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Le président du MSP justifie la débâcle du parti: «C’est à cause de la fraude !»

Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) est crédité d’un maigre résultat aux élections locales, avec une victoire au niveau seulement de 151 communes parmi les 1541 que compte le pays. Le président du parti, Abdelmadjid Menasra, en conférence de presse hier, a expliqué que son parti, contrairement aux affirmations de certains, a progressé par rapport aux élections de 2012.

Il a indiqué que le MSP a gagné la majorité au niveau de 51 communes et remporté 156 sièges au niveau des APW. Au total, le MSP compte 1385 élus locaux (entre APC et APW). Le parti est présent dans 373 APC et 23 APW. Toujours selon les chiffres avancés par le conférencier, le MSP a récolté 650 000 voix lors du scrutin. Mais pour le plus important parti islamiste qui se réclame être le plus grand parti de l’opposition, ce score est une véritable débâcle. M. Menasra a justifié ce résultat par la fraude électorale et la partialité de l’administration.
Selon lui, les PV de dépouillement ont été changés dans plusieurs communes, citant Bordj El Kiffan, Réghaïa, Maghnia, Sidi Amar… «Certains juges sont complices dans cette opération», a-t-il accusé. Mais la fraude a commencé, pour le président du MSP, bien avant le scrutin.
Il en veut pour preuve l’existence des irrégularités, les plaintes du président de la Commission nationale d’organisation des élections qui n’est autre que le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. «Le président de cette commission s’est plaint de la fraude en parlant de dépassements. Or, les dépassements, c’est la fraude», a-t-il dit. Le conférencier a accusé également des walis et des chefs de daïra de «chercher des promotions à des postes supérieurs sur le dos des partis de l’opposition en fraudant en faveur des partis du pouvoir».
Pourquoi alors le MSP a-t-il participé aux élections alors qu’il savait à l’avance que la fraude sera pratiquée ? «On participe aux élections malgré la fraude et on ne se retirera jamais. Les élections de ce 23 novembre ont prouvé que la solution électorale à la crise n’est pas possible.
Les élections ne peuvent pas changer le paysage et nous sortir de la crise», a affirmé le conférencier, tout en précisant que «le seul processus de changement qu’on prône réside dans les élections». «On ne perd pas espoir que le changement se fera à travers la démocratie et ne viendra pas par l’armée ou la rue», a-t-il lancé, en appelant l’armée à ne pas s’impliquer dans le jeu politique.
Pour M. Menasra, participer aux élections dans ce contexte marqué par la pratique de la fraude est mieux que de les boycotter. «Les partis qui optaient pour le boycott à chaque fois sont revenus à la participation. Mais notre participation n’est en aucun cas une caution à la fraude», a-t-il encore expliqué. Toujours en parlant de la fraude, Abdelmadjid Menasra a mis en garde contre la réaction des citoyens devant l’abus dans l’utilisation des moyens de l’Etat au service des partis du pouvoir. Evoquant le cas de Tindouf où des protestations ont eu lieu, l’orateur a critiqué le vote des militaires dans les communes où ils passent leur service national. «La participation de l’armée est une implication dans la politique au service de certains partis.
Que les militaires votent là où ils sont lors des présidentielles ne pose pas problème, car il y a un seul président à élire, peu importe le lieu où on vote.
Mais pour participer aux élections législatives ou locales, ils doivent voter par procuration dans leurs communes et non dans les communes de leurs casernes qu’ils quitteront au bout de 6 ou 12 mois. A Tindouf, le nombre des militaires est supérieur au nombre d’habitants», a-t-il argué.

Karim Aimeur

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