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Le SNPSP, le SNPSSP, le SNECHU et l’Ordre des médecins adoptent la cause des médecins résidents: La famille de la santé se solidarise

La répression du rassemblement des médecins résidents, mercredi à Alger, a été dénoncée par toute la famille de la santé en Algérie.

Tous les syndicats du secteur ont été unanimes à condamner «le recours à la matraque», «les graves dérapages» et «un dépassement de trop» dans le traitement par les pouvoirs public de ce dossier. L’heure est à la solidarité syndicale chez les différentes catégories de professionnels du secteur, même si dans le reste des circonstances, faut-il le mentionner, la coordination n’a pas tellement de place. Les images ayant vite fait le tour de la toile le 3 décembre dernier ont poussé les uns les autres à se lever et réclamer d’une seule voix justice pour les médecins résidents en grève depuis deux mois. Ainsi, le Syndicat des praticiens de santé publique (Snpsp), tout en exprimant son «inquiétude» devant ce qu’il qualifie de «graves dérapages» des forces de l’ordre dans la gestion de l’action pacifique des médecins résidents, dénonce «une violente répression» dont sont victimes des dizaines de confrères venus de plusieurs wilayas réclamant des solutions à des revendications «justes et légitimes». Le syndicat de Lyès Merabet regrette dans un communiqué que «les pouvoirs publics font dans l’entretien des conflits et de la répression violente de toute action de protestation au lieu de privilégier la voie du dialogue et de la négociation, qui reste et restera le seul et unique moyen de sortie de crise». Pour le Snpsp, «le sang qui a coulé (mercredi, Ndlr) et entaché les blouses blanches est celui de tous les médecins d’Algérie». «Une image honteuse de trop… Un dépassement intolérable et non justifié qui interpelle à la réflexion l’ensemble des représentations de la corporation médicale de carrière hospitalo-universitaire ou de santé publique que le Snpsp a invité à l’union et au rassemblement», écrit le syndicat. De leur côté, les enseignants chercheurs ont dénoncé un «acharnement» contre les médecins résidents, appelant à la solidarité. «Nous avons assisté à une nouvelle agression contre le personnel de la santé. Cette agression émane des forces de l’ordre qui se sont acharnées sur nos jeunes résidentes et résidents», fustige le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu).

Le DEMS boycotté

Outre la participation aux actions de protestation qui seront organisées ce mardi 9 janvier à travers l’ensemble des structures hospitalo-universitaires du pays, en observant un arrêt de travail avec l’assurance du service minimum, le Snechu est allé plus loi en décidant de boycotter le DEMS (Diplôme d’études médicales spécialisées) dont les épreuves débuteront demain. Ce boycott, précisent les professeurs «ne sera levé qu’après organisation des assemblées générales locales à travers le territoire national». Quant à l’Ordre des médecins, «la répression violente, brutale et inhumaine ne peut et ne doit être la réponse à une manifestation pacifique de revendications légitimes». Dans une déclaration rendue publique, le Conseil régional de l’ordre des médecins de Blida s’est dit «choqué par les images de têtes ensanglantées de résidents tabassés par la police». Dans ces circonstances dramatiques, le Conseil «interpelle le ministre de la Santé, de surcroît professeur en médecine, pour que ces revendications anciennes, récurrentes et légitimes autour du service civil et du service militaire trouvent leurs réponses dans le dialogue et la concertation».
Les médecins spécialistes, eux aussi, n’ont pas manqué d’exprimer leur solidarité, dénonçant «l’usage de tout moyen violent et disproportionné contre les universitaires». Le Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (Snpssp), estime que «toute grève et toute manifestation d’universitaires doivent être gérées de manière à respecter leur dignité humaine». Rappelant que la violence pratiquée sur les médecins résidents avait déjà été utilisée contre les spécialistes, le syndicat de Mohamed Yousfi, considère qu’«il y a mille et un moyens de contrer une protestation autre que l’utilisation disproportionnée et abusive de la force». Enfin, plusieurs professeurs chefs de service n’ont pas hésité à poster des messages de solidarité avec leurs «élèves résidents», allant jusqu’à les soutenir dans leur mouvement de grève en les libérant de leurs postes sans aucune sanction. Un élan de solidarité qui ne pourra que pousser les médecins résidents grévistes à aller de l’avant dans leur combat pour la satisfaction de leurs revendications dont la révision du service civil, l’égalité de traitement concernant le service national, l’amélioration de la qualité de la formation et des conditions de travail.

