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Le sport algérien.. Entre hier et aujourd’hui

Beaucoup imputent les raisons du marasme qui ronge aujourd’hui notre football depuis 1990 à ce jour à l’Etat.

Depuis le désengagement de l’état à prendre en charge le sport national, aucune autre politique n’a été dictée jusque-là. Le processus de la réforme sportive est enclenché, l’état venait de décider de la prise en charge financière et organisationnelle de ce secteur. Cette réforme orchestrée par l’ancien ministre de la jeunesse et des sports, Djamel Houhou, suite au remaniement ministériel opéré par le président feu Boumediene, le jeune Djamel Houhou, diplomate, remplacé l’inamovible et feu Abdellah Fadhel (de 1965 à 1977) à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports, tout venait d’être remis en question.
Le bouleversement
Le sport algérien allait connaître donc un bouleversement avec une réforme étudiée en profondeur. Cette décision venait à point nommé pour chambouler complètement des structures en perte de vitesse, des pratiques à bout de souffle atteintes partiellement par la déperdition des athlètes ne pouvant plus être pris en charge ou par des calculs de clubs étriqués. Les associations auront une nature statutaire. Elles seront scindées en deux parties, l’Association sportive communale dite de type amateur (ASC) et l’Association sportive de performance (ASP) qui intéressera les clubs de l’élite. Au milieu des années 1970, le sport en Algérie battait largement de l’aile et les résultats internationaux de différentes sélections étaient très aléatoires, souvent médiocres. Les clubs, toutes disciplines confondues, étaient défaillants, et les moyens manquaient largement. L’Etat, pour sa part, venait de se désengager une seconde fois pour laisser place au bricolage, une vision qui a laissé perplexes les acteurs du mouvement sportif. Beaucoup imputent les raisons du marasme qui ronge aujourd’hui notre football de 1990 à ce jour à l’Etat. Ce dernier a délaissé les associations et ne s’est pas imposé comme régulateur ou faiseur de politiques et de stratégies payantes, comme ce fut le cas avec la réforme sportive de 1977, laquelle a donné des résultats probants. D’ex-judokas internationaux diront en substance : «Aucune autre politique n’est venue remplacer celle de la réforme, qui avait donné les meilleurs résultats à l’Algérie». Toute l’organisation du sport en Algérie était interpellée sans que l’autorité politique ne trouve le moyen de pallier l’obsolescence qui frappait la plupart des disciplines. D’autres anciens internationaux en football répliquaient : «Au lendemain du désengagement de l’Etat, nos équipes nationales étaient mal équipées et mal préparées ; elles ne parvenaient pas à atteindre le niveau international et étaient souvent éliminées prématurément des grandes compétitions. Malgré cela, nous avons réussi à dominer nos adversaires lors des Jeux Méditerranéens de 1975 et Jeux Africains d’Alger de 1978. En somme, la réforme est venue remettre de l’ordre». Malgré la vigueur d’une jeunesse talentueuse qui a eu à le démontrer deux années auparavant et lors des Jeux méditerranéens d’Alger 1975, la pratique sportive dite de masse, et donc tout à fait amateur et si chère au modèle socialiste, déclinait, à telle enseigne qu’elle n’avait plus aucun attrait dans la vie quotidienne des Algériens. L’ancien ministre de la jeunesse et des sports, Aziz Derouaz, avait de son côté recommandé une modification des statuts, une manière de le réformer pour lui donner une force exécutive.
Le sport communal, militaire et scolaire
Ces manifestations avaient été programmées par des dirigeants algériens avec des athlètes passés par les camps El Amel, la commune éducative, l’EMEPS où furent formés de véritables combattants. Il y eut aussi le regroupement permanent des athlètes d’élite. C’était aussi du temps où notre pays avait le premier centre de médecine du sport en Afrique, aussi, le temps où nous avions des centres de regroupement des équipes nationales à l’image du Creps de Aïn Turk, celui de Constantine, de Chlef, les Groupes laïques, le Cneps et surtout Seraïdi qui était jusque récemment livré aux moutons et aux bovins. «Aujourd’hui, nous sommes incapables d’aligner une équipe nationale de football performante avec des joueurs du cru, (95% formés dans les centres de formation français). Il faut leur être reconnaissants. Nous n’arrivons pas encore à avoir une pelouse en bon état».
Les anciens responsables du sport, au lieu de songer mettre en place une politique fiable à même de mener la performance sportive à bon port, se sont occupés à combattre des personnes venues apporter leur contribution à un mouvement sportif à la recherche de ses marques. «Le problème serait de garantir quelque chose de constructif et durable comme semble le faire si bien le nouveau ministre de la jeunesse et des sports Raouf Bernaoui. C’est ce dont a le plus besoin le sportif algérien, en relevant aussi des défis et non de changer des personnes à la place d’autres», dira un ancien handballeur de l’équipe nationale, Djeffal Hacène.
Ahmed Chébaraka

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