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La machine de guerre lancée contre la population : L’épouvante au Yemen

 

Des combats meurtriers ont encore fait rage, hier à Hodeida, dans l’ouest du Yémen, alors que l’ONU et des puissances occidentales ont accentué la pression sur les belligérants, pour que les hostilités cessent rapidement.

Interrogé sur la possibilité d’un cessez-le-feu, le porte-parole de la coalition anti-rebelles, le colonel saoudien Turki al-Maliki, a déclaré à la presse que l’opération se poursuivait. Elle vise notamment à «mettre plus de pression» sur les rebelles Houthis pour qu’ils viennent aux négociations, a-t-il dit. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a, lui, mis en garde contre les conséquences catastrophiques d’une éventuelle destruction de Hodeida. La coalition sous commandement saoudien a, de son côté, visé les rebelles avec de multiples frappes aériennes, selon des militaires loyalistes. L’offensive des forces progouvernementales sur Hodeida avait été lancée en juin, mais les frappes sont permanentes après que Washington ait fixé un délai d’un mois pour que la coalition arabe, dirigée par l’Arabie saoudite contre le Yemen, arrête la guerre. Alors qu’ il y a 594 morts jusqu’ici dans la région, selon des militaires loyalistes. Déjà vivement critiquée pour des bavures à répétition, l’Arabie saoudite a été considérablement affaiblie par le meurtre de Jamal Khashoggi, au consulat saoudien à Istanbul. Il faut que la communauté internationale dise ça suffit, a dit le Français Jean-Yves Le Drian, ajoutant: Il n’y aura pas de vainqueur dans cette guerre. Donc, il faut arrêter les frais. Des avions de combat et des hélicoptères d’attaque de la coalition sous commandement saoudien ont pilonné régulièrement les positions rebelles, suscitant de vives inquiétudes pour des dizaines de milliers de civils piégés. Afin de sortir les Saoudiens de l’impasse dans laquelle ils se trouvent plongés à la suite de l’affaire Khashoggi, il leur fallait des victoires décisives à Hodeïda. Et c’est ce qu’ils sont en train de réaliser, avec l’aval de la communauté internationale, écrit Yassine Al-Tamimi, chercheur yéménite, sur le site Yemen Net. Il y a une semaine, Washington a lancé un ultimatum d’un mois à la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite contre le Yemen pour l’arrêt de la guerre. Le président américain a été contraint par l’opinion publique, de dénoncer le meurtre du journaliste opposant, Jamal Khashoggi, et lancé un ultimatum d’un mois pour l’arrêt de la guerre au Yémen. La coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite tente de gagner la guerre dans le délai, d’où les frappes acharnées. Les houthis  résistent et combattent contre les armées engagées dans ce conflit aux cotés de l’Arabie saoudite, dont celle des Emirats. Ils sont 14 pays, qui participent à la guerre lancée par l’Arabie saoudite contre le Yemen. L’envoyé spécial de l’ONU pour le Yemen dit que le dialogue sera relancé dans quelques semaines, coïncidant avec l’ultimatum lancé par Washington. Pour de nombreux politiciens, une chance est accordée à la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite pour gagner la guerre au Yemen. L’ONU dit qu’au Yemen, c’est la pire crise humanitaire. Peu nombreux sont les pays qui dénoncent l’Arabie saoudite.

149 personnées décédées hier

Hier, les combats pour le contrôle de la ville portuaire stratégique de Hodeida ont fait au moins 149 morts. Les rebelles houthis opposent une farouche résistance à la progression des forces pro-gouvernementales. Au moins 110 rebelles, 32 loyalistes et sept civils ont été tués, hier dans des affrontements, dont certains se déroulent dans des quartiers résidentiels dans la ville portuaire stratégique de Hodeida, dans l’ouest du Yémen, selon des militaires. Des combats particulièrement meurtriers qui ont commencé le 11 novembre continuent de faire rage ce 12 novembre, au moment où Washington et Londres renforcent leurs pressions sur l’Arabie saoudite, pour que la coalition qu’elle commande dans ce pays, cesse rapidement les hostilités. Les rebelles chiites houthis, soutenus par l’Iran, opposent une farouche résistance à la progression des forces pro-gouvernementales appuyées par l’Arabie saoudite, selon une source militaire. Une source de la coalition anti-rebelles a, en outre, fait savoir que les Houthis avaient repoussé une de leurs offensives en direction du port. La coalition a, de son côté, visé les rebelles avec de multiples frappes aériennes, selon des sources militaires. Hodeida revêt une importance stratégique, car c’est le point d’entrée de plus des trois-quarts des importations et de l’aide humanitaire internationale dans ce pays en guerre. L’offensive des forces pro-gouvernementales sur Hodeida avait été lancée en juin, mais elle s’est nettement intensifiée depuis le 1er novembre avec, pour l’heure, un bilan d’au moins 592 morts dont 460 rebelles, 125 pro-gouvernementaux et 7 civils, selon des militaires. Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, et son homologue Jeremy Hunt, ont estimé que le temps de la négociation était venu. Lors d’un entretien le 11 novembre avec le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, également ministre de la Défense, Mike Pompeo a explicitement appelé à «la fin des hostilités» au Yémen, demandant que «toutes les parties viennent à la table pour négocier une solution pacifique au conflit». L’administration américaine de Donald Trump, sous la pression du Congrès, a dit que la coalition sous commandement saoudien au Yémen allait, désormais, effectuer elle-même le ravitaillement en vol de ses avions, assuré jusqu’ici par les Etats-Unis. De son côté, Jeremy Hunt a évoqué le coût humain «incalculable» du conflit yéménite, estimant que sa résolution devrait passer par une solution «politique». Le ministre britannique, qui doit être reçu ce 12 novembre en Arabie saoudite, est favorable à une «nouvelle action» au Conseil de sécurité, pour soutenir les efforts du médiateur de l’ONU au Yémen, Martin Griffiths, qui cherche à organiser un nouveau round de négociations «d’ici la fin de l’année». Les Houthis ont positionné des snipers sur les toits des bâtiments, et ont posé de nombreuses mines pour freiner l’avancée de leurs adversaires, tandis que des avions de combat et des hélicoptères d’attaque de la coalition sous commandement saoudien pilonnent régulièrement les positions rebelles. Paradoxe de la situation, le port de Hodeida, situé dans le nord de la ville, est «jusqu’à présent ouvert» et opère «normalement», selon son directeur adjoint, Yahya Sharafeddine. De son côté, Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), a déclaré que les combats n’avaient pas affecté, jusqu’ici, les opérations du PAM. Le Yémen est le théâtre de la pire crise humanitaire au monde, rappelle régulièrement l’ONU. «La situation est vraiment mauvaise», a déclaré à l’AFP Mariam Aldogani, coordinatrice des opérations de terrain de l’organisation humanitaire Save the Children à Hodeida. «Il y a beaucoup de peur parmi les habitants» et les installations médicales «reçoivent un nombre croissant de civils blessés», a dit Mariam Aldogani.

Mounir Abi

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