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Les partisans du rejet et du respect du calendrier électoral s’invitent au débat: Les chances du «consensus» s’amenuisent

Après un long silence, le FFS a profité d’un meeting commémoratif du 3e anniversaire du décès de son chef charismatique, Hocine Aït Ahmed, pour rejeter les initiatives d’Abderrezak Makri et d’Amar Ghoul

Le débat politique autour de la prochaine élection présidentielle vient de connaître un important tournant, avec l’entrée en lice d’un autre son de cloche, pas tout à fait favorable au «consensus» qui se dessinait depuis quelques jours.
Des partis politiques, et non des moindres sur la scène nationale, se sont exprimés ce weekend, qui pour rejeter les initiatives, qui pour douter de leur réussite, et qui pour poser un certain nombre d’interrogations, à cause du flou persistant. Le Front des forces socialistes (FFS), un des principaux et vieux parti de l’opposition, le Parti des travailleurs (PT) de Louisa Hanoune, outre l’ancien chef de gouvernement, Ali Benflis, et Abdallah Djaballah, ont, par leur invitation dans le débat, changé la direction du vent. Et si ce n’est pas le cas, ils ont au moins poussé le débat jusque dans ses détails, au point où quel que soit le scénario qui se dessine actuellement, sa concrétisation reste une pilule pas facile à avaler. Après un long silence, le FFS a profité d’un meeting commémoratif du 3e anniversaire du décès de son chef charismatique, Hocine Aït Ahmed, pour rejeter les initiatives d’Abderrezak Makri et d’Amar Ghoul. «Malgré la multiplication des initiatives, le FFS reste fidèle à son projet de reconstruction du consensus national, à l’élection d’une Assemblée nationale constituante et l’instauration de la deuxième république», a déclaré le premier secrétaire du parti, Mohamed Hadj-Djilani, avant d’insister sur «la conviction» du FFS que son projet «est la seule alternative» à la crise que traverse le pays. Plus radical que lui, Talaie El Hourriyet d’Ali Benflis, exprime directement son refus de la finalité recherchée par la conférence inclusive, à laquelle appelle le président de TAJ, et l’initiative du chef du MSP, à savoir reporter la présidentielle. Le Bureau politique du parti s’est dit «convaincu que la tenue d’élections libres, régulières, loyales, transparentes, aux échéances électorales prévues par la Constitution, est de nature à éviter à notre pays le risque d’instabilité, et à permettre au peuple algérien d’exprimer souverainement ses choix». On l’aura compris. Benflis veut une élection avec des garanties, mais dans ses délais, c’est à dire au mois d’avril prochain.

Crédibilité

Pour l’ancien candidat à la présidentielle 2014, ces scénarios ont pour objectif d’«aider le régime à sortir de l’impasse politique actuelle». De son coté, le chef islamiste du FJD (Front pour la justice et le développement – Adala), Abdallah Djaballah, qui animait une conférence à Constantine, a estimé que ces initiatives constituent «une violation de la constitution algérienne, et une agression contre la volonté de la nation». Djaballah a même tiré sur Makri, le qualifiant de «ceux qui se réclamaient de l’opposition, et que nous avions crus un jour à Mazafran». Quant à Louisa Hanoune, patronne du PT, il s’agit plutôt pour elle, d’une série d’interrogations sur «les objectifs de la conférence nationale ? Qui va la convoquer ? Ses participants ? Le devenir des acquis de la révolution et de l’indépendance et du caractère républicain ?…». Jusque-là, ni Ghoul, ni Makri n’ont réagi à cette nouvelle orientation du débat, après une période où un semblant de consensus s’était constitué, entre partis du pouvoir et ceux de l’opposition, concernant un probable report de l’élection présidentielle. Un scénario qu’imposerait la situation actuelle du pays, même si le pouvoir n’a à aucun moment voulu reconnaître une quelconque crise. Dans les coulisses du sérail, selon certains rapports médiatiques, l’on discute sérieusement de cette possibilité. Mais, avec le rejet de certains, les doutes et les conditions posées par d’autres acteurs, il est difficile d’imaginer le consensus. Toute conférence initiée dans ce sens ne peut qu’être amoindrie, si des poids lourds de la scène politique n’y participent pas. Elle manquerait de crédibilité. Même dans le cas où «la prophétie» de Hanoune s’avèrerait juste, et que Bouteflika fasse d’«importantes annonces», l’écart entre différents acteurs de la classe politique ne cesse de se creuser. D’où les chances du consensus qui s’amenuisent.

Aïssa Moussi

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