Home / L'edito / La violence se banalise…

La violence se banalise…

Une fillette assassinée à Béjaia, et une adolescente qui se suicide à Chlef, c’est le drame d’une société qui est confrontée à une violence sans limites. Alors que le débat sur le feuilleton de la «baleine bleue» n’est pas clos, d’autres phénomènes surgissent plongeant la collectivité dans la désolation. Beaucoup n’en sont peut-être pas conscients, mais notre société est de plus en plus violente. Une spirale exercée dans la rue, au sein de la famille, à l’école, au travail…
Et elle prend plusieurs formes. Quand elle n’est pas physique, elle est verbale ou psychologique, avec des conséquences fâcheuses. Comment peut-on enlever une fillette à sa sortie d’école, pour ensuite l’égorger et la mutiler ?
Ces monstres sont parmi nous, et nul ne peut feindre d’ignorer la gravité de la situation, à commencer par ceux qui se gargarisant de respect des droits de l’Homme s’opposent à l’application de la peine de mort contre les criminels.
La société est-elle aussi violente ? La réponse évidente, au vu des multiples facettes de ce comportement contraire aussi bien aux préceptes musulmans qu’à nos us et coutumes empreintes de tolérance, de solidarité et de fraternité. Aucune catégorie sociale n’est épargnée par la violence. Même l’école censée inculquer la discipline, le respect et la morale, s’est subitement transformée en «nids» de la délinquance. Quand un enseignant, un surveillant général, ou même parfois un directeur d’établissement «négocient» la cohabitation avec leurs propres élèves, on doit s’interroger sur l’utilité même de la mission qui leur a été confiée.
La vulgarisation de l’Internet et la prolifération des réseaux sociaux, ont contribué négativement à l’«atomisation» de la cellule familiale, jadis soudée et solidaire. Chacun dans son coin, et la moindre irruption dans l’espace de l’autre, donne lieu à des conflits insurmontables. Et c’est là que commence le drame. La démission des parents associée aux mauvaises fréquentations de leur progéniture, constituent le terreau favorable à la violence. L’Algérie qui a vécu une décennie faite de carnages, d’images terrifiantes de corps déchiquetés et mutilés, subit aujourd’hui l’effet boomerang de cet épisode sanglant. La banalisation de la mort doit être sérieusement prise au sérieux aussi bien par les pouvoirs publics que par le mouvement associatif, en vue de comprendre ce phénomène étranger aux valeurs de la société.

A. L.

Check Also

Presse indépendante, dites-vous ?

Me Ali Yahia Abdennour disait un jour : «Quand je défends les droits de l’Homme, …