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Journée internationale de la femme.. Un 8 mars pas comme les autres

Cette année, l’ambiance est autre, le contexte est autre, et la femme algérienne n’est prête à rater ce rendez-vous historique pour rien au monde. Chaque année, la femme algérienne célèbre, à l’instar des autres femmes du monde, la Journée internationale de la femme instituée en 1910, qui coïncide avec le 8 mars de chaque année. Sauf que pour ce vendredi, l’Algérienne s’est promis de faire entendre sa voix et son choix. Elle ne tient pas à être marginalisée et jouera son rôle comme il se doit dans la «déferlante populaire» que connaît notre pays depuis le 22 février dernier. Les Algériennes ont depuis le début pris part à ce mouvement populaire, contestant la candidature du président sortant Abdelaziz Bouteflika pour briguer un 5e mandat. Prenant conscience du rôle motivant qu’elles peuvent jouer dans ce moment historique, elles se sont donné rendez-vous sur les grandes places d’Alger pour marcher pacifiquement et scander leur désir de changement et d’un avenir meilleur pour le pays, pour elles et pour la jeunesse algérienne. «Evidemment que je prendrai part à la manifestation de ce 8 mars.
Des appels à la marche pour les femmes habillées du blanc du hayek ont été lancés sur les réseaux sociaux depuis une semaine. Et je compte y prendre part», nous fait savoir Feriel, jeune enseignante au primaire. «Nous suivrons l’exemple de l’icône de la Révolution algérienne, Djamila Bouhired. Elle a, une fois encore, donné l’exemple du courage et de l’amour du pays», a assuré notre interlocutrice. «Le blanc du hayek est très symbolique. C’est pour la paix, l’amour et un avenir meilleur que je vais participer avec honneur à cette marche», a indiqué Amina, une commerciale. «Nous allons être très actives et seront partie prenante de la manifestation», a assuré pour sa part une célèbre journaliste de l’ENTV. «Je ne me permettrai pas d’être à côté de l’Histoire», a-t-elle fait savoir. Les Algériennes ont donc fait le choix de retrouver le chemin de la démocratie. Cette année, l’ambiance est autre, le contexte est autre, et la femme algérienne n’est prête à rater ce rendez-vous historique pour rien au monde.
Enseignantes, étudiantes, femmes au foyer, instruites ou pas, les Algériennes disposent d’une maturité politique qui les a conduites à sortir dans la rue. Il est vrai également que la nature a horreur du vide, et plus la voix de la femme est étouffée, plus on la chasse de l’espace public, et plus nous tous, femmes et hommes, nous perdons chaque fois de notre liberté. C’est la raison pour laquelle leur voix scandera ce 8 mars la liberté et le changement, comme l’ont fait les moudjahidate lors de la guerre de libération. Le rôle de meneuses de cet historique déferlante populaire, endossé par les femmes algériennes sera tel que leurs proches parmi les hommes ne pourront que s’y joindre. «Le 8 mars 2019 sera une surprise de taille pour tout le monde. Nous serons un exemple à suivre pour les générations futures, comme l’ont été pour nous Hassiba Ben Bouali et Djamila Bouhired», a souligné Sara, femme au foyer.

Fleurs et sourire
Il est nécessaire de ce fait de signaler la présence massive de la femme dans la rue depuis ce 22 février. Drapées de l’emblème national, sourire aux lèvres et une grande détermination, elles ont marché côte à côte avec leurs concitoyens, sans aucun complexe ni sentiment d’infériorité. Certaines ont même offert des fleurs aux agents de l’ordre public pour apaiser les tensions et éviter les débordements. D’autres ont choisi d’offrir des bonbons ou/et des bouteilles d’eau aux manifestants et aux éléments des dispositifs sécuritaires déployés lors de chaque marche que connaît l’Algérie depuis deux semaines. Des femmes secouristes étaient également présentes sur les grandes artères de la capitale pour donner des soins aux blessés. Alors que des étudiantes sorties ce lundi 5 mars pour marcher contre un 5e mandat de Bouteflika n’ont pas hésité à ramasser les déchets occasionnés après le passage des étudiants au niveau de la place Maurice Audin.
Fella Hamici

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