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L’art en famille: Les Driassa émergent du lot

Si à Constantine, la famille Fergani compte le plus grand nombre de musiciens et chanteurs et qu’à Tlemcen on chante l’andalou en famille, à Blida, on dessine, on chante et on écrit des poèmes en famille. Les membres de la famille Driassa le prouvent, mais restent encore discrets.

Lors du dernier salon international de la miniature qui s’est tenu au Palais de la culture Moufdi Zakaria à Alger, des visiteurs se sont étonnés de découvrir les tableaux de peinture du grand chanteur Rabah Driassa. En effet, le Blidéen connu pour avoir enregistré des dizaines de grands succès et pris une place de star de la chanson algérienne pendant plus d’une cinquantaine d’année était trop occupé pendant toute cette période pour exposer ses œuvres et montrer qu’il est parmi nos meilleurs miniaturistes. Si Driassa avait choisi la voie des arts plastiques, il aurait été dans lignée des maîtres tels que Mohamed Temmam, Sahouli ou Bedebbagh.

Le premier tableau vendu aux enchères

A la fin des années 1950, il était déjà connu comme peintre. D’ailleurs, dès la signature du Cessez-le-feu, il avait réalisé le premier tableau de l’Algérie indépendante vendu aux enchères. Le tableau représentait la carte des trois pays du Maghreb arabe et au milieu, le drapeau de l’Algérie qui venait d’arracher son indépendance.  Il faut noter que même si son fils Abdou qui a une très belle voix est devenu chanteur, la famille Driassa a toujours vécu cet amour pour la peinture et la miniature.
Les tableaux du frère de Driassa sont connus à Blida lesquels embellissent l’hôtel «El Ansar» à Bab Essebt. La fille du chanteur est également une brillante artiste-peintre, mais n’a que rarement exposé. Les membres de la famille Driassa pourraient bien un jour nous étonner en organisant une exposition familiale où l’animation serait assurée par le maître Rabah et son fils Abdou. Au niveau de cette famille, la primauté est donnée à l’art sous toutes ses formes puisqu’il n’y a pas que Rabah Driassa qui écrit de si beaux poèmes. A Blida, on assure que la mère de Abdou aurait écrit une bonne partie des chansons à succès de la star dans les années 1960. Donc, au cas où on déciderait d’organiser une exposition, on pourrait créer une autre surprise en faisant participer des membres de la famille Driassa pour lire de beaux textes. Il est à rappeler que Rabah Driassa est un artiste qui a toujours été à la page et un amoureux de tous les arts. C’est un homme de culture qui aime les belles choses et s’intéresse à l’histoire. Lorsqu’il part en touriste, il ne manque pas de visiter les belles mosquées et musées de Turquie ou d’Espagne et prendre des photos de sites historiques et monuments. Il faut dire qu’à Blida, on trouve la pratique de l’art sous toutes ses formes au sein de plusieurs familles.

L’odeur du jasmin

L’air pur dégagé des monts de Chréa, l’odeur du jasmin, des roses et les couleurs multicolores qui embellissent les jardins des maisons arabo-mauresques et turques de cette ville ne peuvent qu’inspirer ses enfants pour dessiner des tableaux, écrire des vers, composer et interpréter les plus belles chansons. Bien qu’ils ne soient pas intéressés par la célébrité, plusieurs enfants et neveux du grand maître Hadj Mahfoudh sont de brillants musiciens et maîtrisent les noubas andalouses. D’ailleurs, l’épouse de Hadj Mahfoudh n’est autre que la grande dame de la peinture algérienne Baya. Son défunt frère Mohamed Mahieddine dit Cheikh Salhi était également un véritable maître de l’andalou. Si au niveau de certaines familles de Blida, on préfère continuer la pratique artistique et à se consacrer à la formation, on aimerait bien que des gens comme Driassa sortent du lot en exposant leur savoir- faire. Au fait, pourquoi ne pas organiser un salon de l’art en famille ?

Bari Stambouli

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