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L’art au féminin.. L’Algérie en avance sur la Suisse ?

Cette semaine, une directrice de musée suisse s’est inquiétée du fait qu’on ne trouve pas assez d’œuvres réalisées par des femmes dans les musées et a décidé d’agir pour introduire l’égalité entre les deux sexes.

Une directrice de musée suisse ayant constaté qu’il y a beaucoup plus d’œuvres artistiques réalisées par des hommes que par des femmes a décidé d’agir pour l’égalisation entre les deux sexes. La directrice qui a relevé qu’on ne trouve pratiquement la femme que dans les tableaux (réalisés par les hommes) veut que les choses changent. Il faut dire que s’il n’ y a pas de tableaux peints par des femmes dans les musées suisses, c’est que ces dernières exposent beaucoup moins que les hommes, ce qui n’est pas le cas en Algérie où on a remarqué une montée des femmes peintres notamment durant les deux dernières décennies. On pourrait même dire qu’au sujet de l’égalité Hommes – femmes, elle a toujours devancé la suisse puisque nos femmes avaient le droit de voter avant même l’indépendance en Algérie alors que les suissesses ont du attendre au mois une décennie plus tard alors que leur pays considéré comme développé du point de vue éducation et culture était indépendant depuis longtemps.
Les pionnières
Sans s’initier à la politique, sans adhérer à une quelconque association ou parti, des femmes algériennes ont décidé depuis longtemps de suivre une carrière artistique au moment où l’art leur était interdit. Les pionnières sont Kheira Flidjani et Baya furent les premières algériennes à exposer leurs œuvres durant l’époque coloniale. D’ailleurs, Baya qui était toute jeune fut encouragée par Picasso. Baya qui était l’épouse du maitre de la chanson andalouse Hadj Mahfoudh s’était retirée du monde artistique durant une longue période dans les années 1970. Ce retrait serait motivée par une décision de son époux. On a revu la grande artiste quelque temps avant son décès. Baya a quand même ouvert le champ des arts plastiques aux femmes dont la grande Souhila Belbahar. Quant à Kheira Flidjani, elle est partie à Paris où elle joua des petits rôles dans le cinéma pour financer ses cours de peinture. Après l’indépendance de l’ Algérie, elle est revenue au pays pour une exposition mais ses tableaux ont choqué même les artistes de l’époque qui ne savaient pas encore ce qu’est un Nu. Déçue, la grande artiste est repartie pour terminer sa carrière à New York. Des les années 1970, les jeunes filles formées à l’école des Beaux arts et au niveau de certaines associations ainsi que les autodidactes se sont mises à exposer en suivant la vie de leurs ainées. C’est ainsi qu’on s’est retrouvé aujourd’hui avec de brillantes peintres qui n’ont rien à envier aux artistes hommes.
On compare les œuvres et non les genres
Toutes ces artistes et bien d’autres, n’ont pas attendu qu’un chef de parti ou un quelconque responsable politique leur ouvre la porte pour s’exprimer. Elles n’ont pas attendu le 8 Mars pour prouver qu’elles existent et montrer ce qu’elles savaient faire. Elles ont affirmé leur existence et se sont exprimées à travers le meilleur moyen : l’art. En Algérie, comme en suisse, les femmes ne devraient pas attendre des décisions politiques pour voir leurs œuvres exposées aux côtés de celles des hommes, elles n’ont qu’à prouver leur savoir faire et prouver qu’elles ont du talent. Elles finiront bien par s’imposer. L’art n’est pas la politique et un musée n’est pas une chambre de députés. Entre les artistes, on doit pas comparer les œuvres entre elles et non les hommes d’un côté et les femmes de l’autre.
Bari Stambouli

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