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Le tourisme, ce gagne-pain tunisien…

Nos voisins tunisiens sont en plein boom promotionnel. Les fêtes de fin d’année devraient booster leur gagne-pain quotidien. Aussi, le tourisme rallume-t-il ses lampions. Les en blâmer serait, purement et simplement, un non-sens, une hérésie quand, chez nous, ce secteur est souvent réduit à peau de chagrin. Ainsi, jusqu’au 30 novembre dernier, 7,5 millions de touristes se seraient rendus en Tunisie. C’est une hausse de 17% par rapport à l’an dernier. Fini, la période des vaches maigres due au terrorisme et aux remue-ménage du prétendu «printemps arabe», l’heure est à la 51e édition du Festival international du Sahara, dans le sud-ouest tunisien. Rencontres intellectuelles, mariages traditionnels, combat de dromadaires et expositions artisanales sont au programme de ce festival où une dizaine de pays sont représentés. Pour l’occasion et, pas besoin de l’accent chantonnant pour le dire, les responsables du tourisme espèrent atteindre les 10 millions de touristes en 2020. Et l’appel du pied va aux Algériens, qui «ont été 2,304 millions de visiteurs jusqu’au 30 novembre, et devront atteindre les 2,5 millions durant les vacances de fin d’année». L’ONTT, Office national tunisien du tourisme, table même sur la visite de 4 millions de touristes algériens vers 2020, avec notamment les facilités au niveau des postes frontaliers et l’intensification des lignes aériennes entre nos deux pays. Pour cette année, nous serions talonnés par les Français, Belges, Russes, Tchèques et Espagnols. Si ça peut les rassurer, on a comme le pressentiment que rien ne changera côté algérien, surtout en période estivale. Et nul besoin de se voiler la face derrière un tamis, ils font mieux que nous en matière de tourisme ! Sans la même potentialité maritime en plages côtières, sans l’immensité de notre Sahara, sans ressemblance avec notre infrastructure routière ou ferroviaire, sans des sites naturels comme les nôtres, ils attirent, bon an mal an, plus de touristes que nous. Et ils savent y faire au-delà de la promotion événementielle. Ils savent y faire tout au long de l’année, pas qu’en été ou en hiver. Alors nous, la faute à pas de chance ? Les touristes viennent pour se détendre, voir des paysages, des musées et du patrimoine. Cette chance-là, nous l’avons d’Est en Ouest et du Nord au Sud. Ce qui manque, par contre, c’est une véritable mentalité d’accueil touristique. Des cerbères, à la gueule patibulaire, à l’entrée des parkings, restaurants, hôtels et autres endroits dits «de partage et de convivialité» ne sont pas pour rassurer l’étranger en quête de repos, de sérénité. Des personnels nourris au «nif» et à la «roudjla» ne s’abaisseront pas à servir, à se plier en quatre pour ce touriste, jugé trop exigeant. Ici, pas de chance d’entendre le «sidi» commercial tunisien. Bref, les travers qui entravent un tourisme, générateur de profits et d’emplois, seraient trop longs à énumérer. Aussi, en attendant une révolution dans nos mentalités, saluons au moins le savoir-faire touristique de nos voisins. Pour le reste, gavons-nous de la fierté de contribuer, positivement, à leur économie. On en a les moyens, apparemment. Le prix du pétrole, qui peine à remonter, ne nous fait pas peur. On a bâti sur du «solide», notre «nif» proverbial et ancestral, pour narguer les récifs d’un déficit commercial trop important. Et le tourisme, dans tout ça ? On y pense, et c’est toujours ça de pris…

M. N.

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