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La dernière étape du lâcher de perdrix gambra effectuée: Le patrimoine cynégétique enrichi

C’est à l’initiative de la Fédération de chasse de la wilaya de Tizi Ouzou et en collaboration avec le centre cynégétique de Zéralda que s’est déroulée il y a quelques jours la dernière étape du lâcher de la perdrix gambra.

L’opération a eu lieu dans la région d’Ifigha, dans l’arch d’Ath Ghobri et à Boubhir, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Tizi Ouzou. Plus de 400 perdrix ont été donc lâchées à cette occasion. Mais trois jours avant, 160 autres perdrix gambra ont été lâchées au même endroit. Ces dernières devaient servir d’«éclaireurs» aux autres puisqu’elles devaient faire une sorte de reconnaissance des lieux et repérage des points d’eau, des lieux où elles peuvent nidifier etc. Elles devaient donc constituer, pour ainsi dire, une sorte de comité d’accueil et d’orientation de leurs congénères. Ce dernier lâcher qui s’est déroulé sous le contrôle du Centre cynégétique de Zéralda, en présence des services de la conservation des forêts et des représentants de la Fédération nationale des chasseurs de Tizi Ouzou, fait suite à l’installation, en août dernier, d’une volière d’adaptation et d’acclimatation de cette espèce en présence de plusieurs associations de chasseurs, dont Ikhoulef d’Azazga, le lion du Djurdjura Béni Douala, Ivahriyen d’Azzefoun et le bécassier de Bouzeguene et de nombreux comités de villages de la région. Cette opération des plus louables se fixe comme premier objectif de parvenir à la création d’une réserve de chasse dans la zone pour enrichir le patrimoine cynégétique local. Au mois de juin dernier, une même opération, qui était la première du genre, s’est déroulée à Azeffoun, au nord-est de la wilaya, en vue de réhabiliter la faune sauvage et la validation de la lignée de la perdrix gambra, sélectionnée par le centre cynégétique de Zéralda. Cette perdrix est issue d’un génome sauvage prélevé des populations sauvages de la région. Les populations de perdrix gambra ont fortement décliné suite à une exploitation anarchique et abusive de ce patrimoine. Parmi les autres phénomènes qui ont contribué à l’importante diminution des populations, on citera aussi la dégradation des habitats, le surpâturage, la mécanisation de l’agriculture, le braconnage et la prédation.

Un choix justifié

Le choix de procéder à ces lâchers au niveau de ces régions n’est pas fortuit. Ils répondent à certains critères qui peuvent aider la perdrix gambra à se reproduire et nidifier facilement. La saison de reproduction commence à la fin avril et peut se prolonger jusqu’au mois de juin. Le nid est bâti à terre et est souvent un simple grattage sous les broussailles. La femelle pond 10 à 15 œufs d’une teinte brun jaunâtre pâle tachetés de brun-roux. L’incubation est assurée par la femelle seule pendant une période qui varie entre 24 et 25 jours. Elle fréquente les milieux ouverts. Elle habite habituellement les lieux accidentés, plus ou moins pierreux, mais pourvus d’un couvert assez dense de maquis épineux et de boisements clairs. On la trouve également dans les zones littorales et les dunes côtières, les cultures, les champs de céréales, les oliveraies et les vergers. Omnivore, le régime de la perdrix gambra consiste en pousses, graines et petits fruits, en olives à l’occasion. Ce régime végétal est complété par des insectes et autres bestioles, surtout par des fourmis.

La fédération de chasse sur tous les fronts

La fédération de chasse de la wilaya de Tizi Ouzou met les bouchées doubles afin de parvenir à la protection et la multiplication de certaines espèces menacées de disparition et aussi tenter de remettre l’ordre dans le monde fermé de la chasse. Pour ce faire, la Fédération vient à peine d’organiser un stage d’habilitation pour l’obtention du permis de chasser ainsi que des campagnes pour lutter contre le braconnage et l’explication des étapes nécessaires à la réussite des opérations de lâcher de perdrix entre autres, comme la détermination de la densité initiale, la mise en place du dispositif pré-lacher, le lâcher et enfin le suivi après-lâcher.
Aussi, compte-t-elle fédérer dans ses rangs le plus grand nombre possible de chasseurs sur les quelques 2000 chasseurs qu’elle a recensés au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou puisqu’elle estime que seuls 80% parmi ce nombre sont structurés au sein de la Fédération qui compte en son sein une quarantaine d’associations communales dont seize à caractère de wilaya. La structuration de l’ensemble des chasseurs à travers la mise en place de cadres organisés (associations) permettra de mettre fin aux dérives et pratiques déloyales constatées jusque-là et qui ont nui à l’environnement, au patrimoine faunique de la wilaya et à la corporation des chasseurs. L’autre phénomène que la Fédération dénonce est celui de la vente de la cartouche de chasse au marché noir. Elle est vendue jusqu’à 250, voire 300 dinars l’unité au marché noir, alors que son prix réel ne dépasse pas les 50 dinars. Elle s’est aussi lancée corps et âme dans la lutte contre la vente illégale ce certaines espèces d’oiseaux, dont principalement le chardonneret, menacé d’extinction.
Dans ce cadre, la fédération de chasse de Tizi Ouzou a initié une opération avec la police nationale qui a consisté en une descente au marché hebdomadaire d’Azazga pour mettre en demeure les vendeurs de cet oiseau en voie d’extinction de cesser cette activité.
Cette première action en appellera d’autres certainement et qui seront moins clémentes que cette première où les vendeurs ont reçu un avertissement avec la promesse de cesser cette activité. Consciente de la protection de la faune et de la flore locale, la Fédération rappelle qu’elle est l’affaire de chaque citoyen appelle à un sursaut civique pour mettre fin aux agressions que subit la nature et à une prise de conscience pour léguer aux générations future un espace de vie riche et épanoui.
Aussi, a-t-elle informé que pour cette année et les deux prochaines aussi – car ce lâcher s’étalera sur trois ans – la chasse sera strictement interdite sur le site de Boubhir, ndlr). Des pancartes de signalisation et d’interdiction seront installées et des patrouilles des services de sécurité sont partie prenante dans cette opération, et veilleront à son application avec une tolérance zéro.

Une perdrix qui fascine

Homologue africaine de la perdrix rouge et de la bartavelle, elle ressemble à première vue aux autres perdrix à pattes rouges et aux flancs barrés ; telle est la description que font les ornithologues de la perdrix gambra. Elle se distingue aussi par des caractères qui lui sont propres. Chez la perdrix gambra, le dessus de la tête est marron-brun, plus sombre sur les bords. Les lorums et les sourcils sont gris, le bandeau auriculaire brun-roux. Les joues gris pâle et la gorge blanchâtre créent un dessin typique visible même en vol. Deux traits distinctifs sont absolument essentiels : contrairement aux autres espèces du genre alectoris, le collier noir qui fait la transition entre le cou et la poitrine est absent et remplacé par un collet marron piqueté de blanc.
Le manteau et le dos sont brun grisâtre avec des scapulaires bleu-gris bordées de roux vif. Le dessous est assez similaire aux autres espèces du genre alectoris : bande pectorale gris brunâtre et plastron roux-isabelle, flancs barrés de roux, de noir et de blanc, ventre ocre-jaune. Les rémiges présentent une teinte brune, les rectrices sont en partie brun-marron, excepté les médianes qui sont franchement grises. Le bec et les pattes sont rouges, un cercle orbital orangé entoure l’iris brun-rouge.

Brahim B.

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