Le conseiller du ministre de la Santé aux médecins résidents «Les portes du dialogue sont toujours ouvertes» !

Devant la gravité de la situation après la répression du rassemblement des médecins résidents, mercredi dernier au CHU Mustapha-Pacha d’Alger, le ministère de la Santé tente de rassurer, affichant sa disposition à prendre langue encore avec les représentants des blouses blanches. Les portes du dialogue sont toujours ouvertes, explique Mokhtar Hasbellaoui, par la voix de son conseiller Slim Belkessam. «Les portes du ministère de la Santé demeurent toujours ouvertes pour les médecins-résidents pour un dialogue responsable et réaliste qui doit demeurer un moyen civilisé afin de traiter tous les problèmes», a indiqué jeudi M. Belkessam en marge d’une conférence de presse sur la grippe saisonnière. Tout en rejetant ce qu’il qualifie de «politique du prendre ou laisser», M. Belkessam, cité par l’APS, a relevé que «s’il y a des conditions rédhibitoires, cela devient une autre question». Pour lui, «lorsqu’on soumet une plateforme (de revendications), on entre dans un cycle de négociations jusqu’à ce que l’on trouve un terrain d’entente», dans une allusion à l’intransigeance des représentants du Collectif autonome des médecins résidents (Camra), qui n’entendent pas de la même oreille les réponses données jusqu’à maintenant par le ministre de tutelle. Sur ce, Slim Belkessam rappelle qu’il y a principalement quatre types de revendications sur lesquelles le professeur Mokhtar Hasbellaoui a exprimé sa position. D’abord la question des œuvres sociales. «Après expertise juridique, nous avons confirmé aux médecins-résidents leur droit légal aux œuvres sociales», a-t-il précisé. Pour ce qui est du service national, M. Belkessam a fait savoir que «cela ne relève pas des compétences du ministère de la Santé», sans pour autant préciser qu’il revient au ministère de la Défense nationale (MDN) d’en décider. La troisième revendication et néanmoins la plus importante concerne la demande d’aménagement du service civil et à ce titre, explique le même responsable, le ministère de la Santé a signifié son «accord». «Nous leur (médecins résidents, Ndlr) avons signifié que nous sommes d’accord et, à cet effet, la première décision annoncée aux représentants des médecins-résidents, c’est qu’il n’y aura pas d’affectation d’un nouveau médecin-spécialiste au titre du service civil dans un établissement hospitalier qui ne dispose pas de tous les moyens nécessaires à la pratique de sa spécialité», dira M. Belkessam, ajoutant que «le ministère refuse l’envoi d’un médecin-spécialiste au titre de service civil isolé en dehors d’un groupe ou dans une wilaya qui ne garantit pas le droit à un logement décent». Toujours sur cette question, le conseiller du ministre de la Santé a précisé qu’il y a «mise en place de mesures incitatives à caractère financier au profit des médecins-spécialistes qui effectuent le service civil dans les wilayas du Sud et des Hauts plateaux». Quant à la quatrième revendication relative au volet pédagogique, Slim Belkessam a indiqué qu’«une commission mixte a été mise en place avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et qu’elle a commencé à travailler». À ce propos d’ailleurs, selon la même source, «le ministre de la Santé s’est engagé à proposer à son collègue de l’Enseignement supérieur d’élargir cette commission aux représentants des médecins-résidents pour qu’ils puissent participer, suivre et constater par eux-mêmes le degré de prise en charge et d’avancement de cet aspect».

A. Moussi

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