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L’Etat maître d’hôtel

L’histoire de l’hôtel El Hidab de Sétif et de son repreneur est vraiment intéressante en ce sens qu’elle concerne deux sujets d’actualité. D’abord, les privatisations, qui sont sur la scène publique ces derniers temps. Ensuite, et de manière un peu plus récurrente, le tourisme, dont on ne finira décidément jamais de parler. Et peut-être bien que cette histoire nous donnera une idée et sur les «partenaires» et sur ce que peut leur partenariat bien donner. C’est quoi donc, cette histoire du repreneur de l’hôtel El Hidhab de Sétif avec l’EGT-est ? Eh bien, une histoire de… privatisation et de… tourisme à l’algérienne ! Au milieu de la première décennie du siècle, l’Etat algérien avait mis en vente quelques hôtels publics triés sur le volet parmi les nombreux établissements du genre. Ils devaient servir de première expérience à une opération plus large qui, à terme, devait aboutir à la cession entière ou partielle de l’ensemble des hôtels publics. Tout le monde connaît ces hôtels, il y en a un par chef-lieu de wilaya et quelques autres à la périphérie, selon l’importance de chaque région. Il n’est même plus utile de revenir sur le gâchis qu’a été parfois leur conception, leur gestion souvent, et leurs résultats toujours. Quelqu’un a fini par résumer la situation pour constater les dégâts : «Voilà ce que donne un Etat qui sert le café et le croissant» ! Pour revenir à notre repreneur d’El Hidab, il a donc acquis l’établissement après avoir soumissionné dans le cadre de la procédure arrêtée en la matière. Il a versé les 30% et devait s’acquitter du reste sur cinq ans, avec une somme annuelle. Dans la transaction, une seule exigence, le maintien de l’ensemble de l’effectif du personnel en place en dehors des employés parvenus à l’âge de la retraite. N’ayant pas pu satisfaire les exigences contractuelles de remboursement, l’EGT a engagé une action en justice dès la première échéance, et le nouveau propriétaire en a fait son argument pour renoncer à tout investissement, à supposer qu’il avait l’intention d’en entreprendre. Pour la petite histoire, qui n’est pas si petite que ça, il faut savoir que M. Madani explique son incapacité à payer par ses chutes de revenus dues au fait qu’il a… supprimé l’alcool de l’établissement. Dans sa tête, on devait peut-être lui faire des cadeaux pour ça. Et qui sait, le féliciter publiquement en le présentant comme un modèle de gestion ! Dans la vraie vie, M. Madani s’est tiré une balle dans le pied : seul l’alcool assurait donc la survie de son affaire ! Et l’Etat lui a cédé un hôtel sans le moindre cahier des charges. Comme pour tous les autres d’ailleurs, puisque jusque-là, il n’y a pas un exemple de réussite en la matière. Aux mains de l’Etat, ces hôtels étaient catastrophiques. Cédés aux privés, ils ne vont pas mieux. Il y en a même qui peinent à être… payés. Et l’Etat est incapable de trouver des solutions. S’il en a la volonté, ce qui n’est manifestement pas évident.

laouarisliman@gmail.com

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