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La «fawdha» serait désastreuse…

L’Algérie doit-elle espérer des lendemains meilleurs ? Indéniablement, oui. Et sans cette affirmation, ce pays fascinant qui a déjà lourdement payé son passage vers plus de démocratie retournerait vers la case départ de ses vieux démons castrateurs, entre obscurantisme et arrivisme politique. Pour s’en débarrasser, la route aura été longue, meurtrière même, car les marches et les manifestations auront été jalonnées de milliers de morts. Aujourd’hui, l’espoir tient au fait que les manifestations antisystème sont empreintes d’un civisme indéniable et que des youyous ont même été lancés des balcons, notamment à Alger.
Malgré quelques heurts, le citoyen réclamant du changement tenait à l’ordre public au même titre que les forces de l’ordre, d’ailleurs. Ce degré de maturité citoyenne est à saluer comme étant une source de fierté. Une fierté que certains revendiquent, pendant que d’autres en profitent, hélas. Dès lors, il s’agit de savoir où le bât blesse et de canaliser cette fierté, cette énergie citoyenne en lui évitant les détournements idéologiques ou les confiscations partisanes. Vaste débat qui, de prime abord, paraîtra naïf tant que les affrontements se dessinent et que les candidats à la candidature du président sortant déclinent des propositions vides de sens, faute de programmes crédibles. La menace du désordre est présente dans toutes les couches de la société, et la «fawdha» serait désastreuse. Aussi, la vigilance est plus que jamais de mise, tout l’enjeu citoyen est là ! En clair, toutes les couches de la société sont prisonnières de cette fierté citoyenne capable d’endiguer toutes formes de violence.
C’est même une nécessité vitale. L’on s’y accroche, et nul ne sait que nous réserve demain. Tout le bonheur susceptible d’illuminer des visages et d’égayer des cœurs est dans les lueurs d’espoir qui viendront éclaircir la situation. Et ce n’est pas de l’étranger que viendra cet espoir de changement. D’ailleurs, l’Algérien s’est toujours refusé le changement préconisé de l’extérieur, tous canaux confondus. Médiatique ou diplomatique, ce changement «recommandé» ne se susurre pas, ne se commande pas, il doit suivre la marche de l’histoire algérienne, sans les historiettes du miroir aux alouettes calqué sur les modes de vie moyen-orientale ou européenne. N’ayant ni patrie de rechange et n’attendant ni messie, ni «mehdi el-mountadher», cet Algérien sûr de son nif choisira seul ses lendemains chantant bon le bled de ses parents, de sa conscience, de sa propre échelle des valeurs. Il n’a pas besoin qu’on lui bourre le mou avec les forces du changement dans ce monde qui tend à se transformer en tuteur.
Il sait par contre où se cachent les forces du mal en intérieur, entre loups et chacals. Il lui suffira d’un rien pour aller dans le sens contraire de la démagogie, de la rapine, de l’escroquerie et la corruption qu’il déteste par-dessus tout. C’est ce rien qui lui offrira des sourires et de l’espoir en des lendemains meilleurs. C’est du moins ce qui ressort de l’esprit frondeur des dernières manifestations et de leur caractère pacifique. Evidemment, il y aura toujours des caisses de résonance qui seront promptes à noircir le tableau, notamment via les réseaux sociaux. Et là, on ne peut s’empêcher d’être méchants en affirmant que c’est une invasion d’imbéciles, souvent heureux de leurs idioties sans commune mesure avec la réalité politique et socioéconomique de l’heure…
M. N.

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