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Le monodrame «El Fehla» présenté à Alger.. Satire sociale sur la condition de la femme

«El Fehla», monodrame social sur la condition de la femme, soumise aux regards obliques de la société, a été présenté mercredi à Alger par la comédienne Nesrine Belhadj, à l’occasion de la Journée internationale du Théâtre, devant un public relativement nombreux. Accueilli durant près d’une heure au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA), le spectacle, mis en scène par Azzeddine Abbar sur un texte de Ali Nacer et une production du Théâtre Régional d’Oran (TRO), raconte l’histoire d’une mère de trois filles, Mimouna, qui n’a hérité de son mari disparu que d’une pension dérisoire et une caisse à outils de plombier, se retrouve contrainte de reprendre un métier «exclusivement masculin», ce qui lui vaudra d’être injustement décriée.
Les brimades de la rue et du voisinage, ne feront pas baisser les bras à Mimouna, qui continue d’exercer le métier que lui avait appris son mari, faisant valoir son droit à disposer de sa vie et défendant corps et âme son statut de femme. Faisant montre de toute l’étendue de son talent de comédienne, l’époustouflante, Nesrine Belhadj, alliant dans un rythme soutenu, la précision du geste et du mouvement, à la parole juste et percutante, a su porter la densité du texte, mettant à nu les travers de la société et la duplicité des gens.
La scénographie, œuvre de Halim Rahmouni, faite d’un long écran vertical et d’une tubulure coloriée, disposée en hauteur et en profondeur, avec une scénette surélevée servant de tribune, a contribué à la mise en situation du monodrame, offrant plusieurs possibilités de jeu à la comédienne. La bande son, signée Abdelkader Soufi, a également été d’un grand apport au spectacle, dessinant de belles atmosphères qui ont accompagné les humeurs de Mimouna et illustré quelques situations dans le jeu. Le monodrame «El Fehla», dont la générale a été présentée au TRO en octobre 2018, a donné du plaisir au public qui a savouré tous les moments du spectacle dans la délectation et donné du bon répondant à l’artiste avec des applaudissements répétés et des youyous nourris. Diplômée de l’Institut supérieur des métiers des arts du spectacle et de l’audio-visuel (Ismas) à Bordj El-Kiffan, Alger, où elle s’est formée de 2000 à 2004, Nesrine Belhadj, a été découverte par la regrettée Sonia (disparue en mai 2018), alors directrice du même institut, lors de la présentation, avait-elle déclaré dans une interview, de sa soutenance de fin d’études. Depuis, la comédienne a été distribuée par différents metteurs en scène, se distinguant notamment dans les spectacles, «Fatma» (2005/ Sonia), «Bidoun Aounwan» (2011/Mustapha Ayad), «Tayoucha» (2015/Nesrine Belhadj) et «Bahidja» (2017/Ziani Cherif Ayad). Auparavant et en présence du directeur général du TNA, Mohamed Yahiaoui, le comédien Abdelhamid Rabia a donné lecture au message de la Journée internationale du Théâtre, écrit pour l’année 2019 par le dramaturge et metteur en scène cubain, Carlos Celdran, avant d’assister à des hommages rendus aux comédiens, Saïd Hilmi, Linda Sellam et Brahim Chergui.
R. C.

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