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Les protestations sociales gagnent du terrain en Tunisie: Appels à une participation massive

Tandis qu’un appel est lancé pour une participation massive aux contestations populaires pour demain, Les protestations continuent en Tunisie qui connaît d’importantes difficultés financières.

Les affrontements opposant les contestataires aux forces de l’ordre ont lieu dans nombre de régions de ce pays. Les forces de l’ordre ont arrêté 200 personnes après des affrontements qui ont fait des dizaines de blessés lors d’une nouvelle nuit de troubles à travers la Tunisie, due à une grogne sociale persistante et de récentes mesures d’austérité. Des manifestations pacifiques sporadiques ont débuté la semaine dernière dans le pays contre la hausse des prix et un budget d’austérité entré en vigueur le 1er janvier, prévoyant des augmentations d’impôts. La contestation a dégénéré en émeutes dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Tunis et à Tebourba, à l’ouest de la capitale, où des heurts ont éclaté après la mort d’un homme durant une manifestation. Dans la nuit de mardi à mercredi, 49 policiers ont été blessés, 206 personnes arrêtées, et des fourrières ont été attaquées, a indiqué le porte-parole du ministère de l’Intérieur Khlifa Chibani qui a accusé les casseurs d’avoir été payés par des meneurs politiques. Il y’ a des actes de pillage et de vol, mais aussi un message politique de la part d’un pan de la population qui n’a plus rien à perdre et qui se sent ignoré, estime le politologue Selim Kharrat. Il souligne que nombre de bâtiments publics, symboles de l’Etat, ont été pris pour cibles, tandis que le gouvernement qui n’a aucune marge financière, a pour le moment pris position assez fermement contre les protestataires. Un supermarché de la banlieue sud de Tunis a été pillé mardi soir par des jeunes qui ont volé argent et marchandises, selon Mohamed Baccouche, directeur adjoint d’exploitation de Carrefour. L’armée a été déployée autour des banques, Postes et autres bâtiments gouvernementaux sensibles dans les principales villes du pays, a indiqué le ministère de la Défense à l’AFP. A Sidi Bouzid, ville défavorisée du centre du pays d’où était partie en décembre 2010 la contestation sociale marquant le début du Printemps arabe, des jeunes ont coupé des routes, jeté des pierres et la police a répliqué à coups de gaz lacrymogènes une bonne partie de la nuit, a indiqué un correspondant de l’AFP. Des incidents ont également eu lieu à Kasserine, Gafsa, Jedaida et dans plusieurs quartiers populaires de Tunis, ont constaté des correspondants de l’AFP, mais le calme était revenu mercredi matin dans l’ensemble du pays. A Tebourba, à 30 km à l’ouest de Tunis, des heurts ont éclaté mardi après que des jeunes sont descendus par centaines dans les rues après l’enterrement d’un homme décédé lors de heurts la nuit précédente. Les manifestants accusent la police de l’avoir tué, ce que dément le ministère de l’Intérieur. Les protestations populaires créent une crise politique en Tunisie. Certains partis justifient les contestations populaires, d’autres dénoncent le pillage. Le syndicat tunisien UGTT à appelé à protester de manière pacifique. Les militants de la campagne Fech Nestannew (Qu’est-ce qu’on attend, ndlr) lancée en début d’année pour protester contre les hausses de prix ont appelé à manifester massivement demain pour la révision de la loi de finances. Ce qui ressemble au printemps du jasmin qui a eu lieu en 2011, obtenant le départ du président tunisien Ben Ali. Lors d’une rencontre avec les partis politiques et les syndicats, tenue le 5 janvier, le Président tunisien Beji Caid Essebsi a appelé ses concitoyens au dialogue. La Tunisie organise les premiéres élections municipales après la révolution en mai

Les Emirats arabes unis accusés

Un célèbre orateur tunisien, Béchir Ben Hassen Ali a accusé les Émirats arabes d’être impliqués dans les protestations sociales ayant secoué récemment son pays. «Les Émirats arabes unis ont mobilisé tous leurs éléments pour porter préjudice à notre pays. Il vous revient donc à vous tous de lui ôter cette occasion», a-t-il écrit sur sa page Facebook à l’adresse de ses compatriotes tunisiens et de poursuivre: «Les vidéos mises en ligne montrent qu’on a recouru aux actes blasphématoires donc il va sans dire que ceux qui ont incité aux protestations et aux violences sont dépourvus des valeurs morales», a-t-il martelé. Des manifestations pour protester contre la hausse des prix et le chômage ont eu lieu, lundi 8 janvier, dans plusieurs villes du pays. Les protestations ont dégénéré en affrontements avec la police : un manifestant est mort dans la soirée à Tebourba, à une quarantaine de kilomètres de la capitale. La grogne sociale a gagné plusieurs villes tunisiennes pendant laquelle les magasins ont été saccagés, des établissements publics vandalisés, des routes bloquées et des pneus brûlés. Toutefois, dans un pays où la liberté de manifestation est garantie par la Constitution, le fait que ces protestations soient organisées de nuit «n’est pas innocent», d’après Khlifa Chibani, porte-parole du ministère de l’Intérieur dans une déclaration donnée mardi à des médias tunisiens cité par RT. Dans les villes de Gafsa et de Kasserine, qui furent parmi les principaux foyers du soulèvement de 2011, ce sont les militaires qui ont été appelés à la rescousse pour protéger des établissements publics, ciblés par des casseurs, a écrit RT. Pour de nombreux tunisiens, les scènes de vandalisme qui ont accompagné ces manifestations relèvent de la délinquance ou de l’instrumentalisation politique par certains partis de l’opposition.

Mounir Abi

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