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L’Association «ADLES» à Ath Yenni: Pour une éco-gestion et un développement durable des villages du Djurdjura

L’Association du développement local est solidaire (ADLES), qui travaille en collaboration avec le ministère de l’environnement et des énergies renouvelable et avec la coopération technique Belge Enable, a entrepris un projet de développement durable au niveau de la daïra de Benni Yenni, haut lieu de villégiature par excellence, situé à environ 40 km au sud-est de la wilaya de Tizi Ouzou.

Pour le moment, six villages relevant des trois communes que compte cette daïra de haute montagne connue pour la finesse de son bijou, à savoir Eth Yenni, Yatafen et Iboudraren. Il s’agit, notamment, des villages d’Ath Larbaâ ; Taourirt Mimoun, Aït Saâda, Aït Daoud, Ighil Tessada et Aït Allaoua, prendront part à ce projet promoteur qui sera d’un grand apport pour cette localité qui recèle un capital inestimable, non seulement dans le domaine du tourisme mais également dans le secteur de l’agriculture de montagne.
En effet, une réunion regroupant des représentants de différentes direction de wilaya à savoir l’environnement, le tourisme, et des deux dispositifs Ansej et Angem, à côté des différents acteurs locaux notamment des élus, des comités de villages mais aussi d’autres citoyens de cette localité, a été organisée mercredi dernier au niveau de la maison de jeunes de cette dite localité afin de procéder à l’élection du président du comité de pilotage et des initiatives locales (COPIL) qui va assurer la concertation et le pilotage du projet. En effet, la mise en place de ce comité de pilotage répond à la volonté de mettre en place un projet de développement local inclusif par l’implication des acteurs directement ou indirectement concernés par la problématique du projet «L’Eco-gestion pour un développement durable des villages au Djurdjura», et ce, afin d’encourager un travail de complémentarité en vue d’atteindre un objectif commun d’intérêt général.
Le comité de pilotage est composé d’une quinzaine de membres représentants des acteurs locaux parmi lesquels figures des membres de l’Association ADLES, des pouvoirs publics (APW, APC d’Ath Yenni, Iboudrarene et de Yatafen, des directions de l’environnement, du tourisme, forêts, jeunesse et sport, agriculture…, d’enseignants universitaires, des membres des chambres consulaires (l’Artisanat et des métiers, agriculture et commerce), des dispositifs Anse, Angem et autres, des associations locales, des comités de villages et de jeunes entrepreneurs.
Ce comité est sensé contribuer à la détermination des grandes orientations du projet en fonction du contexte local. C’est M. Senhadj Mohammed Said qui a été élu à l’unanimité président du dit comité de pilotage COPIL.
Ce dernier aura également la délicate mission de sillonner les villages et de sélectionner au moins trois villages écologiques en coordination avec les maires des trois communes.
Ces villages seront jugés, non seulement pour leur respect de l’écologie, mais aussi en matière de création d’activités génératrices de richesses et ce pour inciter les jeunes à rester au niveau de cette localité.

Développement local et protection de l’environnement comme objectif

Il est utile de signaler que lors de la dite réunion, Mme Ouahiba Chelal, membre de l’Association ADLES a souligné que l’association joue, désormais, un rôle plus efficace que l’administration du fait qu’elle soit proche du citoyen, avant de revenir sur les objectifs de ce projet qui vise non seulement le développement local, mais aussi la protection de l’environnement.
Elle s’étalera, notamment, sur la nécessité de créer des micro entreprises qui prendront en charge le tri des déchets et leur valorisation, ainsi que d’autres projets dans le domaine de l’agriculture et de l’eco-tourisme.
L’association se chargera, selon elle, de l’accompagnement des jeunes qui seront financés par les différents dispositifs de création des micro-entreprises à savoir l’Ansej, l’Angem et la Cnac ; et ce en leur assurant un accompagnement individuel en plus de différentes formations.
Elle reviendra également sur le retard accusé dans l’avancement de ce projet qui a débuté au mois d’Août dernier en raison de la préparation des élections locales et de l’installation des nouveaux maires. Elle signalera que ce projet est complémentaire au concours du village le plus propre organisé par l’Apw, avant d’inviter ces mêmes villages qui prendront part au projet du développement durable et s’inscrire au concours du village le plus propre.
D’autre part, l’oratrice signalera qu’en plus des formations et de l’accompagnement spécifique qu’offre son association, le matériel nécessaire à cette opération sera procuré aux participants à l’exemple des bacs de compostages, bacs à ordures et autres en plus des différents prix qui seront octroyés aux lauréats. Signalons aussi que l’association ADLES vise à promouvoir la culture de l’entrepreneuriat au lieu de l’assistanat et compte offrir son expérience en la matière pour une réelle prise en charge personnelle des acteurs locaux après l’achèvement de ce programme qui prendra fin le 19 janvier prochain.

