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Journée mondiale de la poésie: Le verbe et la verve à l’algérienne

Commémorée le 21 mars de chaque année, la Journée mondiale de la poésie célèbre l’une des formes d’expression et d’identité linguistique et culturelle les plus anciennes et les plus précieuses de l’humanité…

«La poésie, l’une des plus anciennes pratiques littéraires à travers l’histoire et dans toutes les cultures, parle à notre humanité commune et à nos valeurs partagées, en transformant le plus simple des poèmes en un puissant catalyseur pour le dialogue et la paix…» est-il noté dans la déclaration de l’Assemblée générale de l’Unesco, qui, lors de sa 30e session qui s’est déroulée à Paris en 1999, a adopté pour la première fois le 21 mars comme Journée mondiale de la poésie dans le but de soutenir la diversité linguistique à travers l’expression poétique et d’augmenter les chances des langues d’être entendues. Le but aussi de cette Journée mondiale de la poésie est d’honorer les poètes, de faire revivre la tradition orale des récitals de poésie, de promouvoir la lecture, l’écriture et l’enseignement de poésie, de favoriser aussi la convergence entre la poésie et les autres arts comme le théâtre, la danse, la musique et la peinture, et d’accroître la visibilité de la poésie dans les médias et dans un présent de plus en plus dépassé par la modernité et les nouvelles technologies. A cette occasion, le ministre de la culture, Azzeddine Mihoubi, a tenu le 19 mars dernier, un colloque de trois jours sur la poésie algérienne qui s’est soldé par la décision d’instituer cette manifestation en date du 19 mars, coïncidant avec la célébration de la fête de la Victoire, en dédiant chaque édition à un poète algérien. Au Palais des Rais ( Bastion 23) à Alger, une grande exposition a été organisée en l’honneur des poètes algériens qui ont déclamé à cette occasion leurs plus beaux poèmes devant le public algérois, venu nombreux assister à cette valse des mots, malgré les fortes pluies et le mauvais temps qui ont gagné la capitale jeudi dernier.

La vérité du poète

A la librairie Chaib Dzair à Alger, où une rencontre a été organisée à cette occasion, il a été question entre autres du rôle joué par la poésie lors de la guerre de Libération nationale. «La poésie algérienne a été longtemps une parole de l’opprimé et s’est manifestée avant tout comme le ferment d’une identité. Certains poètes algériens, à l’instar de Hacene Begriche ont trouvé en la poésie historique un moyen de relater des faits de l’histoire nationale. Ça a été un moyen de résistance comme un autre», dira Sid Ali Sekhri, modérateur des rencontres littéraires de l’Anep. Par ailleurs, en remontant aux sources de la poésie dans la Grèce antique, égyptienne et indienne, le conférencier dira que lorsqu’on parlait de poètes à cette époque, «on disait que c’était des chanteurs. Le poète, c’est quelqu’un qui parle une langue que peu de gens connaissent, mais que nombre d’entre eux apprécient… c’est aussi quelqu’un qui nous dit la vérité sans la dire. A l’instar du scientifique qui essaye d’étayer sa thèse, un poète a le réel, c’est quelqu’un de subversif dans le sens où il est capable de donner la vérité dans une version cachée. Il nous dit des choses que nous autres essayons de nous accaparer et de comprendre par la raison et par la vie de tous les jours….». Alexandre Pouchkine, grand poète, dramaturge et romancier russe disait que «la vie est comme un marteau qui brise le verre et endurcit le fer». Et la grandeur de cette phrase qui en dit long, et que le poète, à l’instar du romancier, n’a pas besoin de beaucoup de mots pour dire les choses…, poursuit Sekhri. Par ailleurs, Sid Ali Sekhri dira que la poésie, cet art oratoire, a beaucoup évolué et qu’aujourd’hui, ce n’est plus la poésie de l’époque, vu que la rime légendaire de cette dernière est devenue banale. «La poésie a évolué au cours des siècles. On est passé d’une poésie en rimes, avec des vers réguliers, à une poésie plus moderne, sans rime ni vers. L’image du poète a aussi changé. Il était une sorte de personnage maudit, habité par une fureur de créer. Il est devenu un artiste, dont les créations sont reconnues par la société…».

Sara Boualem

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