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Langues de vipère !

Et oui, c’est déjà la rentrée ! Certes, ça ne se bouscule pas trop au portillon, mais on la sent venir, avec ses gros sabots, teintés de l’incontournable renouveau. Tous les secteurs d’activité sont concernés, et le dénigrement est, comme toujours, en pôle position. Oui, on peut considérer le dénigrement comme activité nationale, rémunérée ou pas… C’est légitime, même si dénigrer à tout va, lasse parfois en épousant la médisance.
Le fait de peindre en noir la réputation de quelqu’un, de dézinguer une institution, d’entacher une carte de visite, vierge jusqu’alors de toute tache, n’a rien du «chevalier blanc», prétendu lanceur d’alerte, ou aiguillon nécessaire à la vérité. Souvent, les parties supposées obscures ne sont, en fait, que vitrines blanches incontestables. Aussi, en cette rentrée de tous les possibles, il convient de bien faire la part des choses. Le dénigrement systématique n’a jamais été une mise en lumière de la part d’ombre, une sorte de clair-obscur, un éclairage à l’expression d’un complément de vérité.
En ne citant personne en particulier, combien de gens profitent-ils de ce sport national, pour dénigrer en inventant des masques, des secrets ou des relations intimes, à étaler sur la place publique ? Beaucoup, en poussant les portes de la diffamation, qui est, avouons-le, une toute autre affaire…Nul n’est à l’abri de ces gens-là. Et si l’on a, chacun, son parcours des zones troubles, des passages incertains, des fautes qu’il vaut mieux taire, c’est un registre personnel, intime. Ne dit-on pas que le linge sale ne se lave qu’en famille ? C’est l’éventuelle déchéance à assumer, entre proches, pour enfin laisser apparaître un portrait plus juste, plus réaliste et sans paillettes. Et s’il n’est pas simple de blanchir les bas-fonds d’une famille entachée, car on s’y serre les coudes, il est certain que le malotru dénigreur sera repoussé, étouffé dans son pseudo-combat, devenu dérisoire et souvent inaudible.
Cependant, la critique constructive est nécessaire. Bien charpentée et claire comme de l’eau de roche, elle est féconde en remettant les points sur les i. Rien ne doit échapper à ce regard critique, au nécessaire droit d’inventaire. Mais, peindre tout en noir et accréditer des fictions savamment orchestrées, c’est tomber dans la ronde des dénigreurs, utiles à certains scénarios catastrophes, comme l’est celui de l’épisode malheureux de choléra… Et la ronde continue de tourner, en cette rentrée, chacun attendant midi à sa porte. Mais, il y a lieu de s’interroger, quand tout concourt au chaos social.
En fait, plus il y a de tapage autour de celui-ci, plus il devient cirque, foire animée par des guignols, des pantins. L’un dans l’autre, ce dénigrement systématique, systémique même, puisqu’il surfe sur l’économique, le politique, le social et autre, est devenu viscéral, machinal. Faut-il qu’il soit pendu à une corde pour se faire langue de… vipère, piquant les uns et salissant les autres ? Une langue qui n’aime rien d’autre que de savonner la planche, au gré de ses humeurs, propage de fausses nouvelles. Elle se complaît à laisser filer la rumeur, et elle a trop à faire pour vérifier ses sources. Seule importe l’envie de se faire voir, et surtout, de dire le mal d’autrui. Ne se donnant jamais au chat, cette langue refuse d’admettre la défaite. Ne déposant jamais les armes, elle n’a de cesse de tenir des propos incertains, malsains, infondés et parfois même orduriers.
Elle vibre de toutes les médisances qui sont dans l’air. Elle ne parlemente pas, elle ne joue pas la franchise, ni même carte sur table. Bien au contraire, elle est de celles qui se délectent, à donner des coups de poignard dans le dos. C’est ce qui attend cette rentrée, et ses gros sabots dénigreurs. Pleine d’aigreur, elle assassine déjà la saison estivale et ses jubilations, ses délectations…

M. N.

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