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Le médicament algérien boudé par les pays arabes: Les producteurs locaux dénoncent des obstacles

Un grand nombre de médicaments algériens sont interdits de commercialisation au niveau de nombreux pays arabes, alors qu’eux-mêmes commercialisent normalement leurs produits en Algérie.

L’ambition d’exporter des produits pharmaceutiques produits localement vers 25 des pays africains et arabes s’est heurtée à un refus de commercialisation, notamment dans de nombreux pays arabes. Pour cause : la non-conformité des médicaments algériens aux standards mondiaux de production pharmaceutique, ce qui a soulevé l’ire des producteurs algériens dans ce domaine, refusant les prétextes avancés par ces pays. C’est le cas notamment de Biopharm, l’un des plus grands opérateurs pharmaceutiques privés en Algérie, qui fait état de nombreux obstacles pour avoir l’autorisation de mise sur le marché dans des pays arabes. «Les médicaments algériens sont malheureusement boudés par des pays arabes», a attesté le directeur général de Biopharm, Abdelouahed Kerrar, interrogé en marge du Salon Maghreb Pharma Expo, qui se tient à Alger. Déplorant les prétextes avancés par ces pays pour interdire la vente des médicaments algériens, Kerrar s’est montré rassurant quant à leur qualité. «Ce n’est pas normal. Ils refusent la vente de nos produits pharmaceutiques, alors que nos marchés sont ouverts à leurs productions», s’est-il étonné. «Le prétexte que nos produits locaux ne rentrent pas dans leurs normes de production ne tient pas la route», a-t-il souligné, avant d’affirmer que «la contrefaçon de médicaments est inexistante en Algérie». Estimant nécessaire et utile pour l’économie nationale d’implanter le produit algérien à l’étranger afin de faire baisser la facture d’importation de médicaments qui dépasse annuellement les 80 milliards, A.Kerrar a suggéré entre autres à la diplomatie algérienne de peser de tout son poids au profit de ce secteur. «Le problème ne réside pas dans nos produits, mais dans les réseaux de commercialisation. C’est le principal obstacle auquel nous nous heurtons», a-t-il souligné. En conclusion, il affirme qu’il est anormal que «l’Algérie offre toutes les facilitations administratives à ces pays afin d’enregistrer leurs médicaments pour les vendre chez nous, alors qu’en face, elle subit une interdiction de commercialisation de nos produits pharmaceutiques chez eux en subissant des obstacles bureaucratiques».
La production pharmaceutique devait être un levier de croissance pour la diversification de notre économie, fortement secouée depuis la chute des prix des hydrocarbures dans les marché mondiaux, et ce, depuis 2014. Elle n’arrive pas à se frayer un chemin à l’international, à l’exception de quelques pays africains. Une nouvelle fois, la production locale algérienne est boudée par l’étranger, alors que nos marchés sont grands ouverts pour leurs produits. Un constat amer qui doit interpeller les autorités pour actionner le principe de la réciprocité et lever cet embargo sur nos médicaments dans ces pays. Il est utile de noter que depuis quelques années, les ministères de la Santé et des Affaires étrangères s’attellent à l’adoption d’un principe d’importation et d’exportation mutuel de médicaments entre les deux pays, à l’exemple de pays comme la Tunisie, l’Arabie saoudite et Cuba.

Fella Hamici

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