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l’île reste française: La Nouvelle Calédonie dit non à l’Indépendance

Les électeurs se sont mobilisés pour décider s’ils voulaient ou non l’indépendance de la Nouvelle Calédonie.

La Nouvelle-Calédonie a voté, hier, contre son indépendance. A la question «Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?», 174.154 électeurs étaient appelés à voter dans 235 bureaux de vote, sous la surveillance d’une quinzaine d’observateurs de l’Organisation des nations unies (ONU), et de 250 délégués venus de métropole. Pouvaient s’exprimer les citoyens admis à participer à la consultation du 8 novembre 1998, ainsi que ceux pouvant justifier de vingt ans de domicile continu en Nouvelle-Calédonie à date du 31 décembre 2014. La côte sud, majoritairement «caldoche», peuplée d’Européens, s’est, ainsi, généralement exprimée contre l’indépendance. Nouméa s’est ainsi opposée à l’indépendance. Les communes du Nord et des îles Loyauté, majoritairement kanak, se sont unanimement exprimées à majorité pour. Peu de temps avant l’annonce des résultats définitifs, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé que «les électeurs [s’étaient] exprimés majoritairement aujourd’hui, pour que la Nouvelle-Calédonie reste française». Il s’est félicité du climat serein dans lequel s’est déroulé l’élection, en présence de 250 délégués dépêchés par l’Etat, et des experts de l’ONU : En ce jour, le seul vaincu est la tentation du mépris, de la division, de la violence, de la peur, le seul vainqueur, c’est le processus en faveur de la paix qui porte la Nouvelle-Calédonie depuis trente ans, l’esprit de dialogue que plus rien n’entamera, l’esprit de responsabilité qui a conduit à une participation exceptionnelle des Calédoniennes et des Calédoniens, écrit l’AFP. Le Haut-Commissariat avait toutefois affirmé, hier, que plusieurs voitures ont été brûlées et deux «faits de caillassage» signalés en marge du dépouillement. M. Macron a annoncé que le premier ministre, Edouard Philippe, se rendra aujourd’ hui, sur place. Il va proposer aux forces politiques de Nouvelle-Calédonie «de se réunir dans les prochaines semaines». Au sein des partis locaux, loyalistes et indépendantistes, on a également salué la large participation et le déroulé du scrutin. Alosio Sako, président du rassemblement démocratique océanien : Les Kanak ont pris conscience que c’était à eux de montrer leur détermination à être enfin libres. Philippe Michel, secrétaire général de Calédonie ensemble, principal parti non indépendantiste, «continue de penser que c’est mieux si on peut se passer d’un deuxième et d’un troisième référendum, mais qu’il ne s’opposerait pas à l’accord de Nouméa, qui est «constitutionnalisé»». L’élection pour l’indépendance de la Catalogne, en Espagne, en 2017, a fait craindre une tache d’huile pour les européens. Les politiciens catalans, dont l’ancien premier ministre de la province, Puigdemont, qui ont milité pour l’indépendance catalane, ont vu leur action jugée illégale par l’Europe, qui a soutenu l’Espagne. Un an après la tentative de sécession de la Catalogne, le parquet espagnol a requis, vendredi, de lourdes peines de prison contre les dirigeants indépendantistes, qui doivent être bientôt jugés, confirmant l’accusation controversée de «rébellion», pourtant rejetée par le gouvernement. La date du procès n’a pas été encore fixée, mais son ouverture est attendue début 2019. L’ancien président catalan, Carles Puigdemont, qui a fui en Belgique pour échapper aux poursuites judiciaires, n’est pas concerné par ce procès, la justice espagnole ne jugeant pas en absence. Le parquet général a requis de sept à vingt-cinq ans de prison contre douze dirigeants indépendantistes, accusés de rébellion, détournements d’argent ou désobéissance grave. Six autres indépendantistes, qui comparaîtront seulement pour désobéissance grave, encourent une amende. En prison depuis un an, l’ancien vice-président catalan, Oriol Junqueras, est le seul à encourir la peine la plus élevée de vingt-cinq ans de prison et d’inéligibilité. «Ils pourront nous enfermer ici des années et des années, cela ne fera pas faiblir le désir de liberté qui se changera en clameur», avait-il dit jeudi, dans une lettre. Le parquet a également demandé 17 ans de prison contre l’ancienne présidente du parlement régional catalan, Carme Forcadell, et les ex-présidents de puissantes associations indépendantistes, Jordi Sanchez et Jordi Cuixart. La proclamation de l’indépendance catalane par Carles Puigdemont n’a pas été concrétisée. L’Europe a été contre l’indépendance catalane de l’Espagne.

Le président français réagit

Le Président de la République s’est félicité du référendum sur l’indépendance en Nouvelle-Calédonie, où les électeurs se sont majoritairement prononcés pour qu’elle reste française, et a assuré que le gouvernement allait proposer aux forces politiques néo-calédoniennes de se réunir dans un futur proche. Le Président Macron a affirmé éprouver une grande «fierté» face au choix de la majorité des Néo-Calédoniens. «Les électeurs se sont exprimés aujourd’hui majoritairement pour que la Nouvelle-Calédonie reste française. Je dois d’abord dire l’immense fierté que nous ayons traversé ensemble cette étape historique», a déclaré Emmanuel Macron, intervenant à la télévision à l’issue du référendum. Selon lui, le référendum a été marqué par une «participation exceptionnelle». Les résultats du vote, «c’est pour nous une marque de confiance dans la République française, dans son avenir et dans ses valeurs», a-t-il mis en valeur. En outre, le chef de l’État a estimé qu’il n’y avait «pas d’autre chemin que celui du dialogue». «Le gouvernement proposera aux forces politiques de Nouvelle-Calédonie de se réunir dans les prochaines semaines», a dit Macron. Environ 175.000 électeurs néo-calédoniens ont eu à répondre oui ou non à la question suivante, dont l’intitulé a fait l’objet d’intenses discussions ces derniers mois: «Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante?». Les électeurs des Néo-Calédoniens se sont prononcés contre l’indépendance. L’île dispose actuellement d’une large autonomie, et reçoit chaque année, quelque 1,3 milliard d’euros de financements de Paris. Les responsables politiques français de tout bord ont commencé à réagir à la victoire de la Nouvelle Calédonie française. Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a qualifié l’élection de «moment historique». Dans son communiqué, le président de la Région Auvergne Rhône-Alpes, a tenu à citer le général de Gaulle : «Je garde en tête ces mots du général de Gaulle, adressés il y a 52 ans aux Calédoniens : Vous avez un rôle français à jouer dans cette partie du monde. Vous êtes un morceau de la France, vous êtes la France Australe».

Mounir Abi

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