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«Le Temps de Mourir», premier roman de Saïd Oussad: Plongée dans la décennie noire

Le premier roman de notre confrère Saïd Oussad, journaliste correspondant du quotidien Liberté à Oran, intitulé «Le temps de mourir», nous plonge dans le climat de terreur qui caractérisait la décennie noir.

«Dans une Algérie secouée par la guerre civile, un journaliste mi-naïf, mi-désabusé, cherche à donner un sens à son métier. A sa vie. Il part avec Kader, un photographe de presse, à la recherche d’un chef terroriste pour l’interviewer. Sur son chemin, son instinct investigateur reste intact. Mais plus il se croit proche de son objectif, plus la sémantique de la vie se confond dans sa tête. Sous le ciel d’Allah, la mort se banalise et la vie glisse entre les doigts d’un présent de plus e plus désespéré. Il s’interroge et réalise alors que, dans le harem de la guerre civile dont il pense détenir quelques mystères, bien d’autres guerres, aussi absurdes et féroces les unes que les autres, se mènent. C’est le temps de mourir», lit-on sur la quatrième de couverture du roman édité dans la maison d’édition Frantz-Fanon.
Contacté par un chef terroriste pour lui accorder une interview dans le maquis, l’auteur n’a pas trop hésité pour y aller. Il a pris le chemin parsemé de mort et de danger avec son compagnon photographe Kader, lequel il a caché le but de leur mission. L’écrivain dresse, dans son roman, un tableau noir de la situation vécue par la corporation des journalistes durant cette période sanguinaire.
Le style de narration est clair et fluide. Un style où on reconnaît la touche du journaliste. L’auteur a agrémenté son récit de touches humoristiques et dialogue décapants. Saïd Oussad trouve de la place à l’humour même dans les situations les plus dramatiques. Cela donne comme une image lointaine de cette période charnière.
Dans «Le Temps de Mourir», Saïd Oussad a intégré des coupures d’articles de presse qui parlaient de massacres à cette époque-là, «prendre un peu de distance et de montrer ce que disait la presse. Ce n’est pas un travail d’historien ! Je ne suis pas dans la peau du journaliste, mais dans celle d’un romancier», dit-il lors d’une rencontre organisé il y a quelques jours au siège de l’agence «Interface Média» à Alger. Lors de la même rencontre, l’auteur avoue «Ce roman est une catharsis. J’ai vécu beaucoup de choses que j’ai refoulées durant la décennie noire. C’est un trauma refoulé qui a été pris en charge par le romancier… C’est le journaliste qui refoule et le romancier qui vomit», dit-t-il encore. L’auteur, Saïd Oussad qui a offert ce joli premier roman à ses lecteurs est né dans la coquette ville d’Aïn Témouchent. Il travaille actuellement comme chef de bureau du quotidien national Liberté. A noter que ce roman est publié au France, aux éditions ‘l’Harmattan’ en 2014 sous le titre : «Les chemins inutiles».

Arezki Ibersiene

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