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Les armes arrivent toujours en Libye

En dépit du renouvellement pour un an de l’embargo sur les armes par le conseil de sécurité de l’ONU, les livraisons se poursuivent au profit des milices de Tripoli et des troupes du général Haftar. Sur le papier, les États sont d’accord. Dans une belle unanimité, les quinze membres permanents et non permanents du conseil de sécurité de l’ONU ont adopté le 10 juin une résolution pour prolonger d’un an l’embargo sur les livraisons d’armes à la Libye et autoriser les États à «inspecter en haute mer, les navires à destination ou en provenance de la Libye, s’ils ont des motifs raisonnables de penser que ces navires transportent des armes ou du matériel connexe».
Cela n’a pas empêché les ambassadeurs de la Belgique, de l’Afrique du Sud et de l’Allemagne de s’inquiéter des violations flagrantes de cet embargo. La Tunisie, l’Algérie et l’Égypte ont également dénoncé dans une déclaration commune le 13 juin «les flux continus des armes en Libye de la part des parties régionales et autres». Des armes et véhicules sont livrés par voie maritime et aérienne pour nourrir le conflit ravivé par l’offensive lancée le 4 avril sur la capitale, Tripoli, par le maréchal Khalifa Haftar, qualifié d’homme fort de la Cyrénaïque, la grande région de l’Est. C’est l’opération militaire de l’ Europe en Méditerranée, qui est chargée du contrôle effectif de l’embargo. Or ses moyens maritimes ont été suspendus fin mars en raison du refus de l’Italie. L’ambassadrice de France à l’ONU, Anne Gueguen a eu beau faire valoir le rôle dissuasif de Sophia, la mobilisation de moyens aériens et le recentrage de son action sur la formation des garde-côtes libyens, plus un navire ne patrouille en mer.
L’embargo n’est pas respecté
Depuis le déclenchement des hostilités, le conflit n’a ainsi cessé de gagner en intensité. Il a en onze semaines fait plus de 650 morts, 3 500 blessés. Le conflit s’enlise, les combats sont quotidiens sans que la ligne de front ne bouge. «Mais son caractère apparemment figé est trompeur», souligne le chercheur. Selon lui chacun des deux camps a des soutiens peu fiables qui peuvent tôt ou tard faire défection et changer le rapport de force. Au niveau international, les États de plus en plus nombreux, dont la France, à avoir misé sur le maréchal Haftar déchantent. Celui qui avait réussi à faire miroiter à ses interlocuteurs sa capacité à prendre le contrôle du pays et à lutter contre le terrorisme a jusqu’ici échoué dans ses ambitions militaires et perdu du crédit. S’il était acculé à reculer, il mettrait à nu une situation à nouveau très problématique à l’Ouest. Son retrait raviverait les tensions entre Tripoli et la ville voisine de Misrata. Comme le souligne Jalel Harchaoui, «il avait fallu trois ans à Tripoli pour sortir de l’emprise des brigades de Misrata. À cause de l’offensive Haftar, en quelques jours celles-ci sont revenues en renfort dans la capitale».

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