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L’anonymat, lâcheté politique…

Au lendemain de ce vendredi qui a été prétexte à un appel de mobilisation contre le 5e mandat, que retenir finalement ? Que ceux qui ont lancé cet appel restent anonymes, entre le marteau et l’enclume, et doivent se demander s’il faut changer de braquet et aller voir ailleurs, en opportunistes qu’ils sont ? Leur manque de courage politique les a fait parier sur les réseaux sociaux pour ameuter grand monde. Finalement, ils ont dû déchanter devant le caractère bon enfant des rassemblements, où aucune animosité, aucune violence n’a été signalée. Et pour cause: ni leaders de partis politiques, ni candidats à ces élections n’étaient présents pour prendre le train en marche. Que des citoyens à visages découverts sans voiles ni kamis, des jeunes pour la plupart, qui veulent du changement.
C’est dans l’air du temps, et ça a été de tous temps la marque juvénile des revendications, même si on n’a pas toujours su sur quel pied danser par le passé… Par contre, les opportunistes qui espéraient la «fawda», craignent déjà pour le 18 avril prochain. Ils craignent les scores électoraux ! Ces scores bien que contestés et teintés de fraude, comme à chaque fois par les mauvais perdants, sont allés en s’améliorant du premier mandat au quatrième de l’actuel candidat, décrié pour un cinquième exercice : 73,5% en 1999, 85% en 2004, 90% en 2009 et un plébiscite en 2014. Auront-ils les réseaux sociaux pour étayer l’éventuelle fraude en 2019 et ses scores électoraux qui annoncent, déjà, la couleur, avec les signatures collectées pour le candidat au 5e mandat ? Ces signatures dépassent celles de 2014, selon son directeur de campagne.
Et, qu’on le veuille ou pas, il a «l’avantage du terrain», comme il est dit souvent en foot. Dénigré, il reste visé par ceux qui veulent du changement, d’après les derniers échos parvenus de la rue. Mais qui a dit qu’il n’y aura pas de changement ? N’y en a-t-il pas eu des chamboulements tant institutionnels que sécuritaires, n’a-t-on pas vu de grands commis de l’État, walis, ministres et autres, ou officiers de haut rang tomber de leur piédestal ? Seule l’ignorance des charges qu’a un élu à la magistrature suprême peut justifier un tel dénigrement. Est-ce par dépit, alors? On peut le penser en se remémorant Boumediène qui a été longtemps dénigré. Mais, il fut un grand président, à qui le pays doit plusieurs grandes réalisations. A sa mort, la rue l’a pleuré, sans appel anonyme sur des réseaux sociaux qui n’existaient d’ailleurs même pas.
Il a joué un grand rôle dans l’histoire de l’Algérie, et les islamistes d’aujourd’hui osent à peine prononcer son nom, de peur d’être traités d’opportunistes, ce qu’ils sont, en fait, dans une opposition qui reste positionnée dans ses divisions. Des retournements de veste, il y en a eu et il y en aura à la limite du ridicule. C’est leur droit, mais la crédibilité en ces politiciens de pacotille en a pris un sérieux coup. Et un monde politique qui a perdu sa crédibilité et sa confiance ne peut que se rabattre que sur l’immense parti d’un certain Mark Zuckerberg, PDG du réseau social Facebook. Anonymat aidant, comme sur les autres réseaux, la loyauté en politique, tout comme les idées et les programmes y sont bien confus, pour ne pas dire absents. Et, apparemment, beaucoup d’opportunistes s’y sont regardés, en se rasant ou pas, tous les matins précédant vendredi dernier, en fantasmant sur le chaos insurrectionnel dans la rue…
M. N.

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