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L’éveil à la lumière du jour…

Décidément, les officines officielles connaissent les pires difficultés à susciter des adhésions. Partis politiques, associations, syndicats sont décriés et, in fine, personne n’y trouve son compte. Le multipartisme, et ce qui s’en est suivi comme «ouvertures», ne semble pas avoir réussi à éclaircir les ténèbres et la lumière artificielle d’un système, rejeté aujourd’hui. La faute à qui ? Les principaux responsables de cet imbroglio sont, ce l’on peut appeler communément, les élites qui continuent, apparemment, de tirer les ficelles en manigances et autres manœuvres de plâtrier. Elles sont pointées du doigt, pour le fait avéré qu’elles n’ont pas accompli ce pourquoi elles ont été désignées ou élues (…). Ensuite, c’est l’indécence de leurs revenus ahurissants qui crie à la supercherie, alors que les salaires du peuple sont payés à la tire-boulettes.
Ces grands écarts auraient pu être acceptés, si ces «zélites» avaient travaillé au bonheur de tous. Ça n’a pas été le cas. Depuis des lustres, ces politiciens, loin de servir l’Etat, s’en sont servi pour accumuler richesses, positions dominantes et prestige usurpé, le tout au nez et à la barbe d’un foisonnement de partis lilliputiens, intégré à l’État et non à la société. Et l’esprit démocratique dans tout ça ? Malgré les mouvements populaires initiés dès l’orée des années 1980 et le prestigieux «Printemps berbère», cet esprit se cherche encore. Seul, il se bat dans ce long tunnel, entouré d’une faune interlope. Cette faune de fugitifs, névrosés ou inquiets, préfère les ténèbres, et même se sachant n’être plus qu’une ombre, elle croit représenter quelque chose. Heureusement que la nature impose ses limites, et qu’à chaque fond de gouffre, un terreau peut donner les pousses du renouveau.
Ce renouveau ne viendra assurément pas de la rencontre de concertation, voulue par la présidence par intérim, en principe demain. Les acteurs politiques ou représentants syndicaux qui y participeront sont, d’ores et déjà, sifflés hors-jeu par le mouvement populaire. Le renouveau viendra plutôt d’une jeunesse, intellectuellement et socialement libérée, de toutes ces «zélites» ayant joué à la représentativité sclérosée de ces dernières années. Non compromise, non rongée par la langue de bois, cette nouvelle génération souffle déjà le vent fort du changement. En quelques semaines, et grâce à elle, le pays est passé de la résignation, de l’engourdissement, à la revendication citoyenne, sans tuteurs ni porte-paroles encartés. Demain, ce vent du changement saura désigner ceux qui représenteront réellement les aspirations du peuple, et par voie de conséquence, ceux qui gouverneront ce pays.
Un pays las de devoir arrondir les angles avec un esprit démocratique caduc. Le slogan «dégage !», clamé depuis le 22 février, est d’ordre politique. Il a une profondeur, une ampleur déterminée à en finir avec le régime de pain sec pour les uns, et le système de rentiers, concessionnaires prétendant gouverner au nom du peuple. Ce peuple, ses familles, ses enfants, réclament pacifiquement, sans anesthésiant, la refondation d’une République réellement démocratique et populaire. Ça passera nécessairement par des choix judicieux de représentants crédibles, et surtout, honnêtes. Là, le pays tournera le dos aux ténèbres et aux sombres tunnels. Il s’éveillera à la lumière du jour, loin des laideurs de la nuit où il se sera laissé endormir…
M. N.

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