L’eco-gestion, un projet prometteur

Ath Yenni est une région de haute montagne située au cœur même du parc national du Djurdjura, avec une multitude de villages surplombant chaque colline. La méthodologie choisie pour ce projet se base sur la mobilisation citoyenne qui caractérise la région autour du patrimoine culturel d’une part et socio-économique d’autre part. Cette dynamique reste toutefois insuffisamment productive sur le plan social faute de formation et d’information sur les thématiques liées au développement durable du territoire. Des villages dont le tissu associatif et une organisation sociale autour de comités de village ou de «Tajemaât» organisation traditionnelle ancestrale, peinent à améliorer le cadre de vie des citoyens. Il s’agira, donc, de combler la faiblesse de cette société civile bouillonnante et bénévole, mais manquant parfois de cadre de réflexion sur la base d’un diagnostic participatif objectif. Ce projet passe d’abord par la sensibilisation, le diagnostic de la situation ensuite pour faciliter les choix stratégiques et enfin la formation pour se doter d’outils d’actions concrètes.
Ce projet ambitionne, en effet, de démontrer que la protection de l’environnement n’est pas une simple question de préservation des ressources naturelles ou du cadre de vie, mais comportant également des enjeux économiques majeurs dans une conjoncture économique où le développement local devient une affaire des acteurs locaux. Des actions qu’on peut qualifier de didactiques seront menées pour montrer que des initiatives locales modestes peuvent influer sur le mode de développement local en zone de montagne dont les potentialités sont immenses mais peu exploitées, voire ignorées. Ainsi la méthodologie du projet se base sur une idée innovante? «l’Eco-village» en continuité de la dynamique créée par l’APW de Tizi Ouzou autour du concours du «village le plus propre», soutenue dans sa dernière édition de 2016 par Monsieur le Ministre des Ressources en Eau et de l’Environnement. Cette louable action devrait toutefois s’orienter vers le développement d’activités génératrices de revenus notamment pour les populations démunies, une identification des acteurs majeurs des territoires, une information/sensibilisation autour des questions environnementales en lien avec le développement durable spécifique aux zones de montagne.Ainsi des formations pour vulgariser les techniques de tri sélectif des déchets recyclables, le compostage individuel des déchets organiques ménagers et autres sous-produits de l’élevage, de l’oléiculture pour des besoins de l’agriculture vivrière, l’économie de l’eau (utilisation rationnelle, valorisation des eaux de pluie…) seront prodiguées aux participants.Les débats peuvent déboucher également sur l’économie d’énergie, les métiers liés à l’entretien des forêts, la valorisation des ressources biologiques telles les plantes médicinales ou fruits sauvages tels la figue de barbarie, la réflexion sur l’abandon des terres et les perspectives quant à leur mise en valeur, les alternatives à l’assainissement sauvage polluant les oueds, le phénomène de migration du singe magot des montagnes vers les villages des piémonts etc.
Ces formations/actions permettront de passer du constat à la réflexion et ensuite à l’action.

Les bases d’un projet plus que séduisant

Il est utile de signaler que ce projet associatif concerne le domaine de l’économie circulaire en zone de montagne. Grâce à une approche du développement basé sur l’émergence de villages écologiques et solidaire où la promotion de métiers verts, de la consommation rationnelle des ressources naturelles et la valorisation des valeurs d’entraide et de solidarité qui permettront d’espérer la reconstruction d’un lieu de vie durable comme l’une des alternatives à l’exode et à l’abandon du terroir.Le principal objectif de ce projet est de faire émerger des «éco-villages» comme lieux de vie alternative et durable. Cela à côté de l’instauration d’une démarche rationnelle et solidaire de gestion des ressources qui sera adoptée dans des villages de haute montagne par une nouvelle éthique comportementale. Les villages pilotes engagés dans la nouvelle dynamique d’éco-village sont sensés adopter une charte de l’environnement et de développement durable qu’ils traceront eux-mêmes. Alors qu’au moins sept micro-entreprises dans le domaine des métiers verts seront créées. Un séminaire de clôture est organisé sur la thématique de développement durable en zone de montagne du Djurdjura.Par ailleurs, il est utile de signaler que plusieurs activités seront organisées au cours de la durée de ce projet dont quatre rencontres d’information et sensibilisation sur les principes de l’éco-village et le développement local durable et sur le compostage, le tri et l’économie de l’eau et de l’énergie, seront organisées au niveau de la Daïra et de chaque commune. Ces rencontres d’une journée qui seront tenues au siège de chaque commune permettront de présenter le projet d’une part et d’expliquer ses objectifs et les actions qui seront menées pour la mise en œuvre d’une démarche de gestion éco-citoyenne. Ainsi, une rencontre sera organisée autour de la charte éco-village au profit des participants intéressés par les formations, au cours de laquelle des explications leurs seront fournies sur le principe de l’éco-village.

B. B.

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