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L’executif français se concerte demain: La grande concertation pour empêcher la contestation

L’exécutif engage une course contre la montre pour appliquer les mesures sociales d’Emmanuel Macron, et réunir aujourd’ hui à l’Elysée des ministres et des acteurs économiques.

Le président français opte pour la grande concertation, censée apaiser les esprits. Les modalités de ce débat, prévu jusqu’au 1er mars, sont encore floues, mais doivent être connues dans les jours qui viennent. Pendant ce temps, plusieurs lieux ont commencé à être évacués. On n’évacue pas les «gilets jaunes», mais leurs installations. On déblaie les palettes, les pneus, etc. ont indiqué les gendarmes, écrit l’AFP. Ces évacuations vont se poursuivre, a affirmé le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Dans un entretien aux Échos lundi, Edouard Philippe a dessiné les contours des mesures censées mettre fin à une crise d’un genre inédit, qui secoue la France depuis un mois. La grande concertation nationale doit aborder quatre grands thèmes, transition écologique, fiscalité, organisation de l’État, et démocratie et citoyenneté. Dans le cadre de ce débat, le Premier ministre s’est déclaré favorable sur le principe à un référendum d’initiative citoyenne, une des principales revendications des «gilets jaunes», mais pas dans n’importe quelles conditions. La concertation nationale, que le président Macron veut exhaustive, bouleverse le calendrier de la majorité, et a déjà repoussé la réforme constitutionnelle. Mais l’exécutif réfute l’idée que sa capacité à réformer soit désormais entamée. Je crois que la mobilisation des «gilets jaunes» ne traduit pas une aspiration pour le statu quo, au contraire. Notre objectif est de continuer à transformer, à moderniser le pays, a assuré Édouard Philippe, cité par France 24. Pour les manifestants de ce mouvement, axé dans un premier temps sur le pouvoir d’achat, il s’agit désormais de modifier la Constitution. Objectif : donner au peuple le droit de rédiger, ou d’abroger, une loi sur le sujet qu’il choisit. Voire de révoquer des élus, et même le président, alors que les Macron, démission ! ont encore fusé partout en France. L’exécutif français ne souhaite pas la relance de la protestation, et opte pour la grande concertation pour le dialogue. L’appel au calme n’est pas respecté par tout le monde. La grande concertation ne change rien à la détermination de ces «gilets jaunes» près d’Auxerre, dans l’Yonne. «On interviendra ailleurs, tant pis. Ils ne pourront pas nous mettre tous en prison, il y a trop de monde maintenant», explique un français. À Rennes (Ille-et-Vilaine), certains «gilets jaunes» disent «ne pas avoir été entendus par Emmanuel Macron. Il faut qu’on obtienne quelque chose», ajoute un autre manifestant. Une de leurs revendications, le référendum d’initiative citoyenne, fera l’objet d’un débat promis par Édouard Philippe. Dans une liste de revendications publiée novembre, des «Gilets jaunes» demandaient qu’une proposition de loi obtenant 700.000 signatures, sur un site Internet, entraîne un référendum national dans un délai d’un an, après un passage pour éventuel amendement à l’Assemblée nationale, le Parlement n’étant donc pas sollicité en amont. Une de leurs revendications, le référendum d’initiative citoyenne, fera l’objet d’un débat promis par Édouard Philippe.

Le syndicat de police appelle à fermer les commissariats

Le syndicat de police appelle à la contestation policière. Dans un communiqué, l’organisation enjoint tous les policiers de France à rester dans leurs commissariats demain, et à «ne répondre qu’aux appels d’urgence». Le syndicat demande des moyens financiers supplémentaires, dans la perspective du vote à l’Assemblée le 20 décembre, du budget 2019 pour les forces de sécurité. «Ce budget subit une baisse de 62 millions d’euros sur l’investissement dans la police nationale, ce qui engendrera une fois de plus une dégradation de nos conditions de travail», pointe le syndicat en préambule. Expliquant que malgré leurs «appels répétés au président de la République, d’annoncer un plan d’urgence pour les forces de sécurité», aucune décision en ce sens n’a pour l’heure été communiquée par l’exécutif. Alliance Police Nationale demande aux députés «de ne pas voter ce budget en l’état». Prendre en compte l’engagement des forces de sécurité, non seulement ces dernières semaines, mais depuis plusieurs années. L’organisation syndicale propose au gouvernement de présenter «un budget type “plan Marshall”» qui «doit prendre en considération un plan de modernisation, tant sur le plan immobilier que sur le plan équipement». Elle appelle également l’exécutif à prendre en compte l’engagement sans faille des forces de sécurité, non seulement ces dernières semaines, mais depuis plusieurs années. «Si un effort conséquent ne serait pas fourni dès le 1er janvier 2019, et si le président de la République n’annonce pas rapidement un «plan Marshall» pour la police nationale, d’autres types d’actions seraient alors mises en œuvre», fait en outre savoir le syndicat. Il a, en outre, prévenu qu’il était «hors de question que les policiers acceptent un quelconque saupoudrage, ou vendent leur âme pour une prime au rabais». Le 15 décembre, le syndicat Police Force ouvrière avait, lui aussi, annoncé «l’acte 1» de sa mobilisation, faisant valoir, notamment, la fatigue des membres des forces de l’ordre, après plusieurs semaines de manifestations des «Gilets jaunes». «Les policiers sont à bout et ne bénéficient d’aucune reconnaissance», avait ainsi annoncé l’organisation, sans détailler ses modalités d’action.

Mounir Abi

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