FLN

Interrogé sur son avis à propos de la «tripartite parallèle» organisée par le FLN après celle organisée par le gouvernement, le patron du RND a indiqué que «la compétition et les batailles» entre les deux partis sont terminées avec les élections locales du 23 novembre 2017. «Ce qui nous intéresse au RND, c’est l’intérêt du pays et on respecte les avis des autres», a-t-il souligné, affirmant que les cadres de sa formation sont instruits de ne plus contre-attaquer le FLN. «Le FLN est un allié stratégique», a-t-il rappelé. «On tire sur moi, je crois que c’est le sort naturel d’un Premier ministre en Algérie. Mais peut-être pour avoir fait des allers-retours, j’ai pu développer des écailles comme un crocodile. En tout cas je suis venu pour partir un jour», a-t-il encore expliqué. Dans le contexte actuel, M. Ouyahia affirme que les rumeurs et les attaques contre sa personne sont «une perte de temps». «Ce n’est pas le Premier ministre qui perd mais c’est tout le monde qui sera perdant», a-t-il averti.

Pas de lutte de clans

Enfilant la casquette de Premier ministre, Ahmed Ouyahia a nié toute existence de lutte de clans au sein du système politique. «Le pouvoir est organisé. Le Président Bouteflika a, depuis son arrivée en 1999, fermé à chaque fois les portes qui pourraient être utilisées dans le sillage de ces luttes au sein du pouvoir. Dans l’appareil de l’Exécutif, il n’y a pas de luttes de clans», a-t-il soutenu, admettant que des différends peuvent advenir entre les partis de la majorité présidentielle. «Certains ont dit que le Président m’a rappelé à l’ordre. Dans un système semi-présidentiel, il n’a pas besoin de le faire. Il peut me démettre comme il m’a nommé», a-t-il expliqué, réfutant les affirmations selon lesquelles il aurait perdu la confiance du chef de l’Etat. Pour preuve, il a rappelé qu’il était chef de cabinet de la Présidence avant sa nomination à la tête du gouvernement. Dans ce sillage, M. Ouyahia a écarté toute éventualité de sa candidature à l’élection présidentielle face à Bouteflika. «Si le Président opte pour un 5e mandat, il est définitivement établi que je serai à ses côtés», a affirmé le conférencier. Concernant son absence à la rencontre sur la transition énergétique organisée par le FCE, M. Ouyahia l’a justifiée par ses engagements officiels et la grippe. «Avec Abdelmadjid Sidi Saïd, on travaille ensemble depuis 21 ans. Quant à Ali Haddad, c’est un ami et le principal partenaire économique du gouvernement», a-t-il noté, enlevant ainsi toute raison politique à son absence à la rencontre. Pour la rencontre entre le ministre de l’Intérieur et les P/APC, le conférencier a indiqué que sa présence n’était pas obligatoire comme c’est le cas des différentes rencontres institutionnelles.

Chakib Khelil

Interrogé sur les attaques de l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil, le patron du RND n’a pas voulu trop s’étaler dans sa riposte. «Dans mon pays, il y a 40 millions de personnes. Chacun a son avis. Mon travail ne consiste pas à répondre à chaque citoyen. Le citoyen Chakib Khelil a parlé. Il est responsable de ses paroles. Et il ne m’intéresse pas», a-t-il dit, avant de le traiter «d’ingrat» en rappelant que «personne en Algérie ne l’a défendu comme moi je l’ai fait». Sur un autre plan, le Premier ministre a affirmé que les marches à Alger seront toujours interdites, tant qu’on ne sait pas marcher dans le calme.

Karim Aimeur

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