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La Fête de la forge à Ihitoussène (Bouzeguène) a débuté hier: Un patrimoine millénaire à préserver

Placée sous le slogan : «La forge traditionnelle : un patrimoine millénaire au service de l’économie rurale», la fête de la forge d’Ihitoussène a débuté, hier, au niveau du village Ihitoussène dans la commune de Bouzeguène (à une soixantaine de kilomètres au sud de la wilaya de Tizi-Ouzou) et qui s’étalera jusqu’à demain.

Initiée par l’association culturelle Sebaâ Zzbari (les sept enclumes) et le comité du village, cette traditionnelle fête a pour objectif la préservation et la vulgarisation du métier de la forge traditionnelle. En partenariat avec l’APW, la direction de la culture, la direction du tourisme et de l’artisanat, la chambre des métiers, la DJS, la direction de l’éducation et l’APC de Bouzeguène, le village Ihitoussène, dans la commune de Bouzeguène, la durée de cette manifestation a été prolongée d’une journée puisqu’elle devait se tenir pendant deux jours seulement au lieu de trois jours, comme ce fut le cas pour cette année. Objectif : C’est de permettre à un sculpteur d’achever son œuvre qui ne peut se terminer pendant deux jours comme c’était prévu dans le programme initial.
Dans sa genèse, l’histoire du village d’Ihitoussène débuta avec ce forgeron venu s’installer sur cette terre du Saint Sidi Moussa. On raconte qu’il avait été reçu à bras ouverts, car on le savait très utile. C’est à partir de ce jour que le village grandira et connaîtra des moments intenses, riches en activité. La renommée des Ahitos ira au-delà des plus lointaines contrées de la Kabylie. Avec une enclume, un soufflet, des marteaux et des pinces, la forge des Ahitos allait prospérer et devenir l’épicentre des habitants des régions les plus éloignées. De l’unique enclume de la première forge, on fabriquera des dizaines d’autres pour les revendre à d’autres forgerons venus acquérir cet outil essentiel au métier. En conséquence à la prospérité de la forge d’Ihitoussène, six autres enclumes seront installées pour faire face à la demande sans cesse grandissante des objets de fer. Les autres forges qui ouvraient ici et là ne pouvaient se faire que si les propriétaires venaient s’approvisionner en matériel (enclumes, marteaux, pinces et même des soufflets) à Ihitoussène non sans avoir effectué un stage dans la forge aux «sept enclumes», ainsi dénommée.
Ce métier traditionnel, continuera toujours d’exister aussi longtemps qu’existera l’agriculture. On ne pourra jamais se passer du forgeron pour arranger sa faucille, aiguiser ses couteaux, ses haches, ses pioches et même ses socs de charrue pour les labours traditionnels avec animaux de trait qui existent encore sur nos montagnes inaccessibles aux tracteurs.
Pionniers de la forge, les forgerons du village Ihitoussène, tribu qui porte comme nom son métier (Ihitoussène, pluriel du nom berbère Ahitos qui veut dire forgeron), ou encore dans la mythologie grec fils de Dieu de la forge. Ils avaient installé près de 300 ateliers de forge à travers 17 wilayas en plus de trois pays étrangers : France, Allemagne et Syrie. Leur ancêtre Ahitos, d’après la tradition orale, est un forgeron grecque ayant accosté au 16e siècle en Kabylie maritime avant de s’installer à Ath-Idjeur à Bouzguène.

Khaled Haddag

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