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Leila Hamoutène: «La femme est présente dans mes écrits»

Lorsque l’on connaît Leila Hamoutène, on sent la rigueur de l’enseignante et l’esprit cartésien de l’écrivaine. Considérant sa profession plus qu’un sacerdoce, elle a opté à pour l’écriture afin de sensibiliser la société sur la condition de la femme. A la retraite, cette dame d’une grande pondération et d’une profondeur d’analyse a donné libre cours à son imagination en évoquant diverses thématiques inhérentes aux problèmes sociaux. Sa trajectoire littéraire est riche et prolifique. En témoigne ses écrits empreints d’amour qui focalisent sur la femme et sur sa société qui se délite et qu’elle réprouve vivement. Dans ses nombreux ouvrages dont deux recueils de nouvelles dont «Abîmes», «le sablier» et les romans, notamment «Le châle de Zineb», et «Sami et la planète bleue», sa sensibilité à fleur de peau est fortement ressentie dans ses narrations. Ayant obtenu le prix de «l’escale littéraire», elle est une signature sûre et prometteuse dans le paysage littéraire. Leila prône l’amour, comme panacée à tous les problèmes. Dans cet entretien succinct, elle évoque l’ensemble de son œuvre qui à son image exprime et reflète son authenticité.

Le Temps d’Algérie : Vos prémices littéraires se sont déclinés par deux recueils de nouvelles «Abimes» et «le sablier» Pourquoi ?
Leila Hamoutène : Une frénésie d’écrire réprimée pendant longtemps c’est sûr…. J’enseignais à l’époque et il m’arrivait de croiser des enfants mal aimés, blessés par la vie qu’ils menaient, mais aussi des femmes que l’on mariait contre leur gré, qui souffraient de la brutalité ou du désamour.
Le code de la famille avait entraîné une régression au niveau des droits des femmes cela amplifiait les injustices à leur égard, nous le constations tous les jours. L’écroulement du bloc communiste et la chute du mur de Berlin avaient entraîné un bouleversement de l’équilibre mondial et retenti jusque chez nous, j’avais besoin de dire les dangers qui nous guettaient en tant que peuple, je vivais les prémices de ce qui allait être une déflagration et je souhaitais le crier. «Otages» une des nouvelles de «Abimes» a d’ailleurs été publié dans un des derniers numéros d’Alger Républicain…

L’écriture d’un roman est- elle plus aisée que la nouvelle?
Question difficile, ma réponse sera nuancée. En effet, il m’est arrivé de passer des mois sur une nouvelle, celle qui porte ce titre: Le faiseur d’images a été modifié plus de trois ou quatre fois, il me semblait que le personnage féminin évoluait à mesure que j’avançais dans l’écriture, à côté de cela, j’ai vu (je dis bien vu) Zeineb telle qu’elle a été dans le roman du début à la fin…

«Le châle de Zineb» est une œuvre qui évoque la femme, pourquoi cette thématique est-elle si présente dans cet ouvrage ?
Je pense que cette thématique est présente dans tous mes écrits, elle se trouve plus exacerbée dans «Le châle de Zeineb» parce que le roman nous permet de parcourir une longue période historique et illustre certes l’implication des femmes dans les événements qui ont secoué notre pays, mais c’est surtout une histoire de femmes, l’histoire de leur ressenti chacune selon sa personnalité, mais avec des constantes: l’amour tout court et l’amour du pays et ce à travers le temps.
Votre consécration du prix de «l’Escale Littéraire» pour le roman «le châle de Zineb» vous a-t-elle donné plus de visibilité?
Pas vraiment. Le roman devait être présenté au Maghreb du livre mais j’ai perdu mon compagnon pendant cette période et je n’avais pas envie de voyager ni de voir du monde.

Quels sont vos projets littéraires?
La suite de «Sami et la planète bleue» déjà entamée et l’histoire d’un couple, l’histoire de la trahison d’un homme vue par un homme, je suis sur ce sujet, rien de précis pour l’instant, mais des écrits et beaucoup de recherches éparses, de questionnements.

K. A.

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