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Le Salon, un livre-évènement…

Le Salon du livre d’Alger, bien qu’international avec ses invités et ouvrages étrangers, reste typiquement algérien. Algérien, par l’étonnante facilité qu’ont nos écrivains, et de renom de surcroît, à tomber dans la calomnie. Nous ne les citerons pas, mais il n’est qu’à consulter certains sites d’infos en ligne pour en être édifiés.
De la calomnie ordinaire, non pas par plaisir ou «pour le fun» comme dirait l’autre, mais par esprit de vengeance, de règlement de comptes ou de jalousie inavouée. Désolant pour des hommes de lettres censés avoir une certaine hauteur. Or la calomnie, comme la diffamation, sont des choses graves. Quant à la jalousie inavouée, à chercher plutôt dans le désœuvrement, c’est tellement dégradant qu’il ne nous appartient naturellement pas de juger x ou y. Reste que cette transgression manifeste qu’il y a à calomnier des pairs d’une même corporation, est vile et méprisable. Certes, la légitime défense ne l’est pas, mais allez séparer grain et ivraie dans chacune des «vérités». Il y a bien vraiment bien autre chose à faire. Et si nos romanciers, essayistes ou poètes se bornaient à ne pas se nuire mutuellement, ce serait déjà beaucoup pour un Salon qui cherche à sortir d’une jungle commerciale. Les travées des stands d’exposition de livres sont plus fréquentables avec leurs portées culturelles et littéraires. Déjà, et sans qu’on ait à compliquer les choses avec des querelles d’ego, les livres demeurent inabordables par leurs prix. Ajouté à cela que l’Algérien lambda n’étant pas en odeur de sainteté avec la lecture, il faudra repasser pour le voir vouloir lire untel ou untel pour ses allergies personnelles.
Le nombre de visiteurs n’est pas fonction de ce prêchi-prêcha qui s’apparente à du radotage de bas étage. Ce nombre bat des records d’affluence, d’année en année, pour des livres, des écrivains ou les éditeurs qui en valent la peine. Tous en sortent gagnants, en général. Même les restaurants et les hôtels alentours y trouvent leur compte avec des amoureux du livre venus, souvent, en famille. Ils convergent ces jours-ci de toutes les régions du pays. D’Est en Ouest, du Nord au Sud, ils n’ont qu’une envie : découvrir et partager de nouvelles parutions, de nouveaux horizons culturels et littéraires. En fait, le SILA reste un évènement attrayant, un lieu de rencontre à nulle part ailleurs comparable. Et, au-delà de la dimension culturelle, il y a un aspect social indéniable à valoriser. On y rencontre des gens de différentes origines sociales, en général cultivés, venus satisfaire leur curiosité, sans a priori. Des intellectuels connus ou méconnus peuvent venir, lors de rencontres impromptues, élargir des connaissances dans divers domaines. On apprend, on regarde, on admire avec des yeux écarquillés des titres que l’on pensait inaccessibles en Algérie. Et rien que de les voir, faut voyager gratuitement… C’est aussi l’occasion de mettre une image sur un nom de confrère que l’on n’a pas forcément rencontré en dehors d’Alger. Ça était le cas le week-end dernier et, quel plaisir d’avoir échangé, histoire de corriger les impressions singulières qu’on peut avoir sur certains collègues de la profession. Bref, ce Salon est un livre-évènement ouvert où nombre de pages blanches restent à écrire avec une encre invisible ou sympathique. Une encre qui incitera à faire aimer la lecture dans ses dimensions plurielles. La dimension culturelle, bien sûr, mais aussi sociale dans ce qui rapproche de l’autre, pas l’inverse. Et nous ne citons personne…

M. N.

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