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La fête de la cerise d’Ath Allaoua aura lieu ce week-end: Honneur au fruit des rois

On raconte qu’ «un jour, une des favorites espagnoles du roi maure Abderraman III fut prise de mélancolie et lui demanda de voir la neige en avril.
Voulant satisfaire son caprice, il l’emmena dans la vallée perdue, sise au pied des monts Gredos dans la région actuelle de l’Estrémadure, pour lui montrer le blanc tapis de fleurs blanches que répandent des milliers de cerisiers en fleurs. La jeune favorite conquise perdit sa mélancolie et le jeune roi ordonna que l’on plante dans son jardin l’arbre qui lui avait rendu le sourire».
Surnommé «le fruit des rois», la cerise occupe en Kabylie une place prépondérante. Chaque année, elle est honorée à travers l’organisation de fêtes qui lui sont dédiées. Malgré le recul de la production, la fête de la cerise du village d’Aït Allaoua dans la commune d’Ibouderarène se tiendra jeudi et vendredi prochains au niveau de ce village niché à flanc du Djurdjura, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est du chef-lieu de la wilaya.
Les organisateurs de cette fête ont rassuré les visiteurs que le produit sera disponible malgré ce recul de rendement de la cerise enregistré cette année. «Certes, qu’il n’y aura pas de grandes quantités, mais le produit sera disponible pour satisfaire les visiteurs qui viendront dans notre village», dira un membre du comité de village de Aït Allaoua. Quant à la traditionnelle «fête de la cerise» qu’organise chaque année la ville de Larbaâ Nath Irathen dans la wilaya de Tizi Ouzou, tout porte à croire qu’elle n’aura pas lieu.
Lors de la dernière édition de cette fête, les nombreux visiteurs qui se sont rendus à Larbaâ Nath Irathen ont vite déchanté en constatant, la mort dans l’âme, qu’ils ont eu plutôt affaire à une fête de la cerise sans…la cerise.

Des pertes monumentales

Considérée comme une région à vocation arboricole par excellence, la wilaya de Tizi Ouzou, peut fructifier sa production dans le domaine de la cerise à condition que les pouvoirs publics se penchent sérieusement sur la question en accordant de l’aide aux agriculteurs qui veulent investir dans ce créneau. C’est dans ce sens d’ailleurs que la direction des services agricoles de la wilaya de Tizi-Ouzou, a lancé il y a trois années un programme ambitieux de réhabilitation et d’extension des cerisaies locales, portant sur la plantation de 55. 000 nouveaux sujets et le greffage de plus de 30 000 autres.
Ces chiffres ont été arrêtés après des sorties sur terrain et des campagnes menées auprès des agriculteurs qui ont été invités à s’inscrire à ce programme pour le greffage ou la plantation. Mais, malgré tous ces efforts, la situation n’a pas évolué dans le bon sens. Plusieurs facteurs font que la cerisaie soit particulièrement touchée.
Le Capnode, ce parasite ravageur a eu raison de milliers d’hectares de cerisaies à travers plusieurs localités de la wilaya où prospère le cerisier qui est un arbre vulnérable. Au rythme où vont les choses et eu égard aux dégâts et ravages occasionnés chaque année, la région de Tizi Ouzou qui abritait environs 42% du verger national, selon les statistiques, risque de voir sa superficie se rétrécir davantage dans les années à venir si des mesures ne sont pas prises.
Durant cette dernière décennie seulement, le Capnode qui terrorise les agriculteurs a causé une très grande perte de la superficie des vergers. En trente ans, la superficie totale des cerisaies a chuté à 1070 ha représentant 21% de cerisaie nationale ! C’est dire que les pertes sont monumentales malgré toutes les tentatives faites en vue de régénérer de nombreuses plantations. En plus de cet insecte ravageur, citons aussi le manque de plants, notamment au niveau des pépinières, chose qui ralentit grandement la replantation.
Aux pertes générées par cette maladie se greffe le peu d’intérêt accordé à l’agriculture. En effet, rares sont ceux qui s’évertuent encore à travailler la terre. Nombreux sont les propriétaires qui ont carrément abandonné leurs arbres et ce n’est pas de cette façon que l’on va développer la culture de la cerise dont la production ne cesse de baisser d’année en année.

Brahim B.

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