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La 3e édition du Festival Montagn’ Art aura lieu les 07 et 08 décembre: Quelle politique pour le développement durable ?

Le Festival Montagn’ Art (Amesdr’ Art) se tiendra, dans sa 3e édition, les 07 et 08 décembre prochains sous le thème : «protégeons l’écosystème pour un développement durable.» Les activités se dérouleront au village Taourirt Mokrane, à Larbaâ Nath Irathen.

Il s’agit aussi de célébrer la montagne comme l’indique les organisateurs qui précisent dans leur argumentaire : «La troisième édition du Festival Montagn’Art sera dédiée à la protection de l’écosystème pour un développement durable» et «afin de réfléchir sur cette thématique, la penser et la développer, de nombreuses activités seront organisées regroupant les principaux acteurs de l’économie, la culture, le tourisme et l’écologie». «Cette réflexion que nous proposons prend sa source d’un questionnement autour du lien à trouver et à consolider entre la connaissance et la transmission du savoir ancestral des habitants de la montagne et ceux qui vivent dans les milieux urbains, éloignés, chaque jour davantage, de la source de la vie. Un équilibre perdu ou difficile à atteindre, recherché, mais pas encore atteint». plus loin il expliquent encore qu’une «étude scientifique, publiée récemment, nous rappelle que l’Homme aujourd’hui a hérité de plus de 10.000 ans de savoir agricole et de seulement 200 ans de savoir industriel. Connaissant de nos jours les méfaits et conséquences du développement industriel sur la nature, l’écosystème et l’Homme, il nous semble important de faire une halte, une pause pour une prise de conscience, et pour poser la problématique du développement socio-économique durable, en plaçant la montagne et ses habitants comme principaux référents dans l’évocation des bienfaits de la montagne, demeurée trop longtemps un trésor délaissé». C’est pourquoi il est préconisé d’organiser des randonnées pédestres, des rencontres scientifiques et littéraires, des débats, d’ateliers et de spectacles pour permettre aux participants d’avoir l’occasion de mettre au premier plan leur bien-être et leur harmonie. «A travers ‘Montagn’Art’, aussi bien les montagnards que les touristes deviendront, ensemble, les acteurs de l’écotourisme dans la région des Ath Irathen», ajoutent-ils.

Des vœux, et puis c’est tout

La problématique du développement local durable a été à plusieurs reprises remise sur le tapis et soumise à débats depuis ces quelques dernières années. Au-delà de constats et des recommandations faites à ce sujet, notamment à l’issue de différents séminaires et autres rencontres qui ont traité de cette problématique, il va de soi qu’il est aujourd’hui établi que tout est resté au stade de vœux pieux.
En effet, le développement local durable, aussi appelé développement à la base, est défini comme étant un «processus utilisant les initiatives locales au niveau des petites collectivités comme moteur du développement économique. Il est prôné dans les pays en développement en complément des mesures macro-économiques et des grands projets».
La wilaya de Tizi Ouzou qui a toujours prôné ce type de développement peine à le concrétiser sur le terrain. Cette wilaya qui a ses propres spécificités linguistique, culturelle, économique, voire même topographique et qui compte plus de 1 300 000 habitants disséminés sur un territoire de 2958 km2 dont la plus grande partie est constituée de hauts piémonts qui représentent environs 31 % de sa superficie globale et les très hautes montagnes qui représentent 51%, doit impérativement et nécessairement intégrer ces spécificités dans toute politique de développement. S’il est aussi admis que le territoire de la wilaya de Tizi-Ouzou est riche et diversifié, avec son histoire, son fond culturel, sa solidarité et son patrimoine matériel et immatériel…, la problématique réside dans le comment valoriser et capitaliser ce gisement de ressources afin de créer des activités économiques durables et faire bénéficier les citoyens de la région des dividendes économique et de la stabilité sociale.
Le développement local passe par la valorisation des ressources à travers l’engagement des acteurs territoriaux, à travers un modus vivendi avec un modus opérandi clefs-en-mains. Mais que peut-on faire réellement quand on sait qu’en matière redéveloppement les contraintes «bureaucratiques» freinent toute initiative. C’est le cas du blocage de l’application de la loi 04-03 mise en vigueur en 2009 et qui stipule l’orientation des actions de développement en fonction des spécificités des zones de montagnes initiée par le ministère de l’Intérieur. Ce blocage a des conséquences certaines sur le développement local.

Revalorisation des activités ancestrales

Aujourd’hui, on s’accorde à dire, spécialistes et autres, que la revalorisation et l’exploitation du gisement de ressources naturelles que recèle les reliefs montagneux du massif de Djurdjura en vue de contribuer réellement au développement local durable dans la région, sont la seule voie. Pour ce faire, on suggère la redynamisation de plusieurs activités ancestrales de la région, comme l’agriculture, l’apiculture, le tourisme de montagne, les activités artisanales (bijou, poterie, vannerie…) et aussi la fiscalité qui joue un rôle primordial dans le développement local durable. Tout cela passe bien évidemment par la combinaison des actions émanant des collectivités locales, de la société civile, des entrepreneurs, des artistes, des artisans, des universitaires avec sans le négliger, les institutions administratives de l’Etat… ce sont tous ces acteurs en synergie qui génèrent cette dynamique économique accompagnée de son corollaire social et culturel. On est même allés jusqu’à suggérer la mise en place d’un fonds pour le développement des zones de montagnes dénommées «fonds pour la montagne». Malheureusement tout est resté à ce stade. Tous ces facteurs bloquants font, aujourd’hui, que la communauté villageoise dépourvue de toute structure de production économique et la progression de la disparition des bases productives traditionnelles, se met à rejoindre les agglomérations. La centralisation de l’emploi, des équipements et des services dans la vallée, contraint les villageois à descendre vers cette vallée pour prendre leur part de développement.

Brahim B.

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