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La protestation sociale prend du terrain au Maroc: Procès et colère populaire au Maroc

Le procès des militants du mouvement Hirak continuait, hier. La presse du Maroc a rapporté que le leader de Hirak a été expulsé de la salle d’audience.

Lancé, il y’ a quelques semaines, le procès des 54 détenus du mouvement Hirak continuait, hier. Le tribunal accuse les militants de bénéficier de financements hors du pays. Ce que les accusés ont démenti. Ça ne les a pas empêché d’être malmenés par les magistrats du Maroc en charge du procés. Nasser Zafzafi, le leader du Hirak, a également été expulsé de la salle d’audience après avoir appelé le substitut du procureur général, à présenter des preuves concernant les financements hors du pays. Une décision qui ne favorise pas la tenue d’un procés équitable. Les mis en cause sont également accusés de chercher à mener une lutte armée contre l’Etat. Ils nient ces faits, mais le procés est politisé, note la presse. Le mouvement Hirak dirigeait une contestation populaire dans le rif du Maroc pour revendiquer l’amélioration des conditions sociales de la population. Dans le Rif marocain, la ville d’Al Hoceïma a été secouée par une nouvelle manifestation d’envergure hier soir, le 30 mai. Les protestataires réclament depuis six mois des aides pour améliorer la situation socio-économique dans cette ville portuaire enclavée du nord-est du pays. Le mouvement citoyen «Al Hirak» mobilise une large partie des habitants de la ville. L’arrestation à Casablanca de leur leader Nasser Zefzafi ainsi que des principaux cadres du mouvement a provoqué, semble-t-il, un certain flottement au sein de l’organisation. La repression a été menée par les forces de l’ordre du Maroc contre les protestataires. Depuis, la contestation populaire est enregistrée dans nombre de régions du pays, notamment à Jerada. En attendant sa concrétisation, et pour tenter de répondre à la colère persistante de la population de Jerada, une ancienne ville minière de l’extrême nord-est, le chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani s’est rendu dans la région samedi, annonçant une série de mesures. Cela n’a pas empêché la tenue d’une nouvelle manifestation pacifique dès le lendemain. En octobre 2016, la mort d’un vendeur de poisson à Al-Hoceïma, dans la région du Rif (nord), broyé dans une benne à ordures en tentant de s’opposer à la saisie de sa marchandise –de l’espadon interdit à la pêche–, a provoqué une onde de choc avec des mois de manifestations, des vagues d’arrestations et des sanctions au sommet de l’Etat. Au départ, les manifestants exigeaient justice et vérité sur la mort du «martyr Mouhcine Fikri». Peu à peu, le mouvement s’est étendu à des revendications sociales et économiques, la région du Rif, historiquement frondeuse, s’estimant marginalisée et victime de sous-développement. Incarné par une figure médiatique, Nasser Zefzafi, le «Hirak» -nom donné au mouvement- a peu à peu été confronté à un durcissement des autorités avec des centaines de personnes arrêtées, dont M. Zefzafi. A 900 km de là, la ville de Zagora, dans le sud désertique, a pour sa part connu en octobre 2017 des «manifestations de la soif» contre des coupures d’eau récurrentes. Sinistrée depuis la fermeture d’une importante mine à la fin des années 1990, la ville de Jerada (nord-est) a à son tour vécu au rythme de manifestations pacifiques à la suite de la mort, fin décembre, de deux mineurs dans un puits clandestin d’extraction de charbon.

Mounir Abi

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