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Les Palestiniens continuent à être réprimés: Le mutisme de la Ligue arabe

Les contestataires palestiniens ont de nouveau participé à la grande marche du retour, hier, malgré la répression exercée par l’armée d’Israël.

Des dizaines de Palestiniens ont été blessés par les soldats israéliens à Ghaza lors d’un sixième vendredi consécutif de mobilisation qui a réuni des milliers de manifestants près de la frontière. Les blessés ont été atteints par des balles israéliennes tirées de l’autre côté de la barrière frontalière, ou ont inhalé des gaz lacrymogènes. Dans une épaisse fumée dégagée par des feux de pneus, des milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées à l’est de la ville de Ghaza, le long de la frontière entre l’enclave palestinienne et Israël, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Comme les vendredis précédents, des manifestations se sont également produites dans l’enclave en d’autres points de la frontière. Les Palestiniens de Ghaza, territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, se rassemblent depuis le 30 mars par milliers près de la frontière, surtout le vendredi, pour revendiquer le droit des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël en 1948. Le mouvement, appelé «la Grande marche du retour», vise aussi à dénoncer le blocus israélien imposé à l’enclave palestinienne, que dirige le mouvement islamiste Hamas auquel Israël a livré trois guerres depuis 2008. La plupart des manifestants se tiennent à relative distance de la barrière frontalière lourdement gardée par les soldats israéliens. D’autres défient le danger en s’approchant pour lancer des pierres et des engins incendiaires vers les soldats ou tenter de forcer le passage. Depuis le 30 mars, 49 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. Des centaines d’autres ont été blessés. Aucun israélien n’a été blessé.
L’armée israélienne est en butte aux critiques dénonçant un usage excessif de la force. L’ONU et l’Europe ont réclamé des enquêtes indépendantes. L’armée israélienne, pour qui les manifestants sont instrumentalisés par le Hamas, dit que ses soldats ne tirent à balles réelles qu’en dernier recours, quand les moyens non létaux ont été épuisés, pour parer le danger pour les soldats et les civils israéliens riverains de l’enclave. Les Palestiniens sont en colère pour la reconnaissance par le président américain d’Al Qods occupée comme capitale d’Israël. La Ligue arabe n’a pas initié des mesures contre la décision. L’Organisation de la conférence islamique a dénoncé la décision du président américain mais n’a rien initié pour annuler la reconnaissance par le président américain d’Al Qods occupée comme capitale d’Israël. Nombre de pays, dont l’Arabie saoudite, ont relancé la coopération avec Washington après la reconnaissance par le président américain d’Al Qods occupée comme capitale d’Israël. C’est alors que des contrats de milliards de dollars d’armes ont été conclus par l’Arabie saoudite et Washington. Le royaume des pétrodollars coopère avec Israël contre l’Iran. Les Palestiniens sont abandonnés par l’Arabie saoudite et nombre de pays arabes. Peu de pays arabes continuent à dénoncer le comportement de l’armée d’Israël envers les Palestiniens. Nombre d’israéliens militants de la paix, dénoncent la politique du Premier ministre Netanyahu envers les Palestiniens. Le Maroc, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes, eux, abandonnent les Palestiniens.

Ces Israéliens pro-palestiniens

Russia Today a rencontré des Israéliens qui militent pour les droits des Palestiniens. Tous parlent d’une volonté politique israélienne de rendre la vie des Palestiniens la plus dure possible. Miriam Marmur est membre de Gisha, une ONG israélienne luttant pour les droits des Palestiniens à la libre circulation. Selon cette militante, la dernière décennie a été déterminante dans l’accroissement des tensions actuelles le long de la frontière avec Ghaza. Suite à l’arrivée au pouvoir du Hamas en 2007 et la fermeture par Israël des accès terrestre, maritime et aérien de l’enclave palestinienne, «les habitants de Ghaza ont vécu des restrictions excessivement sévères et croissantes», explique l’activiste israélienne. Les conditions de vie qui en résultent sont «vraiment insupportables» raconte Miriam Marmur pour qui «la vague actuelle de protestations ne peut être comprise détachée de ce contexte». C’est une situation «qui ne peut être résolue par des mesures militaires», affirme cette militante. Selon Miriam Marmur, de nombreux Israéliens ont une idée erronée de la situation à Gaza. Ils pensent qu’Israël s’est désengagé de l’enclave en 2005. Ce «désengagement» fait référence au retrait unilatéral de tout le personnel et des installations militaires israéliens, ainsi que de quelque 9 000 colons de la bande de Gaza. Pour la militante israélienne, «ce genre d’illusion de la fin du contrôle est certainement quelque chose qui se répercute sur la compréhension qu’ont les gens de ce qui se passe maintenant».
L’ONG Gisha considère que la détérioration massive des conditions de vie à Gaza est «la conséquence calculée d’une politique délibérée d’Israël». L’avocat israélien des droits de l’homme Nery Ramati, qui a passé une décennie à représenter les Palestiniens dans les tribunaux militaires contre l’Etat d’Israël affirme que le système juridique israélien est conçu pour persécuter les Palestiniens. Il raconte que son point de vue sur le conflit a changé radicalement au fil des années : «Je me souviens qu’au début, lorsque je me rendais dans les territoires occupés, j’étais encore très entraîné mentalement à craindre les Palestiniens. Maintenant j’ai peur, mais pas des Palestiniens. J’ai peur à cause des soldats [israéliens] et de la police.» Concernant son travail d’avocat, Nery Ramati assure que la plupart des affaires impliquant des accusés palestiniens se terminent par un arrangement dans le cadre d’une transaction pénale : «Comme la plupart d’entre eux sont mis automatiquement en détention provisoire, demander leur acquittement devant les tribunaux prendrait beaucoup plus de temps». L’avocat est donc contraint de négocier un arrangement avec le tribunal. Les effets des arrestations sur les jeunes Palestiniens peuvent être dévastateurs tant au niveau individuel que communautaire. «Beaucoup de mes clients, peut-être 50%, abandonnent l’école après la prison, explique Nery Ramati. L’expérience d’être arrêté est très violente. Pour les plus sensibles d’entre eux, c’est très traumatisant. Ils ont peur du bruit d’un coup frappé à la porte. S’ils voient un soldat, ils l’éviteront. Il y a aussi un coût financier énorme pour la famille, explique-t-il, car il y a toujours la condamnation à une amende.» L’avocat raconte également que les parents ne peuvent parfois pas payer pour une libération anticipée et doivent laisser leurs enfants en prison. De plus, les parents des enfants emprisonnés risquent de perdre leur emploi parce que leurs visas pour travailler en Israël sont révoqués lorsque leur enfant est reconnu coupable.

Mounir Abi

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