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Journée technique sur les rejets industriels dans la capitale: Les pouvoirs publics passent à l’action

Tout semble indiquer que les autorités veulent définitivement en finir avec le dossier des rejets industriels. Du moins dans la capitale. A travers la journée technique organisée à ce sujet hier à l’école supérieure de l’hôtellerie de Ain Benian par Seaal en collaboration avec la direction des ressources en eau de la wilaya d’Alger et à la quelle ont pris part plusieurs intervenants dans le domaine (Agire, Unido, Onid, ainsi que des opérateurs économiques), l’on sent toute la mobilisation.
Le gouvernement algérien qui a ratifié toutes les conventions internationales en matière de protection de l’environnement est donc passé à la vitesse supérieure pour agir directement avec les pollueurs. Vitrine du pays, la capitale recèle des unités industrielles implantées à l’Est et au sud de son territoire dont les rejets pollués n’ont pas manqué d’avoir un impact négatif sur l’environnement immédiat.
Le directeur de l’industrie et des mines, M.Hammou l’a bien expliqué dans son intervention. «On compte pas moins de 173 unités polluantes dont 106 possèdent une station de traitement fonctionnelles. Cependant, ceci ne peut nous empêcher d’être vigilant car on ne sait pas si ces stations sont mises en fonction toute la journée. Aussi, un comité de vigilance est sur pied pour vérifier la conformité des choses. Parallèlement, une vingtaine d’unités ont signé des conventions soit avec Seaal soit avec des opérateurs de récupérateurs(installateurs) alors que le reste est en cours de réalisation. On en compte 35. Toutefois le problème que nous rencontrons se situe au niveau de certaines unités qui temporisent, ce que nous interprétons comme une mauvaise volonté de suivre le convoi. On ne peut tolérer quelqu’un qui reste inactif durant des années alors qu’il continue de polluer en déversant ses rejets polluants dans notre réseau», dira dans ce sens le responsable.
Quant aux sanctions et contrairement à ce qui se dit, il ne s’agit point de fermer une unité industrielle polluante mais d’obturer sa conduite de rejet qui va à la canalisation de Seaal, l’obligeant de ce fait à se doter d’une station de traitement. Deux solutions s’offrent alors au pollueur, soit aller vers la seaal, soit vers un opérateur de récupérateurs. Et pour étayer cette volonté, le directeur de l’industrie et des mines a indiqué que la wilaya procèdera dans une semaine à l’obturation de 35 unités si celles-ci ne présentent pas sur le champ une alternative.
«Ce sera des décisions fermes mais conformes à la loi», a souligné le responsable. Il y a lieu de préciser que toutes les unités concernées sont implantées à l’Est de la capitale. L’on comprendra que l’engouement des autorités pour cette région trouve sa raison dans le fait de préserver L’oued El Harrach et l’oued Reghaia, deux cours d’eau qui jouissent d’une attention particulière de la wilaya pour le rôle qu’ils jouent dans la biodiversité locale mais aussi sur le plan touristique.
Le directeur est revenu aussi sur la question du choix de l’implantation des zones industrielles dédiées à la capitale. Il s’agit des secteurs de la mécanique et de la sidérurgie pour la région Est, l’alimentaire au sud (Birtouta), et enfin l’ouest pour tout ce qui a trait à l’industrie pharmaceutique. En tout il est prévu une cinquantaine d’unités industrielles qui vont naître dans trois ou quatre ans.
«L’Etat a pris ses devants à cet effet en créant des stations d’épuration avant les usines, ce qui veut dire que dans le futur aucune unité industrielle ne sera autorisée à activer si elle ne possède pas sa propre station.» Pour ce qui est du zéro rejet, conclut le directeur, et si tout va comme on l’espère, la question sera réglée à compter de la fin de l’année en cours. Mais soyons quand même prudent car la réalisation d’une station ne veut pas dire qu’elle est fonctionnelle.
On notera qu’à la fin de cette journée technique, une convention entre Agire et Seaal devait être signée. Elle se veut un document officiel d’engagement des unités polluantes à cesser dès demain de déverser leurs rejets industriels dans le réseau d’assainissement.

Ali Fares

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