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Le difficile retour des musulmans en Birmanie

Empeché par le gouvernement

Un an après la terrible répression militaire birmane contre la minorité musulmane des Rohingyas, dans l’État de Rakhine, 700.000 d’entre eux ont dû fuir au Bangladesh.

Leur retour est empêché par l’hostilité politique pronée par l’armée birmane. La repression lancée en août 2017 contre les musulmans de Birmanie, savamment préparée de longue date, selon les organisations humanitaires, a jeté près de 700.000 Rohingyas sur les routes de l’exil, vers le Bangladesh voisin. Aujourd’hui, en Birmanie, les villages de l’État de Rakhine sont désertés, brûlés et en ruine. Tout le territoire est quadrillé par des milliers de soldats, qui en interdisent l’accès aux ONG et aux journalistes. 100.000 personnes vivent dans des camps-prisons, où elles sont interrogées régulièrement, explique en détail Nay San Lwin, d’autres sont consignées dans des villages des zones rurales. Le Rakhine est devenu une vaste prison à ciel ouvert, dit une ONG. Paradoxe de cette situation : pour en échapper, la seule solution est de fuir. «Les musulmans ont ouvertement le droit de fuir…». La police et l’armée encouragent presque ces départs, car la stratégie du gouvernement birman est de vider le Rakhine de toute sa population musulmane. C’est bien cette terrible réalité qui inquiète une organisation, basée à Londres : «Les musulmans continuent de fuir, le génocide se poursuit sur place, et les espoirs pour le million de réfugiés au Bangladesh de rentrer un jour chez eux diminuent». Les ONG sur place font le maximum, mais elles manquent de financement. Le Bangladesh essaie de faire ce qu’il peut avec un million de réfugiés, concède encore Nay San Lwin, mais c’est un des pays les plus pauvres du monde, dit un témoin cité par les médias. En août 2018, les enquêteurs de l’ONU ont accusé l’armée birmane de crimes contre l’humanité. Plusieurs pays ont soutenu l’idée de poursuites judiciaires internationales contre les responsables militaires birmans. Selon les enquêteurs de l’ONU, les principaux généraux de Birmanie, y compris le chef de l’armée, Min Aung Hlaing, devraient faire l’objet de poursuites internationales pour crimes contre l’huymanité contre les musulmans, dont 700.000 ont fui au Bangladesh, après une offensive de l’armée birmane en août 2017. Le gouvernement birman dit ne pas être en accord avec les enquêtes de l’ONU, et refuse toute résolution de l’ONU qui dénoncerait l’armée pour les crimes contre l’humanité commis contre les musulmans.

Mounir Abi

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