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Kaouther Adimi présente «Nos richesses»: L’Algérie et ses grands moments d’histoire

C’est à la librairie ‘L’arbre à dire’ dont la dénomination est coquette et non moins suggestive, que la jeune écrivaine kaouther Adimi a présenté ce samedi à Alger, son tout dernier roman «Nos Richesses» devant une nombreuse assistance.

Paru aux éditions ‘Barzakh’, «Nos richesses» de Kaouther Adimi relate l’histoire de Ryadh, un jeune étudiant beur qui vient en stage à Alger pour gérer une ancienne librairie à la rue Charras laquelle sera détournée au profit d’un magasin de beignets. Ce lieu magique a appartenu à l’éditeur et libraire Edmond Charlot proche de Jean Sénac et de Jean Mouhoub Amrouche et qui révéla Albert Camus. Pour le libraire, cette aventure collective avec ses amis est une passion et une sorte de sacerdoce. Tout au long de cette narration, l’auteure Kaouther Adimi met en évidence cet Alger monotone et morne et évoque des pans d’histoire ayant jalonné la vie du pays. Lors de cette conviviale rencontre, Selma Hellal directrice des éditions Barzakh a axé sur le fait que ce roman est compartimenté en trois partie dont «Le journal d’Edmond Charlot», «Alger des années 2017» avec Ryadh et «La voix», traduite par le «Nous qui est la voix du peuple algérien qui scande le livre», dit elle..

Enquête et recherches

L’auteure explique qu’elle a eu recours à l’artifice du journal d’Edmond Charlot puisque le livre se décline dans deux périodes, les années 1935 (date de création de la librairie) à 1961 et, des années 1962 à nos jours. Pour ce faire, Kaouther précise qu’elle a fait appel durant une année à une large documentation, archives, et des lettres de Charlot. «Ainsi que des évocations d’amis de l’éditeur et de sa veuve, laquelle m’a parlé de l’homme, ce qui m’a aidé à mieux le connaître pour réaliser son journal». En outre, «j’avais choisi de raconter certains moments de la guerre d’Algérie, mais comme je ne suis pas historienne, j’ai relaté seulement des pans d’histoire du pays, notamment des moments déclencheurs comme la seconde guerre mondiale et mai 1945», dit elle, et d’ajouter : «Presque tout ce qui est dans le journal est vrai. Je l’ai écrit suite à une enquête. Je n’ai pas inventé et j’ai suivi une chronologie». «Pour la partie de Ryadh dans la ville d’Alger en 2017, j’ai imaginé un jeune étudiant Ryadh qui n’a aucun écho avec Alger et qui n’aime pas les livres. Alors que le personnage de Abdallah est un coup de cœur», souligne l’écrivaine. Pour la diatribe sur la capitale, elle poursuit par ses arguments : «j’avais tous les droits de critiquer l’endroit où je vivais et c’est pour cela que j’ai écrit ce roman en hiver et parlé de cette ville ennuyeuse comme d’ailleurs, d’autres villes. C’est ma ville natale qui me passionne. Alger est un immense terrain de jeu littéraire.»

Des hauts et des bas

Pour la troisième partie, elle signale que le «Nous évoqué raconte les événements et moments décisifs comme Mai 45, Novembre 1954 et L’indépendance 1961». Selma Hellal et Soufiane Hadjadj, les responsables des éditions ‘barzakh’ explicitent que la quatrième de couverture évoque Alger des années 2017 alors que les éditions du Seuil focalisent sur le journal de Edmond Charlot. Suite au débat animé, une vente-dédicace a eu lieu. C’est un roman qui nous donne une truculente vison de l’Algérie avec ses hauts et ses bas. Kaouther Adimi a mis en parallèle ce libraire Edmond Charlot dont la vie a été consacrée aux livres malgré tous les aléas de l’édition et cette décision dure de fermer cette librairie des années plus tard. L’ouvrage est une fiction émouvante et réaliste. Il est à noter que «Nos richesses» a connu un grand succès. Il a eu le prix Renaudot des lycéens, le Prix du style 2017 et le prix Beur FM Méditerranée 2018.

Kheira Attouche

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