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En visite en Birmanie: Le pape François rencontre les musulmans

Le pape François se rendra au Bangladesh où 620 000 musulmans de Birmanie sont exilés malgré eux, et souffrent dans l’un des plus grands camps dans le monde. Le pape a initié une action que de nombreux autres responsables musulmans n’ont pas eu le courage de faire.

Les musulmans de Birmanie continuent à souffrir de la persécution perpétrée contre eux par l’armée de ce pays. 620 000 des 900 000 musulmans de ce pays ont fui les exactions pour se rendre au Bangladesh, cantonnés dans des camps aux conditions sociales dégradées. Le pape est arrivé hier en Birmanie et a eu un entretien avec le chef de l’armée, accusé de mener un génocide contre les musulmans de ce pays. Le général Min Aung Hlaing a eu la primeur d’une audience avec le pape et a rencontré hier la dirigeante civile et prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi. Le général Min Aung Hlaing est accusé par les organisations de défense des droits de l’Homme d’être le principal responsable de cette campagne. Il s’est dit opposé au retour en masse des Rohingyas, malgré un accord en ce sens engageant les gouvernements birman et bangladais. Il n’a pas hésité à dénoncer à plusieurs reprises ces derniers mois le traitement réservé aux musulmans de la Birmanie, au moment où certains pays occidentaux et nombre d’oulémas observent le mutisme. Le pape se rendra après au Bangladesh pour rencontrer les musulmans fuyant la persécution menée par l’armée de Birmanie. Ils ne sont pas nombreux, les responsables musulmans et oulémas à se rendre au Bangladesh pour rencontrer les réfugiés. En août, environ un million de musulmans rohingyas vivaient en Birmanie, depuis des générations pour certains. Mais depuis la loi de 1982, ils sont privés de la nationalité birmane et constituent la plus grande population apatride au monde. Coupables d’être musulmans, ils sont victimes de la persécution de l’armée birmane. Nombre d’organisations non gouvernementales exigent le retrait du prix Nobel de la Paix à la ministre birmane des Affaires étrangères. Washington dénonce un génocide mais refuse l’instauration de sanctions contre la Birmanie. Certains pays musulmans sont occupés à attaquer d’autres musulmans, au lieu de secourir les musulmans de la Birmanie en exode. Un texte de l’ONG Fortify Rights accuse la Birmanie de perpétrer un «génocide» contre les Rohingyas, alors qu’un nombre incalculable de femmes et de filles de cette minorité musulmane ont été violées par des militaires birmans, selon l’ONG Human Rights Watch. Un document de 30 pages, publié par l’ONG locale Fortify Rights et le musée Mémorial de l’Holocauste des Etats-Unis, assure que «les forces de sécurité birmanes et des civils ont commis des crimes contre l’humanité et procédé à une campagne de nettoyage ethnique». Les preuves que ces actes représentent un génocide contre la population musulmane ne cessent de s’accumuler, est-il écrit dans le rapport, qui fait notamment état de victimes égorgées ou brûlées vivantes. Les musulmans de Birmanie se disent abandonnés par certains pays. Les oulémas sont peu nombreux à dénoncer le génocide perpétré contre une population musulmane qui ne cherche que la paix.

La ministre des Affaires étrangères de Birmanie islamophobe

La ministre des Affaires étrangères du Myanmar et dirigeante de facto, Aung San Suu Kyi, a reçu le «prix de l’islamophobe international 2017» par la Commission islamique des droits de l’homme basée à Londres. La Commission islamique des droits de l’homme a décerné le prix de l’islamophobe international de l’année 2017 à la dirigeante de facto du Myanmar dont les atrocités contre la minorité musulmane de ce pays deviennent scandaleuses. Étant à l’origine des crimes horribles commis contre la minorité musulmane rohingyas, Aung San s’est placée au premier rang des islamophobes à l’échelle internationale, devançant le leader du Front national français, Marine Le Pen, le président américain Donald Trump et le chef du parti d’extrême droite néerlandais Freedoms, Geert Wildres. Depuis 2012, les bouddhistes extrémistes, bénéficiant du silence, voire du soutien du gouvernement, ont procédé au massacre des musulmans rohingyas. Leurs crimes ont pris de l’ampleur en 2016 et 2017. Selon le Conseil européen pour le Rhin, le massacre des musulmans au Myanmar s’est multiplié par cent en 2012 et en octobre 2016, la situation n’a jamais été aussi grave. L’armée et la police du Myanmar ont soutenu les bouddhistes radicaux. Ils ont brûlé des maisons de musulmans, capturé et tué des hommes, allant même jusqu’au viol des femmes et des jeunes filles, les forçant ainsi à se déplacer obligatoirement vers le Bangladesh. Plus de 617 000 musulmans rohingyas ont été contraints de se réfugier au Bangladesh voisin. Les musulmans de Birmanie sont injustement persécutés par l’armée de Birmanie. Certains pays musulmans et nombre d’oulémas semblent avoir abandonné les musulmans de Birmanie, aujourd’ hui en exode au Bangladesh. Les camps de réfugiés dans ce pays sont dénués des commodités élementaires et cela n’inquiéte pas certains pays musulmans.

Mounir Abi

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