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La folie des prix

Dans la perspective de l’entrée en production de sa raffinerie dans les prochains mois, un industriel promet de vendre le sucre à un prix qui permettra de le faire parvenir au consommateur à un coût moins élevé que son prix actuel sur le marché du détail. Passons que la promesse anticipée soit imprudente du fait que d’ici à ce que sa production soit disponible sur les étals, pas mal de choses peuvent se passer ici et ailleurs dans le monde qui peuvent très bien remettre en cause ses optimistes prévisions. Dans le cas précis comme en d’autres registres, nous n’avons pas l’habitude de la précision prospective, surtout que légalement, aucune contrainte légale, aucune appréhension coercitive ne l’oblige à tenir sa parole. Ne parlons même pas des contraintes morales, les choses étant au point où elles sont. Mais le sujet n’est peut-être pas là, parce qu’au moment où notre brave et généreux producteur de glucose faisait sa promesse, le sucre… augmentait dans les épiceries, les supérettes et les supermarchés. En termes plus terre à terre, le consommateur algérien débourse déjà plus pour son kilo de sucre dans la vraie vie, tout en se consolant par l’espoir que bientôt, il en aura au rabais. L’histoire a quelque chose de paradoxal et surtout de cocasse : avant, quand la rumeur, qui se transforme neuf fois sur dix en information vraie, faisait état d’une augmentation imminente de tel ou tel produit, on recourait aux stockages domestiques, marque de fabrique de la ménagère de l’époque. On fait quoi, maintenant que la rumeur emprunte la trajectoire inverse ? On ne fait rien mais c’est déjà ça, d’attendre. Parce qu’il n’y a pas que le sucre qui a augmenté. Les choses ayant quelque peu changé, les commerçants n’ont même plus besoin d’une rumeur… pour la confirmer ! Il y a même des augmentations inexplicables. Pendant plus d’une décennie, le pain, généreusement subventionné, est vendu à dix dinars au lieu de huit. Pour «indisponibilité de monnaie», ensuite carrément par le fait accompli, puisque même si vous pouvez faire un «chiffre rond» avec le nombre de pains que vous achetez, il vous sera compté quand même à dix dinars. Ne parlons même pas de la disparition, aussi aberrante qu’énigmatique, de la pièce d’un dinar. Nous devons être le seul pays au monde où l’unité de la monnaie nationale est absente des transactions quotidiennes ! Sinon, les transporteurs privés ont décidé unilatéralement d’augmenter leurs tarifs parce que les carburants ont augmenté. D’autres n’ont même pas eu besoin d’argument pour relever les prix d’autres produits, concernés ou non par le soutien de l’Etat. Et ça va quasiment de soi à chaque fin d’année. Les prix sont libres ? Trop facile, parce qu’il faudra alors organiser et contrôler les mécanismes de la concurrence. Une autre question sans doute, mais une, à moins que ce ne soit «la» question de fond.

laouarisliman@gmail.com

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