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La psychose de nouveau: Une femme kamikaze terrorise la Tunisie

La Tunisie renoue avec le terrorisme. Hier, une femme kamikaze s’est faite exploser à l’avenue Bourguiba.

Au moins neuf personnes, dont huit policiers, ont été blessées dans un attentat perpétré hier, en début d’après-midi, par une femme kamikaze en plein centre de Tunis. La police tunisienne serait à la recherche d’une complice de la kamikaze, qui serait équipée d’une ceinture explosive. Le ministère tunisien de l’Intérieur dit que cette femme, dont l’identité n’est pas encore connue, s’est faite «exploser à proximité de voitures de police», sur l’avenue Habib Bourguiba, la principale artère de la capitale tunisienne. Sur place, une journaliste de l’AFP a pu voir le corps sans vie de la kamikaze. D’importants renforts de police sont arrivés sur les lieux, et le secteur a été immédiatement bouclé. De nombreuses boutiques de cette avenue commerçante ont rapidement baissé leurs rideaux, dans une atmosphère chaotique, selon une journaliste de l’AFP. C’est le premier attentat à secouer la capitale tunisienne depuis le 24 novembre 2015, date d’un attentat suicide, commis également en plein centre-ville contre un bus de la garde présidentielle, qui avait tué 12 agents. Cette attaque avait été revendiquée par Daech. Quelques mois plus tôt, le 18 mars 2015, toujours à Tunis, deux hommes avaient ouvert le feu à l’arme automatique, sur des touristes qui descendaient d’autocars pour visiter le musée du Bardo. 21 touristes et un policier tunisien avaient été tués dans cet attentat, également revendiqué par l’EI, tout comme celui perpétré par un kamikaze en juin de la même année, sur une plage et contre un hôtel près de Sousse, qui avait coûté la vie à 38 touristes. En mars 2016, des dizaines de djihadistes venus de Libye avaient, en outre, tenté sans succès, de s’emparer de postes des forces de sécurité dans la région de Ben Guerdane (sud), près de la frontière libyenne. L’attaque avait fait 20 morts parmi les forces de sécurité et les civils. L’attaque n’avait pas été revendiquée, mais les autorités tunisiennes avaient accusé Daech d’avoir voulu créer «un émirat» sur le sol tunisien. La Tunisie est confrontée au terrorisme, et nombre de politiciens, policiers, touristes et militaires ont été tués. Les pays occidentaux avaient déconseillé la destination Tunisie. L’ONU dit que des milliers de djihadistes tunisiens ont rejoint Daech, en Irak et en Libye. Une loi anti-terroriste a été promulguée en Tunisie. Des actions sont menées par l’armée tunisienne contre les terroristes dans les maquis, mais des attentats continuent d’être commis par Daech, en Tunisie, après la révolution de 2011.

Ghanouchi contre l’Arabie saoudite

Le président du parti islamiste Ennahda, Rached Ghanouchi, a comparé, samedi 27 octobre, l’affaire Jamal Khashoggi avec l’auto-immolation du jeune Bouazizi, étincelle d’un soulèvement en Tunisie et du Printemps arabe. «Cette conférence se tient dans une atmosphère qui rappelle, à bien des égards, celle de l’auto-immolation tragique de Bouazizi, et la vague de sympathie, mais aussi de ressentiment, qui ont parcouru le monde. À rapprocher de cela, le séisme provoqué par l’assassinat abominable du journaliste Jamal Khashoggi», a déclaré le président du parti islamiste tunisien Ennahda, à l’occasion d’une réunion avec les cadres de Ennahda qui «condamnait l’assassinat immonde», et appelait à «la poursuite des coupables», et «incitait les forces des réformes et du changement dans la région à défendre les valeurs de la liberté et de la dignité»… devise de la Révolution tunisienne. Étrangement, le ministre tunisien des Affaires étrangères mettait en garde, quelques jours auparavant, contre toute tentative d’instrumentaliser l’affaire Khashoggi pour déstabiliser l’Arabie saoudite. «La Tunisie ne peut que condamner l’assassinat de ce journaliste. Mais la Tunisie veut aussi dire que l’Arabie saoudite a réagi positivement, et décidé de l’ouverture d’une enquête approfondie sur les raisons et circonstances de cette affaire. […] Mais il ne faut pas que ce soit, non plus, une raison ou un prétexte pour porter atteinte à la stabilité du Royaume. Il est très important que, parallèlement avec la révélation de la vérité et la punition des coupables, il faut prendre en considération la place de l’Arabie saoudite et ce qu’elle a fait, jusque-là, pour répondre aux doléances de la société saoudienne, d’abord, et de la communauté internationale. La Tunisie, en tant que jeune démocratie, ne peut jamais accepter qu’un journaliste soit traité de la sorte, mais, en même temps, il ne faut pas que ce soit un prétexte pour viser la stabilité de l’Arabie saoudite et sa sécurité. Mal perçue par une partie de l’opinion publique, qui critiquait une forme d’asservissement à l’Arabie saoudite, l’assertion s’inscrit pourtant, selon une source diplomatique tunisienne, dans le droit fil de la tradition diplomatique de la Tunisie, qui prend en considération les relations de voisinage, et qui se veut aussi, contre toute forme d’ingérence». Ce ne sont pas les projets de développement saoudiens en Tunisie, évalués à plusieurs millions de dollars, qui inverseront la tendance. En dépit de la vague d’émotion qu’a suscité, en Tunisie, l’assassinat du journaliste saoudien, les réactions, notamment politiques, n’ont pas échappé au paradigme qui gouverne la vie politique en Tunisie, sensible à l’antagonisme né de la dernière crise du Golfe. Les partis réputés proches de l’axe Turquie-Qatar ont été les plus prompts à dénoncer l’assassinat du journaliste, alors que les autres, sans naviguer pour autant dans l’orbite saoudienne, se sont plutôt montrés discrets, quant au meurtre du journaliste opposant, Jamal Khashoggi.

Mounir Abi

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