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L’actrice Leila Touchi dénonce des harcèlements en permanence: «Je ne baisserais jamais les bras !»

Leila Touchi est l’une des plus brillantes actrices algériennes de sa génération. Ayant fait son école au Théâtre national Algérien, elle intègre par la grande porte le cinéma et la télévision. Depuis quelques temps, elle subit des harcèlements d’inconnus dans la région de Fouka, dans la wilaya de Tipaza. Il y a deux jours, un des harceleurs s’est infiltré chez elle. Dans cet entretien, elle nous raconte ce qui s’est passé.

Le Temps d’Algérie : Vous avez été victime d’un harcèlement chez vous. Pouvez-vous nous expliquer ce qui s’est passé exactement?

Leila Touchi : Il y a deux jours, j’étais chez moi, en train de me changer dans ma chambre. Je me mets devant la télé, et c’est là que je vois un homme en train de me regarder par la fenêtre. Il s’est infiltré dans notre jardin en escaladant un mur et s’est mis devant la fenêtre. Je ne connais pas son intention, mais vu la menace qui pèse sur moi, je n’ai pas de doute à ce qu’il soit venu avec de mauvaises intentions. J’étais choquée. J’ai commencé à crier et il ne s’est pas sauvé, mais s’est mis à me menacer avec des gestes obscènes. Mon père est arrivé, nous avons appelé la police qui est intervenue à temps, mais ils n’ont pas pu faire grand-chose car l’inconnu s’est sauvé, et nous n’avons pas pu le reconnaître.

Pour quelle raison on vous harcèle ainsi ?
Il faut dire que le harcèlement n’est pas une chose nouvelle pour moi. Je le subit depuis longtemps. Cela remonte à mes premières apparitions à la télévision. Des inconnus me traitaient de tous les noms, mais je me disais qu’il ne fallait pas faire trop attention à ça. J’ai beaucoup résisté et je continue à leur montrer que je suis forte, mais aussi, que je ne fais jamais de mal à personne. Bien au contraire, ces gens-là doivent être fiers de moi. J’ai beaucoup souffert avec eux, avec une prise de risque permanente quand je dois rentrer chez moi à la tombée de la nuit et qu’il m’arrive de terminer mon travail tardivement, parce que j’ai peur. Il a fallu que je cherche où me réfugier quand je termine le travail tard, car depuis quelques jours deux jeunes à bord de deux motos m’ont suivie non loin de chez moi à Douaouda, dans la wilaya de Tipaza. Ils me profèrent des injures et m’assaillent de mots vulgaires et de menaces très virulentes. Ils ont même tenté de me jeter en bas de la chaussé. J’ai eu la chance qu’un camionneur soit passé à ce moment-là et m’a sauvée de justesse. Depuis ce jour-là, je ne rentre plus chez moi quand je termine le travail tard. Cela, je ne compte pas toutes les insultes et harcèlements de rue, ce que subissent la grande majorité des femmes algériennes. Mais dans mon cas, ça devient plus grave.

Comment comptez-vous réagir? Avez-vous déposé plainte ?
Oui, nous avons déposé plainte. J’espère que les enquêteurs de la police puissent mettre la main sur ces harceleurs, et les confronter à leurs faits. En attendant, les policiers m’ont conseillé d’installer des caméras de surveillance chez moi. Donc voila, avant je ne me sentais pas en sécurité juste dans la rue, et maintenant, je dois être vigilante même à l’intérieur de chez moi. Je vais vivre dans une peur permanente. Mais je dois vous dire une chose, malgré tout ça, je ne vais jamais baisser les bras. Je vais continuer à vivre pleinement ma passion pour le cinéma et le théâtre, et personne ne pourra m’en empêcher.

A. I.

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