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L’Arabie saoudite isolée

Disparition du journaliste opposant Jamal Khashoggi

L’Arabie saoudite dénoncée dans le monde, notamment après la disparition du journaliste opposant Jamal Khashoggi, est boudée par plusieurs dirigeants d’entreprises.

Alors que Riyad est empêtré dans l’affaire de la disparition du journaliste Jamal Khashoggi en Turquie, plusieurs dirigeants ont annoncé qu’ils ne participeraient pas au «Davos du désert», une conférence qui doit se tenir la semaine prochaine dans la capitale saoudienne. La disparition du journaliste Jamal Khashoggi jette un froid sur les relations économiques de l’Arabie saoudite. Ce journaliste, très critique à l’égard du régime du prince héritier Mohammed Ben Salmane, n’a plus donné signe de vie depuis son entrée au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le 2 octobre. L’organisation de la deuxième édition du sommet Future Investment Initiative, qui doit se tenir du 23 au 25 octobre à Riyad est perturbée. Cette conférence est la vitrine dont se sert Mohammed Ben Salmane pour vendre ses très ambitieux projets économiques censés moderniser son pays. Or depuis quelques jours, les annulations se multiplient. Parmi elles, celle du patron d’Uber, Dara Khosrowshahi, qui a annoncé qu’il n’irait pas à Ryad «à moins qu’une série de faits considérablement différents n’émerge» sur la disparition du journaliste, écrit Le Figaro. Le Président- Directeur Général de la banque américaine JP Morgan, James Dimon, sera également absent. Son nom ne figurait plus hier sur la liste des participants. Ford Motor a pour sa part annoncé que son président, Bill Ford, avait annulé une visite en plusieurs étapes au Moyen-Orient, dont une apparition à cette conférence sur l’investissement saoudien. Même chose pour le milliardaire britannique Richard Branson, fondateur du groupe Virgin, qui a annoncé le gel de plusieurs projets avec le royaume. «Si ce qui a été rapporté à propos de la disparition du journaliste Jamal Khashoggi est véridique, cela changerait radicalement les perspectives d’affaires de tous les Occidentaux vis-à-vis du gouvernement saoudien», a-t-il déclaré dans un communiqué. L’Arabie saoudite lui avait pourtant donné un poste de conseiller dans le tourisme et lui avait promis un investissement d’un milliard de dollars dans Virgin Galactic, sa compagnie de tourisme spatial. L’événement est aussi boudé par des médias comme le Financial Times, le LA Times, le New York Times, The Economist, Bloomberg et CNN. Sur les marchés, certaines entreprises sont déjà sanctionnées du fait de leur exposition au marché saoudien. Les investisseurs voient d’un mauvais œil la récente altercation entre Washington et Riyad. Bien qu’opposé à une limitation des ventes d’armes, Donald Trump a promis au royaume un «châtiment sévère» si sa responsabilité dans la disparition du journaliste était avérée. Celui-ci a répondu qu’il se tenait prêt à répondre par de plus grandes sanctions, laissant planer la menace d’une action sur les marchés pétroliers. Face à cette perspective, le baril de Brent grimpait déjà à 81,46 dollars. Plusieurs médias, dont the Financial Times, Thee New York Times, The Economist, Bloomberg et CNN ont également décidé de bouder l’Arabie saoudite.

Mounir Abi

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