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Les vacances de la route

Il y a des choses «comme ça». Qu’on les dise soi-même ou qu’on les entende, c’est comme vérités absolues qu’elles sont formulées. Rien n’y fait, elles n’ont pas été vérifiées de manière empirique, elles n’ont pas fait l’objet d’études spécialisées, elles ne sont même pas confirmées par des manifestations physiques évidentes, mais elles sont ainsi et nous n’y pouvons rien. Tenez, par exemple, les vacances scolaires. Il paraît, en fait, il ne «paraît» pas, puisque toute le monde en est convaincu depuis longtemps, que les embouteillages et le flux de la circulation routière, en milieu urbain du moins, diminue sensiblement. L’explication, même facile, a fini par s’imposer : pendant les vacances scolaires, les parents ne conduisent pas leurs enfants à l’école, ce qui réduirait la circulation aux heures d’entrée aux écoles le matin et de fin des cours en début de soirée. Il y a pourtant deux évidences qui auraient dû remettre en cause bien des certitudes en la matière, du moins les relativiser. La première est que la proportion d’algériens qui emmènent leur progéniture à l’école n’est pas si énorme que ça. D’abord parce que tous ceux qui possèdent des véhicules ne le font pas, ensuite parce que tous ceux qui ont des enfants scolarisés n’ont pas de voiture. La deuxième est que parmi ceux qui conduisent leurs enfants aux cours, certains ne laissent pas leurs caisses au garage, dans un parking de cité ou sur un bord de trottoir. Pour aller au boulot, vaguer à diverses occupations de la vie quotidienne ou rouler sans destination précise comme les algériens sont les rares à savoir le faire. Ne parlons même pas des transports scolaires qui sont encore une vue de l’esprit. Ils sont invisibles en milieu urbain pour l’évidente raison qu’ils n’existent pas. Et l’argument de la proximité des établissements scolaires des lieux de résidence ne convainc pas grand-monde. D’abord parce que ce n’est pas toujours vrai, ensuite parce que le transport scolaire n’est pas seulement fait pour le déplacement. Sous d’autres cieux, il est aussi conçu pour des raisons de sécurité des enfants et également pour les rassembler dans des moments et des espaces de mixité sociale, au même titre que les salles de cours, la cantine et les cours de récréation. L’égalité des chances dans le cursus scolaire commence peut-être par là. Sinon, à part ça, il est plus facile de dire qu’il y a des embouteillages parce que nous sommes en période de «vacances» scolaires. D’ailleurs, personne ne se demande quelles vacances, puisque sur l’autoroute ou sur d’autres itinéraires à destination de l’air libre, il n’y a pas vraiment un trafic spécial, synonyme de… vacances, comme on en voit dans des pays où tout a un sens. La circulation, l’école, la route et les vacances.

laouarisliman@gmail.com

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