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La journée méditerranéenne de la côte célébrée dans l’indifférence: Une situation écologique préoccupante

La journée d’hier a coïncidé avec la journée méditerranéenne de la côte. C’est, diront certains, pour ne pas dire la majorité. Cette journée qui célèbre la convention de Barcelone comme chaque année depuis son lancement en 2007, a été célébrée au niveau du lycée Toumi de Tigzirt.

Elle a surtout porté sur la sensibilisation des écoliers aussi bien du cycle primaire, des collégiens que des lycéens sur l’importance de cette journée et la situation dans laquelle se trouve la côte ou le littoral. Bien que les festivités aient commencé depuis quatre jours, le commun du citoyen ignore jusqu’à l’existence de cette journée qui a été, comme chaque année, célébrée dans une sorte d’indifférence, silencieusement, sans grand tapage.
Une petite opération de volontariat a tout de même été menée. Mais à quoi servira une petite journée, voire même une semaine de volontariat, devant l’ampleur du phénomène de la pollution et de l’insalubrité qui rognent la côte ?
Cette opération de nettoyage ne suffit pas à rendre au littoral son lustre d’antan, sa beauté étrillée par les poubelles et les décharges sauvages qui poussent partout. Elle devrait plutôt faire l’objet d’une plus grande importance avec en sus des campagnes d’information et de sensibilisation sur les dangers qui guettent la côte de la wilaya de Tizi Ouzou, livré à la pollution et aux saletés qui la défigurent et lui prête un visage hideux.
En effet, et comme à chaque fois, la célébration de cette journée intervient dans un contexte où l’insalubrité bouffe les derniers espaces.La côte, aussi bien que le milieu marin, n’échappe pas à cette fatalité. La façade maritime de la wilaya de Tizi Ouzou, longue de 85 km, est sale, insalubre, pour ne pas dire lugubre. Pourtant gâtée par nature qui offre des vues pittoresques, imprenables, elle est salie par les hommes au point de devenir des endroits à fuir. Ce qui caractérise la côte, tout au long du principal axe routier qui la longe, ce sont ces décharges sauvages où sont jetées pêle-mêle toutes sortes d’immondices, ce sont des centaines de milliers de sachets de toutes couleurs qui sont accrochés aux arbustes, etc.

Biomasse en danger

La pollution du littoral ne désigne pas seulement ce qui est visible sur les plages, les falaises etc.  c’est aussi la pollution du fond marin qui est très dangereuse.
La biomasse est sérieusement menacée. «La biomasse désigne l’ensemble des matières organiques pouvant se transformer en énergie. On entend par matière organique aussi bien les matières d’origine végétale (résidus alimentaires, bois, feuilles) que celles d’origine animale (cadavres d’animaux, êtres vivants du sol)». D’année en année, le danger grandit. Il pèse lourdement sur les différentes espèces de poissons sur une zone de pêche de 8000 km2.
En plus des pollutions traditionnelles qui se résument aux apports industriels et aux rejets de toute nature, citons aussi un autre phénomène plus grave dont on ne parle que peu.
Il s’agit de dégazages sauvages qui se font en mer par les bateaux de pêche et autres. Aujourd’hui, les résultats sont là. En plus des dégâts visibles occasionnés par l’insalubrité à la côte, le milieu marin est lui aussi grandement touché.
La rareté du poisson n’est-elle pas aussi la conséquence de cette dégradation continue qui touche l’environnement en milieu marin ?

Qu’est-ce que la convention de Barcelone ?

La convention pour la protection de la mer Méditerranée contre la pollution a été adoptée à Barcelone le 16 février 1976 et modifiée le 10 juin 1995. Au fil du temps, son mandat s’est élargi pour inclure la planification et la gestion intégrée de la zone côtière.
22 Parties contractantes à la convention prennent, individuellement ou conjointement, toutes les mesures nécessaires pour protéger et améliorer le milieu marin dans la zone de la mer Méditerranée en vue de contribuer à son développement durable. Pour atteindre cet objectif, les parties s’engagent à réduire, à combattre et, dans toute la mesure du possible, à éliminer la pollution dans cette zone.
Les parties contractantes sont l’Albanie, l’Algérie, la Bosnie-Herzégovine, Chypre, la Communauté européenne, la Croatie, l’Égypte, l’Espagne, la France, la Grèce, Israël, l’Italie, le Liban, la Libye, Malte, le Maroc, Monaco, Monténégro, la Slovénie, la Syrie, la Tunisie et la Turquie. Les principaux objectifs de la convention consistent à évaluer et maîtriser la pollution, assurer la gestion durable des ressources naturelles marines et côtières, intégrer l’environnement dans le développement économique et social, protéger le milieu marin et les zones côtières par des actions visant à prévenir et à réduire la pollution, et, dans la mesure du possible, l’éliminer, qu’elle soit due à des activités menées à terre ou en mer, protéger le patrimoine naturel et culturel, renforcer la solidarité parmi les pays riverains de la Méditerranée et contribuer à l’amélioration de la qualité de vie.
Pour ce faire, la convention encourage les parties à instaurer un système de coopération et d’information pour réduire ou éliminer la pollution provenant d’une situation critique en Méditerranée, instituer un système de surveillance continue de la pollution, coopérer entre elles dans les domaines de la science et de la technologie, élaborer des procédures appropriées concernant la détermination de la responsabilité et la réparation des dommages en cas de pollution résultant de la violation des termes de la convention et élaborer des procédures leur permettant de veiller à l’application de la convention.
La convention prévoit des mécanismes de règlement des différends et d’arbitrage pour régler d’éventuels différends entre les parties sur l’interprétation ou l’application de la convention.
Elle a été modifiée en 1995 et les principales modifications concernent l’extension du champ d’application géographique de la convention au littoral, l’application du principe de précaution, l’application du principe «pollueur-payeur»,
la promotion des études d’impact, la protection et la préservation de la diversité biologique, la lutte contre la pollution résultant de mouvements transfrontières de déchets dangereux, l’accès à l’information et la participation du public.

B. B.

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