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Liès Senouci, vice-président du Syndicat national des agences de voyages (SNAV) : «Les Algériens réticents à l’éventualité de passer leur réveillon dans le désert»

Dans quelques jours, nous allons célébrer le nouvel An. Fêter le réveillon est devenue une tradition pour les Algériens. Liès Senouci, vice-président du Syndicat national des agences de voyages (SNAV), regrette, dans cet entretient, le fait que le grand sud manque d’attractivité.

Quelles sont les tendances concernant les vacances de fin d’année des Algériens pour 2019 ?
Il faut tout d’abord, expliquer que les vacances d’hiver intéressent plutôt les gens aisés, qui désirent fêter le réveillon et passer les vacances ailleurs qu’en Algérie. Pour les algériens de la classe moyenne, c’est plutôt les vacances d’été qui importent. Il est vrai, maintenant, que les agences touristiques proposent plusieurs produits, avec des programmes variés à l’intérieur du pays, mais également à l’étranger, pour satisfaire une clientèle devenue de plus en plus exigeante. Partant du rapport qualité/prix, les destinations les plus prisées pour cette période sont la Turquie, Dubai, Maroc, Egypte, mais également le Liban et la Jordanie. L’Europe de l’est commence également à intéresser certains clients. La Hongrie, est en pole position. La Tunisie est, faut-il le dire, la destination la plus appréciée des familles algériennes pour ce genre de vacances. La majorité des clients optent pour ce pays voisin, car c’est l’un des pays où l’on retrouve le rapport qualité/prix pour les bourses moyennes. Il existe également une autre sorte de clientèle, qui cherche plutôt un prix avant toute autre considération.

Le grand sud peine-t-il réellement à convaincre ?
Malgré les efforts entrepris par les autorités pour encourager le tourisme local, et surtout la destination du Grand sud, les Algériens demeurent réticents, face à l’éventualité de passer leur réveillon dans le désert. Les responsables d’agences peinent à «vendre le produit», et cela pour deux raisons biens apparentes. D’abord, il y a les prix qui demeurent assez élevés, ensuite, on ne retrouve pas la qualité des prestations touristiques. Le Grand Sud est un musée à ciel ouvert, mais les tarifs sont excessivement chers. Il faut soulever également les problèmes de fond. Il existe un manque d’infrastructures hôtelières énorme dans cette région. Et les prix des billets vers Tamanrasset, Illizi, Timimoune ou encore Béchar sont trop chers. A 60.000 DA le billet aller/retour vers Tam, fait que ces destinations restent boudées. Le potentiel touristique du sud est énorme, mais mal exploité, vus notamment le manque d’investissements et la cherté de l’hôtellerie dans la région.

A part le Sud, quelles sont les régions où l’on peut espérer passer un bon réveillon ?
Des agences proposent de plus en plus des séjours week-end (Tikjda, Tlemcen, Béjaïa). C’est une manière d’encourager le tourisme local, qui est une source de richesse et de prospérité, et impacte positivement le secteur économique. Donc, c’est une source de bénéfices. La quasi-totalité des clients cherchent un prix avant toute autre considération, ce qui engendre des fois des mauvaises surprises pour ces derniers. D’autres cherchent des bons plans et le meilleur rapport qualité/prix, en se basant sur la prestation de services.

Qu’en est-il du tourisme réceptif ?
On est encore loin de cette notion. Les étrangers qui viennent en Algérie sont pour leur majorité des hommes d’affaires, et ne viennent pas en qualité de touristes. Mais l’enjeu reste le rapport qualité/prix des offres, l’obtention de visa et les mesures drastiques exigées par les services de sécurité dans cette région, pour pouvoir assurer la sécurité des touristes étrangers dans le grand sud. Pour attirer le touriste étranger, comme le font si bien nos voisins, il faudrait également mettre en place une politique médiatique, et assouplir les mesures d’obtention de visas. Nous sommes 25.000 agences de voyages et tourisme agrées par l’Etat. Et nous pouvons, avec la collaboration de tous les secteurs, rendre au Sud son attractivité du touriste algérien, mais également étranger.

F.H.

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